Pour les petits et les grands...
Par Grandir Autrement, mercredi 5 juillet 2006 à 12:18 :: Idées Lecture :: #5 :: rss
Ce roman nous entraîne dans la fuite de Tobie Lolness qui, âgé de 13 ans, doit fuir les siens, seul. A travers son histoire, nous pouvons voir le monde à travers le regard pur de cet enfant d’un millimètre et demi. Oui, un millimètre et demi, car Tobie appartient au peuple de l’arbre et l’arbre est leur univers, le seul qu’ils connaissent. Page après page, nous découvrons sa vie dans l’arbre, des Cimes où il a passé sa prime enfance, aux Basses-Branches où l’exil a entraîné sa famille et où il a découvert l’amour dans les yeux d’Elisha.
Nous assistons en même temps que lui au terrible destin du monde dans lequel il vit. Car la soif de pouvoir et la peur menacent de détruire l’équilibre dans lequel le peuple de l’arbre vivait. On y assiste à la peur de l’autre transformée en racisme, à la course au profit qui ne se soucie pas de savoir quel monde lui survivra ; et surtout au triomphe de la bêtise sur l’intelligence.
Car c’est l’intelligence qui oblige la famille Lolness à s’exiler. Sim Lolness, son père, savant génial qui interroge tout ce qui l’entoure, a fait une découverte qui pourrait bien menacer l’équilibre de l’arbre. Ce savant génial comparable en bien des points à Einstein, refuse de livrer les clés de cette découverte révolutionnaire. Il sait combien leur univers, l’arbre, est fragile. Mais, capturé et emprisonné, ne va-t-il pas être contraint de dévoiler son secret ?
A moins que Tobie, du haut de sa petite taille, armé des valeurs durables que sont le courage et l’amitié, et grâce aux rencontres avec des personnes que la fragilité de la vie rend plus humbles, parviendra-t-il à sauver le monde ? En tout cas, nous avons hâte de lire la suite, Les yeux d’Elisha, dont la parution est prévue pour le printemps prochain.
Cala dit, quelle qu’en soit l’issue, on ne peut qu’être transporté par la façon qu’a Tobie (et l’auteur) de réfléchir sur le monde, et aussi sur l’importance des mots. Et la façon dont ça l’aide à rebondir aux situations que la vie lui présente.
Mais Tobie Lolness, c’est aussi une interrogation sur le changement. « Les choses ne changent pas pour rien », a l’habitude de rabâcher Sim Lolness. Or les choses changent de plus en plus vite dans l’arbre : la température augmente, de gigantesques cités voient le jour qui menacent de détruire non seulement l’équilibre écologique mais également social, les mentalités changent, les liens du cœur se défont, et même la haine peut se changer violemment en passion… Le changement apparaît alors comme un des ennemis de Tobie. Faudrait-il pour autant en conclure qu’il faut craindre tout changement ? Non, certes, mais peut-être faudrait-il, à l’instar des Lolness, questionner les changements qui nous entourent, à plus fortes raisons s’ils sont « brutaux »...

Cet ouvrage est le premier roman de Timothée de Fombelle, auteur de plusieurs pièces de théâtre. Publié en avril 2006, il a déjà été traduit en 12 langues. Illustrations de François Place.
A partir de 10 ans.

Commentaires
1. Le vendredi 26 janvier 2007 à 02:14, par 2946
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