Certes, certaines mères au foyer sont peut-être des femmes qui se sacrifient pour leurs enfants et sont plus ou moins des femmes soumises… « Un citron dont la vie de famille extrait le jus jusqu’à la peau et plus encore s’il le faut ». Certes, certaines femmes au foyer sont sans doute trop fusionnelles aussi… Mais faut-il pour autant toujours en tirer des généralités ?

Qui plus est, l’ouvrage véhicule des idées sur l’éducation malheureusement trop souvent en vogue : « Trois kilos à peine, mais l’effet d’un obus dans le porte-monnaie ». Ne peut-on pas enfin dire qu’un enfant ne coûte pas forcément cher, mais que c’est le luxe que l’on nous présente comme indispensable qui l’est : la poussette dernier cri, la chambre meublée de bébé, les biberons et petits pots, etc. Mais là n’est pas le pire car, si l’enfant est envisagé comme un être désespérément coûteux, il est aussi présenté comme un être difficile à élever, faisant vivre à sa mère une vie d’enfer les premières années. Le choix même de la vie de femme au foyer est donc mis en doute : elles ne feraient que se faire piéger par les circonstances. L’idée qu’une mère puisse désirer passer du temps à accompagner son enfant dans la vie et en tirer un réel plaisir serait-elle trop abstraite ? Ne peut-on se sentir réellement femme tout en étant mère ? Certes, toutes les femmes ne peuvent pas s’épanouir sans vie professionnelle. Faut-il en conclure que celles qui font le choix de ne pas travailler pour s’occuper de leurs enfants sont celles qui déclarent forfait et qui n’ont que ce qu’elles méritent puisque, ces enfants, elles les ont voulu ?

Pourtant, le choix d'être au foyer n'est pas nécessairement un sacrifice, mais peut résulter d’un choix librement consenti. Le travail loin de ses enfants peut être lui aussi perçu comme un sacrifice, d’autant plus qu’avec notre vie beaucoup plus segmentée, les femmes peuvent faire ce choix pour quelques années, et retrouver leur travail plus tard... si cela est possible.

Mais pour l’auteure, le choix du « foyer » est uniquement un retour en arrière. Les femmes au foyer saboteraient le travail des féministes d’antan. Avec cynisme, tout le travail accompli depuis Dolto en matière de tentatives d’amélioration de l’éducation des enfants est balayé, mis à la trappe. L’époque où l’on ne faisait que nourrir nos marmots et leur donner une trempe, voilà qui était le bon vieux temps ! Et vive ce soi-disant féminisme qui dit qu’être une mère est la pire chose qui puisse arriver à une femme…