Martine V., maman de 2 filles de 2 ans et 5 ans :

Le sommeil de notre fille aînée a évolué tranquillement dans le temps, en fonction de ses besoins et des nôtres. Il y a souvent eu des retours en arrière, l’évolution s’est faite doucement mais sûrement, tant dans ses habitudes de sommeil que dans notre aménagement pour dormir. Bébé, elle s’endormait dans mes bras, au sein, dans la pièce où nous étions. Elle y restait presque toute la soirée. Je la couchais dans notre lit peu avant d’aller nous-mêmes nous coucher. Après quelques mois, j’ai commencé à l’endormir dans mes bras, et au sein toujours, mais dans notre lit. Quand elle s’endormait, on s’allongeait ensemble. Puis elle lâchait le sein pour de bon et je pouvais me glisser hors de la chambre. J’y revenais plusieurs fois, quand elle se réveillait, pour la rendormir au sein, assez rapidement. Peu à peu, vers un an et demi, il lui arrivait de lâcher le sein sans dormir, de se caler contre moi et de s’endormir ainsi. Avec le temps, elle l’a fait de plus en plus souvent. Vers 2 ans, son papa a pris le relais pour la coucher. Nous faisions une dernière tétée, puis il la couchait dans notre lit et restait avec elle jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Notre arrangement a aussi évolué dans le temps, afin que tout le monde ait assez de place pour bien dormir : entre nous bébé, elle est passée de mon côté avec une barrière de lit vers 6 mois, puis sur un lit une personne collé à notre lit un an après. Un peu avant 3 ans, elle a été intéressée pour dormir dans son lit, dans sa chambre, un grand matelas posé par terre. Quand elle se réveillait le soir ou la nuit, je la rendormais avec une tétée rapide. Un peu après 3 ans, elle n’a plus eu besoin de tétées pour se rendormir et la seule présence de son papa lui suffisait. Elle n’a que rarement eu besoin de revenir dormir avec nous, essentiellement quand sa petite sœur est née : on a dormi ensemble tous les quatre pendant une petite semaine. Rassurée, elle est repartie d’elle-même dans sa chambre. Maintenant, elle attend avec impatience que sa petite sœur (qui suit le même cheminement) soit assez grande pour venir la rejoindre dans sa chambre.

Hélène D., un enfant :

Depuis sa naissance, ma fille a des besoins intenses. Même à la maternité, la première nuit - on m'avait vivement recommandé de la "laisser", étant donné que j'avais eu une césarienne assez éprouvante... - on me l'a ramenée tellement elle pleurait. Je me suis alors promis de ne plus écouter que moi et mon mari, et nous avons commencé à cododoter. Ma fille dormait alors sur moi, elle rampait pour téter vers mon sein... Très vite, ces micro-réveils se sont calés sur mes phases de sommeil léger, ce qui fait que nous nous réveillions à peine, c'était reposant ! Je n'avais pas peur de l'écraser, ni qu'elle tombe : elle hurlait dès que son petit pied dégringolait de mon ventre pour toucher le matelas !
La journée, mille et une tétées, que nous vivions tous bien, mise à part une culpabilité naissante due aux réflexions de notre entourage - tant PMI que famille. Ma fille dormait beaucoup en porte-bébé, sur son père ou sur moi (nous travaillons à domicile). Refus tout net de la poussette et du berceau... La pression montait, on me disait qu'elle n'allait jamais pouvoir dormir seule, que je la prenais trop, qu'elle serait capricieuse ou craintive, que j'étais possessive, etc. Un véritable consensus, qui allait vraiment contre mon ressenti. J'avais l'impression que tout ce maternage qu'on essayait de m'inculquer était contre nature, que tout cela était en réalité bien plus simple... Je n'osais pas m'affirmer. Nous avons donc essayé de la laisser pleurer. Plusieurs fois. Nous la laissions seule dans son berceau avec une peluche musicale... Elle hurlait, c'était horrible ! Nous insistions... Elle finissait par s'endormir un quart d'heure et c'était reparti pour les pleurs ! Nous avons essayé d'aller lui parler sans la prendre dans les bras et de quitter la chambre : une catastrophe, elle paniquait complètement... Et tout le monde de nous recommander de continuer, qu'elle allait "céder"... Ce terme a été un déclic : j'ai compris que l'éducation traditionnelle reposait sur un rapport de force, sur la peur, voire la violence. Je ne fonctionne jamais comme ça, pourquoi le faire avec Anna ? J'ai décidé de traiter à l'avenir ma fille comme j’agirais avec n'importe quelle personne, avec respect, douceur, écoute, et en positivant. Et donc, ... le sommeil ? L'endormissement d'Anna se faisait toujours au sein ou dans le porte-bébé. C'était la croix et la bannière de la coucher ensuite. J'ai donc décidé de n'essayer de la coucher dans son berceau que quand je me sentais prête à assumer qu'elle se réveille. Sinon, le repos avant tout ! Puis je suis tombée sur la méthode Pantley. Enfin ! J'y ai appris d'abord à assumer conjointement le fait que nous aimions bien dormir ensemble, et aussi que parfois ça me pesait. J'y ai appris aussi que les choses se font dans le temps, dans une écoute et une confiance mutuelle. Que ma fille avait certainement un vrai besoin de ce contact permanent et, que si je l'écoutais, elle saurait me faire savoir quand nous pourrions commencer doucement à ouvrir nos bras sur le monde... J'ai commencé, grâce à la méthode Pantley, à me détendre, à vivre l'instant présent... J'essayais de retirer ma fille du sein juste au moment de l'endormissement, parfois elle voulait, parfois non... Je ne tirais plus de conclusions, je n'essayais plus de la "caler", je ne culpabilisais plus de nos petites régressions, rassurée, nous avancions, je le voyais. Cette méthode est une ode à l'écoute mutuelle, c'est sa force et son efficacité ! À 2 mois, Anna s'est mise, petit à petit, à passer plus de temps dans son berceau, au pied de notre lit. Confiante peu à peu, voyant que je venais à chacun de ses appels, elle a espacé ses réveils nocturnes pour n'en faire plus que 2 ou 3. Puis nous l'avons passée dans son lit à barreaux. Après 1 ou 2 nuits d'adaptation où je la rassurais en la prenant dès qu'elle le demandait, elle y a dormi sans souci. Puis à 4 mois, elle se réveillait quand nous venions nous coucher : nous l'avons mise dans sa chambre, où elle a vite bien dormi, ne s'éveillant qu'une fois, vers 5h, jusqu’à ses 9 mois environ... Une fois, puis plus du tout... Le principe de confiance qui éclaire cette méthode est juste, intelligent et efficace ! Dès que le bébé pleure, on répond à son appel... Dès qu'il est rassuré, on essaie de le poser. On insiste selon sa propre fatigue et selon les réactions du bébé, qui comprend vite qu'on ne lui demande que ce qu'il peut donner. On ne vit plus dans les pleurs et c'est là l'astuce contre la fatigue ! On prend confiance en soi et dans le bébé... On avance ensemble, à vitesse humaine. Et croyez-en mon témoignage, c'est plus durable que les méthodes qui prônent la peur ou les rapports de force : je l'ai observé dans mon entourage ! Ici, on bâtit du solide, on "soigne" le terrain, on ne se contente pas de faire disparaître des symptômes pour voir réapparaître le mal ailleurs... C'est une autre façon de materner, plus profonde, plus confiante en la nature humaine.

Sandra-Laure B., un enfant, Isère :

J’ai voulu sevrer Aurélien la nuit vers ses 2 ans car les tétés allongées me faisaient très mal au dos. Je m’endormais avec Aurélien au sein, dans des positions très inconfortables pour mon dos, et, le matin j’avais beaucoup de mal à bouger et à le porter. J’ai bien pris le temps de lui expliquer pourquoi il ne téterait plus la nuit, que je resterais quand même avec lui jusqu’à ce qu’il se rendorme, mais qu’à la pace de la tétée on ferait un câlin. La première nuit, il a pleuré trois quarts d’heure dans mes bras avant de se rendormir, la deuxième nuit, moins d’un quart d’heure et la troisième nuit, pas du tout. Il a continué à se réveiller plusieurs fois par nuit longtemps après le sevrage, mais un petit câlin ou un verre d’eau avaient remplacé les tétées.

Le secret de Fatima

Natacha WAWRZYNIAK, Le secret de Fatima, Éditions Pour penser à l'endroit (2006)

Céline S., un enfant, Domevre sur Vezouze :

Avant la naissance de notre fils, nous avions une idée bien arrêtée sur la façon dont il dormirait : dans son lit et dans sa propre chambre. Puis, plus il grandissait dans mon ventre, plus notre amour pour lui grandissait. Finalement, nous avons décidé que nous installerions son lit dans notre chambre, car ce serait plus pratique pour l'allaitement nocturne.
Puis, deux mois avant sa naissance, le meilleur ami de mon mari nous a prêté un lit de cododo qu'il avait fait lui-même. Depuis sa naissance, notre fils dort donc avec nous chaque nuit !
Lorsqu'il a commencé à se promener à quatre pattes, nous avons mis le matelas a même le sol pour qu'il puisse aller au lit et en sortir quand bon lui semble. Lorsqu'il s'est mis a marcher, nous avons surélevé le lit à nouveau, il peut toujours y entrer et en sortir comme bon lui sied. Nous attendons un autre enfant qui, elle aussi, dormira avec nous !
Les tétées sont plus agréables pour bébé, maman et aussi papa (qui peut continuer à ronfler sans être dérangé). Ma famille et mes amis critiquent beaucoup notre choix : ce n'est pas bon pour l'enfant, il a besoin de son propre lit, vous risquez de l'étouffer, vous pouvez l'écraser, il sera trop dépendant de vous, vous ne pouvez pas avoir de vie intime... J'en passe et des meilleures, on aura tout entendu.
Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est à quel point on dort bien ensemble, qu'à l'age de 9 mois, mon fils ne réclamait plus à téter pendant la nuit, il se rapproche tout simplement de maman ou papa pour un câlin. Nous ne pourrons jamais l'étouffer ou lui rouler dessus car on est conscients, même dans un sommeil profond, que notre enfant bouge, respire, vis !
Et quand à notre vie intime, eh bien nous attendons un autre enfant : n'est ce pas la preuve que le cododo n'empêche rien ?! Beaucoup de nos amis aux USA on pratiqué le cododo et, ce qu'ils ont tous trouvé le plus surprenant, c'est que ce sont leurs enfants qui ont fait un jour le choix de dormir seuls dans leur propre lit.

Stéphanie, trois enfants, Isère :

Je n'aurais jamais "osé" prendre mon aîné autrement que juste pour un câlin dans mon lit. Pour la seconde, l'allaitement a été moins compliqué et, par facilité, elle dormait dans son couffin, à côté de mon lit. Dès la fin de l'allaitement... hop dans son lit, elle prenait son pouce : tout le monde était soulagé, elle faisait ses nuits. Mes deux premiers enfants ont 18 mois d'écart et ont toujours partagé leur chambre... une forme de "cododo fraternel". Ils ont aujourd'hui 9 et 7 ans 1/2, alors que leur petite sœur Luna a 3 mois. J'ai mûri, j'ai fait des rencontres de mamans " différentes"... Aujourd'hui je suis mon instinct de maman. Après un accouchement naturel, j'ai choisi l'allaitement exclusif jusqu'à 6 mois au moins... Le cododo est devenu évident, la chambre n'est d'ailleurs pas encore faite, elle sert de salle de jeu, de chambre "annexe"... Comme pour me rassurer et avoir des arguments face aux "autres", j'ai beaucoup lu, je me suis rendu compte que c'est notre société qui est "déformée". Mes amis, ma famille et celle du papa semblent penser que c'est au bébé de se calquer sur nos propres rythmes. C'est anti-physiologique. Alors, on a choisi de suivre notre instinct.
Le soir, Luna s'endort au sein, tranquille, pas de pleurs, pas de stress. Parfois elle a « la patate » jusqu'à 23h, alors, elle reste avec son papa et moi, jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Ensuite, je la couche sur son lit, collé au nôtre. Nous avons aménagé tout exprès un lit géant, résultat nous avons un lit d'une surface de 200 x 200 cm… Tout le monde a de la place pour dormir ! Quand je me couche, je la regarde, je l'écoute et je suis rassurée : elle respire bien ! Je suis apaisée et elle aussi. La nuit, dès qu'elle se réveille, je la cale sous mon aisselle, je lui offre mon sein, et on se rendort comme ça. Si parfois je me réveille, je la repose sur son espace. Les collègues du papa lui présageaient des nuits courtes : "Ahahah tu vas voir la fatigue c'est terrible, allez courage !" Résultat, ce papa est reposé et serein. Car je reconnais les gémissements de ma fille qui disent "J'ai envie de téter", alors je n'attends pas. Le papa n'est parfois même pas réveillé de la nuit. Notre couple n'en est que plus épanoui. Pour couper court aux questions de ceux qui s'interrogent sur le partage de notre lit conjugal, je la joue provoc’ avec un grand sourire en disant qu'il y a 1000 endroits pour faire des câlins, c'est tellement plus amusant ! Le matin on se réveille parfois au son des babillements de Luna, on la pose entre nous, c'est doux et chaud comme une petite brioche... Si la nuit a été plus pénible, alors je pousse jusqu'à la grâce mat’, ou je me lève en la laissant tranquille dans notre lit. Le seul point d'ombre c'est d'être parfois tiraillée entre mon éducation, ma culture, et cette façon différente de vivre et d'éduquer ces enfants. Je suis convaincue de ce que je fais, et pourtant, parfois, je doute. C'est fatiguant de devoir "militer" au lieu de simplement materner tranquille. Je dirais, pour conclure, que tout le monde y trouve son compte. Luna est un bébé calme, qui n'a pas besoin de hurler pour se faire entendre. Elle est pétillante et souriante. Moi, je suis détendue et donc plus disponible pour les plus grands et le papa. Et toute ma petite famille est ravie d'avoir une maman maternante et épanouie. Cette maternité et ce maternage me permettent de m’épanouir et du coup d'être pleinement dans ma vie de femme. (et c'est une féministe, qui vous le dit !)

Karine L., deux enfants, Île de France :

Pour mon premier fils, Matéo, non allaité, je n'envisageais pas le cododo, tout simplement parce que je ne connaissais pas cette pratique. Cela dit, dès les premières nuits à la maternité, il a dormi contre moi, car il pleurait dans son berceau alors que, contre moi, il se calmait. Je me suis d'ailleurs fait copieusement engueulée par le crétin de pédiatre quand je le lui ai dit ! Pour sa première nuit à la maison, nous l'avons mis dans son lit et sa chambre. Je ne l'ai jamais laissé pleurer plus de 5 minutes, mais je ne le prenais pas dans mon lit. Il se rendormait très facilement après ses biberons, en chouinant un peu. À 2 mois, il faisait des nuits de 12 heures, sans réveil. Il faisait de longues siestes très régulières, sans problème, le matin et l'après-midi. Vers 2 ans, il a eu des problèmes de sommeil, cauchemars, réveils nocturnes, etc. Je mettais un temps fou à le rendormir et c'était plusieurs fois par nuit. J'étais épuisée, donc une nuit, je l'ai pris dans notre lit et il s'est rendormi illico. Nous avons donc fait ça pendant plusieurs mois : dès qu'il se réveillait, il venait finir la nuit avec nous. Petit à petit, il a mieux dormi, il venait de moins en moins ou réclamait à retourner dans son lit au bout de 10 mn, où il se rendormait. À 3 ans, il ne le faisait plus du tout. Il a maintenant 5 ans et demi et dort parfaitement bien, contrairement aux milles galères que nous prédisait notre entourage.

Pour mon second enfant, Titouan, non allaité également : La première nuit à la maternité (la seule, je suis sorti au bout de 24h, selon mon souhait) il a dormi avec moi, mais je n'ai pas fait la même erreur, je ne l'ai pas dit au personnel, na ! À la maison, on a installé son berceau dans notre chambre, pour que ses réveils nocturnes ne réveillent pas son frère. Il dormait bien dans son berceau la journée (dans sa chambre d'ailleurs, le berceau étant sur roulettes, on le mettait dans notre chambre la nuit). Cela dit, ses siestes étaient complètement anarchiques : rien à voir avec la régularité de son frère ! Quand il se réveillait pour son 1er biberon de nuit, je le prenais dans le lit, il le buvait et se rendormait illico sur moi. Mais si je le remettais dans son berceau, il se réveillait en pleurant et ne se rendormait que contre moi, ou son papa. Donc, je le gardais sur moi. Il dormait à plat ventre sur mon ventre, mais je n'ai jamais eu peur de l'étouffer (la couette était assez basse), ni de le faire tomber. Et on dormait super bien. Il a arrêté de prendre des biberons la nuit vers 5 ou 6 mois. On le couchait vers 20h, il dormait un peu dans sa chambre, puis au premier réveil, on le prenait contre nous pour le rendormir et, parfois, on le gardait avec nous toute la soirée, sur le canapé, sur l'un ou l'autre. On le recouchait quand on allait se coucher. Il se réveillait de nouveau vers 1 ou 2h du mat', et on le prenait avec nous jusqu'à la fin de la nuit, ce qui nous garantissait de bonnes nuits. Sinon, dans son lit il se réveillait quasiment toutes les heures.

Depuis quelques semaines, il se réveille de moins en moins souvent, nos soirées sont beaucoup plus tranquilles. Et s’il se réveille, on le rendort très facilement, sans le sortir de son lit. La nuit, il se réveille vers 4 ou 5 h, et là, je le prends avec nous. Mais il fait de temps en temps des nuits entières ! Et il fait maintenant des siestes régulières, le matin et l'après-midi, parfois sur moi, parfois dans son lit, parfois dans l'écharpe. Par contre les jours où Matéo est à la maison, donc le mercredi et le week-end (car il n’y a pas école), Titouan ne veut pas dormir ! C'est quand même plus chouette de jouer avec son super grand frère !

Une autre parole de maman : lescouleursdelavie.blogspot.com