Complément web au numéro 25
Les pleurs La première étape dans l'écoute des enfants, la plus facile, consiste à écouter les pleurs. Souvent, les pleurs de nos enfants nous donnent un sentiment d'échec. Nous désirons les arrêter. Nous essayons de calmer l'enfant, de lui trouver un substitut acceptable, de le raisonner, etc. Il est important de comprendre que les pleurs sont la marque de la guérison et non de la souffrance, que la cause soit toujours présente ou non. Quand on console un enfant, on arrête la guérison et non la souffrance, et l'enfant en sort globalement un peu plus triste. Il apprend aussi que c'est un problème pour nous qu'il pleure et qu'il ne peut pas faire confiance à son propre besoin de pleurer. Nous avons aussi tendance à juger les pleurs. Si son genou est tout écorché, ou si son jouet est cassé, nous estimons que l'enfant est en droit de pleurer. Mais si les pleurs nous semblent disproportionnés, nous pouvons en être irrités. En fait, même pour un très jeune enfant, les pleurs correspondent déjà souvent à la restimulation d'une souffrance passée. La cause minime qui les a amenés n'est alors qu'un prétexte et, si nous empêchons les pleurs, l'enfant en sera plutôt renforcé dans ses sentiments négatifs. Au début, les séances de pleurs peuvent être très longues. Souvent, elles vont finir par le sommeil. Lorsque les pleurs ont une cause "futile" en apparence, l'enfant va parfois exprimer la cause première après ses pleurs (le chagrin ancien que la situation présente a réveillé). Mais, d'autres fois, un problème est résolu de manière immédiate et très impressionnante. Et surtout, petit à petit, on voit apparaître des changements profonds dans le comportement de l'enfant : sa gaieté, son affection, sa confiance en lui, sa créativité...