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mercredi 13 mai 2015

Portage et handicap, témoignages

Dans le dernier numéro de Grandir Autrement, le numéro 52, les abonnés trouvaient un article sur le portage et le handicap, dans lequel plusieurs témoignages de parents et de professionnels illustraient combien porter un enfant peut aider à créer du lien et de la complicité et à surmonter les difficultés d'un handicap, qu'il soit du parent ou de l'enfant. En complément de ces paroles déjà publiées, voici de nouveaux témoignages ici sur ce blog, rapportant des situations où le portage a été bienvenu dans la relation parent-enfant.

Bonne lecture!

Florence, présidente de l’association Handiparentalité

"Je suis Florence, 32 ans, maman d'un garçon de 7 ans. Je suis atteinte d'Ostéogénèse Imparfaite communément appelée « maladie des os de verre » et je me déplace en fauteuil roulant manuel. Quand j'étais enceinte, je me suis posée beaucoup de questions. Je savais que j'étais prête pour la maternité. J'avais ça en moi. Bien qu'autonome, je savais aussi qu'il me faudrait faire face à quelques difficultés liées à mon handicap et à y pallier avec des astuces. J'avoue avoir essayé une poussette quand j'étais enceinte de 4 mois. Je me suis vraiment demandé ce que j'allais en faire... Ensuite, sur un forum de discussion, j'ai rencontré Claire, une future maman atteinte de la même maladie que moi. Nous avons parlé des écharpes de portage. Il y a 8 ans de cela, le portage n'était pas aussi en vogue que maintenant. Chercher de la ressource était compliqué, surtout en étant une future maman handicapée. J'ai donc accepté de participer à un reportage télévisé sur cette thématique, en espérant faire avancer les choses. Au final, j'ai créé en 2010 l'association « Handiparentalité » pour proposer aux parents et futurs parents en situation de handicap les ressources dont ils pourraient avoir besoin. Quand mon fils est né, à 35 semaines et par césarienne, ce fut un incommensurable bonheur. Il était là, tout frêle avec ses 45 cm. En salle de réveil, j'ai pu l'allaiter et le poser contre moi. Il adorait être sur mon ventre. Il était apaisé. Au retour à la maison, il fallait vite que je trouve des astuces pour être autonome avec lui. Son papa reprenait le travail et il faut dire qu'il ne m'a pas aidé à me sentir bien dans ma maternité au début. La ressource, je l'avais en moi finalement. Soit j'entourais mon coussin d'allaitement autour de moi en coinçant les extrémités derrière mon dos pour lui faire un petit nid douillet contre moi, soit je le portais en écharpe. J'avais trouvé deux positions avec l'écharpe. Les nœuds ne devaient pas être très conventionnels mais ça allait. Il était dans une bonne position, bien confortable. Je pouvais pousser mon fauteuil roulant avec mes mains libres. Je pouvais vaquer à mes occupations à la maison; j'avais arrêté mes études en fac d'Histoire de l'Art pour m'occuper de mon bébé. Je ne pouvais pas sortir avec lui en voiture. J'avais quelques angoisses et je n'avais pas trouvé d'astuces. Aujourd'hui, je suis certaine que j'aurai pu avoir davantage d'autonomie avec lui petit en ayant un accompagnement personnalisé. Quand on sortait, avec le papa ou avec la famille, c'est moi qui faisais office de poussette la plupart du temps. On sortait léger. Quand il a grandi, je le mettais assis face au monde attaché à moi avec un grand foulard ou avec une ceinture à scratch. J'ai toujours eu une complicité extraordinaire avec mon fils. A 7 ans, je ne le porte presque plus sur mes genoux, ou vraiment 5 minutes car il devient costaud et je lui dis qu'il va bientôt me dépasser, ce qui le fait beaucoup rire. "Tu es une petite maman, mais on fait plein de choses ensemble. Tu es ma maman d'amour, ma petite fleur", me dit-il souvent. Néanmoins, j'aurai aimé avoir de l'aide. Aujourd'hui, grâce à l'association, j'ai rencontré plein de personnes ressources comme Solène qui nous avait proposé un atelier portage en 2012. Un de mes dessins illustre son flyer aujourd'hui. J'aime dessiner la maternité. Je pense aussi à Elodie qui m'avait fait essayer un sling. Je pense aussi à Corinne qui travaille avec nous comme puéricultrice, formée au SAPPH et formée au portage. Je pense à Karine de « Côté cœur » qui nous a offert des portes bébés….. Nous avons une puériculthèque avec une trentaine de porte-bébé et d'écharpes (des pré-formés, des slings, des bandeaux peau à peau...), de quoi essayer en atelier avec nous et d'emporter à la maison si besoin. J'aimerai avoir un enfant avec Anthony, mon nouveau compagnon. J'espère revivre à nouveau cette joie. Le portage, c'est vraiment un outil de bonheur et d'autonomie !"

Témoignage d’Emy, maman de L. 6 ans, présentant hypotonie liée à une hyperlaxité, un retard de développement et des troubles des apprentissages et du langage ainsi qu’une très grande fatigabilité, symptômes dont l’origine est encore inconnue à ce jour.

« J’ai découvert le portage avec mon premier enfant. Quand L. est née, c’est naturellement que j’ai voulu la porter elle aussi. Au fil du temps je me suis rendue compte qu’elle était différente et il m’a fallu du temps pour réussir à me faire entendre du corps médical. Je me souviens d’une puéricultrice qui m’a asséné un «  si elle ne marche pas c’est à cause de vous, tant que vous la porterez elle ne marchera pas ! » péremptoire et culpabilisant… Je savais au fond de moi que cette femme avait tort, et pourtant…Ses mots m’ont meurtrie, réellement, durablement. La petite voix s’insinuait en moi, et si elle avait raison ? Aujourd’hui je sais qu’elle avait tort, que c’est en partie grâce au portage que j’aide ma fille à prendre conscience de son corps, de son centre de gravité. Mais à cette époque où j’angoissais de ne jamais la voir marcher, son savoir de soignant m’a fait mal. Quand j’y repense quelle idiotie ! Elle n’aurait pas marché plus en poussette… Quand elle était petite, L.avait un reflux et un grand besoin d’être contenue et contre moi. Je la portais toute la journée et parfois même la nuit… Pendant de longues années, le portage m’a servi de réponse à des colères monumentales qui me laissaient désemparée… Aujourd’hui, je ne la porte qu’en déplacement, lorsqu’elle est trop fatiguée pour marcher ou à des endroits où son fauteuil récemment acquis ne passe pas. Cela permet à notre famille de continuer à vivre sans limite, nous avons pu visiter la dune du Pila, nous continuons les balades en forêt… Le portage est avant tout pour nous un partage. Elle aime être sur mon dos, à hauteur d’adulte et deviser de ce que nous voyons. Elle aime s’y réfugier quand ça ne va pas mais aussi quand ça va bien. J’aime l’y accueillir, j’aime sentir son souffle dans mon oreille, sa main qui retombe contre mon bras ou qui caresse doucement ma nuque, j’aime sentir ses petits yeux qui observent les mêmes choses que moi, j’aime cette proximité qu’elle décide elle-même d’installer ou non, j’aime quand elle se laisse aller la tête enfouie dans mon cou, j’aime l’impression que ça me donne d’être encore un peu son pilier dans une vie pas toujours facile mais qu’elle traverse avec une force inouïe. J’espère avoir les moyens physiques de continuer encore longtemps avec elle cette belle aventure qui nous permet malgré tout d’entreprendre tout ce que l’on souhaite sans nous soucier des limites de son corps… »

Témoignage d’Anaïs Louche, psychomotricienne qui accompagne L. en tant que thérapeute

"Travaillant avec des enfants de la naissance à 6 ans, le portage peut être évoqué dans mes rencontres avec les enfants et leurs parents. En tant que psychomotricienne, je ne me considère pas comme “spécialiste” du portage, mais plutôt comme une professionnelle du mieux-être psycho-corporel de l’enfant. Le portage me paraît essentiel pour renforcer les échanges toniques, affectifs et soutenir les liens parents-enfant, mais également favoriser des moments de bien-être partagé avec son enfant. Par portage, j’entends dans les bras, mais également en écharpe, ou autre moyen de porter. Ses bienfaits ont été démontrés pour un enfant, mais aussi pour son parent, y compris dans le champ du handicap, voire surtout. Je n’aborde pas systématiquement la question du portage avec chaque famille, car le portage découle d’un choix délibéré, et implique bien plus qu’un contact entre deux personnes. Mais je le pense utile, notamment pour les tout-petits pour qui l’entrée dans la vie a été difficile (prématurité, souffrance à la naissance…) et/ou pour qui la relation parent/enfant a pu être fragilisée (séparation pour soins, annonce d’un handicap…). Dans ma pratique avec des enfants plus grands, le sujet est plutôt abordé avec des parents demandeurs, et souvent, ayant déjà porté leur enfant petit. Mais parfois, le regard des autres (famille, professionnels...) sur cet enfant « trop grand pour être porté », peut mettre à mal la nécessité ou la volonté de porter son enfant. J'ai réellement découvert le portage pour « grands » avec L et sa maman. Quand je rencontre L, elle a presque 3 ans et est portée depuis toute petite. Actuellement, L est fatigable et sait demander d'être portée lorsque nécessaire; très câline, elle l'apprécie aussi juste pour le plaisir. Sa maman me semble à même de reconnaître les différents besoins de sa fille et d'y répondre de manière adaptée, tout en écoutant les siens. Le portage reste abordé comme nécessité mais aussi plaisir partagé, toujours avec le souci de favoriser l'autonomie de L. Par nos rencontres, j'ai pu me familiariser avec différents moyens de portage, les essayer, les questionner, et les considérer comme des alternatives possibles aux moyens techniques spécialisés. Ce sont ces échanges qui m'ont permis d'élargir mon regard, et m'ont appris que l'expérience, même difficile, est source d'apprentissage et que les parents ont tout à gagner à la partager. De mon point de vue de professionnelle, le portage est abordé, au préalable au travers de postures, de portés dans les bras, favorisant le bien-être de l’enfant, le contact et les interactions parent-enfant. Les enfants que je rencontre gardent souvent une anxiété, une forte tonicité liées à l’urgence des premiers soins reçus. Les parents restent également stressés. Le portage peut alors favoriser une détente des deux partenaires, et on peut observer un enroulement physique, un rassemblement de l’enfant dans le respect de sa position physiologique. Le portage peut également permettre une réassurance réciproque et soutenir la construction du lien de confiance entre l’enfant et son parent. Les bébés ayant plutôt des difficultés motrices ou sensorielles profitent de ce corps à corps : le portage les place dans une position physiologique leur demandant une participation active réflexe et non une totale passivité. Il leur permet de ressentir leur corps malgré les difficultés, favorise une meilleure perception du mouvement, du déplacement en appui sur le corps du parent. Enfin, il permet un véritable “dialogue tonico-émotionnel” avec le parent… Nous pouvons partir du constat que ces enfants au développement différent de la norme ont les mêmes besoins que tout autre enfant, et que de veiller particulièrement à leur bien-être favorise leur développement en tant que sujet. Même une fois plus grands, les enfants que j’ai rencontrés apprécient cette relation privilégiée qu'offre un moment de portage car elle est rassurante, reposante et peut parfois pallier un manque d’accessibilité au monde (enfant en fauteuil ou poussette…). Parfois, par une verticalité en hauteur favorisée, elle permet un autre regard et une autre participation au monde qui les entoure. Si la limite rencontrée au souhait de porter son enfant est physique, pour l’enfant (sonde, harnais…) comme pour le parent (mal de dos, difficultés physiques…), je pense que l’on peut s’adapter à chaque situation parent-enfant, par exemple en portant sur des temps plus courts, en modifiant la position de portage etc... Porter son enfant implique un temps d’apprentissage, parfois avec l’aide et les conseils de professionnels concernés. Il ne faut pas hésiter à les interpeller! Cela ne s'annonce pas toujours aussi facile qu'on le pense et les échanges avec des parents ayant vécu cette expérience est également riche d'apprentissage. La limite que je rencontre dans ma pratique est principalement la difficulté psychologique du parent.  Porter son enfant implique un rapproché corporel et une volonté “psychologique” qui n’est pas toujours aisée pour tous. On ne mesure pas assez l’implication que cela demande au parent d’un enfant différent, et cela dès la première rencontre avec cet enfant : soutenir psychiquement son enfant, le porter dans sa tête, l’imaginer, lui parler et le sentir. Dans le portage, la proximité du corps à corps nécessite avant tout un bien-être du parent. Si ce n’est pas le cas, la situation peut être vécue très difficilement par le parent. Des émotions et idées négatives peuvent apparaître et l’enfant va ressentir ce mal-être, l’exprimer dans son corps ou par des pleurs. Le portage n’aura alors pas les bienfaits souhaités. Porter son enfant n’est pas si facile et évident quand on y pense, même si cela est “inscrit dans nos gènes”! Une limite certaine du portage est celle des normes de sécurité d'utilisation du matériel utilisé, par exemple en fonction du poids de l’enfant. Mais les limites viennent aussi du corps de l’adulte, qui même s’il se muscle avec l’expérience, doit aussi s’écouter et ne pas s’oublier : l’enfant a besoin de son parent, et il en profitera davantage si celui-ci est en bonne santé! Si le parent est douloureux ou non disponible psychiquement, l’enfant le ressentira, et l'exprimera de manière tonique. Le portage doit rester un moment de plaisir partagé pour l’enfant comme pour son parent. En outre, il me paraît important de veiller à ce que le portage soit adapté au rythme de l’enfant, à ses besoins et à son niveau de développement. En dehors des temps de portage, l’enfant a besoin d’expérimenter sa motricité au sol et cela de plus en plus souvent, au fur et à mesure qu’il grandit. Son développement psychomoteur implique des temps d’éloignement corporel de son parent, pour pouvoir grandir en tant qu’individu. Mon expérience me montre que le professionnel accompagnant régulièrement l'enfant a une connaissance théorique du développement de l’enfant (et non dépositaire d’un savoir inébranlable!), mais que ce sont avant toute chose les moments de partage et d’échange avec les familles, avec leurs pratiques – parfois imaginatives ! – qui permettent que de ces rencontres naisse la volonté d’une co-construction pour un mieux-être psycho-corporel et relationnel de l’enfant, et de fait, de son parent. Ces rencontres avec des familles parfois déroutantes, parfois surprenantes par leur énergie et leur volonté, me permettent de réfléchir, de repenser ma pratique pour un meilleur accompagnement. Elles ouvrent vers de nouveaux horizons possibles pour ces enfants, pour qui le lien avec son parent peut être mis à mal, tout comme l'ont été ces premières années de vie si importantes dans le développement psychomoteur et relationnel de l’enfant... »

Témoignage d’une adhérente de l’association Handiparentalité :

« Les enfants ont une fabuleuse capacité d'adaptation. Très jeune, le tout-petit sera conscient de nos limites physiques ou sensorielles et saura faire avec. Les difficultés rencontrées au quotidien ne nous empêchent pas de jouer pleinement notre rôle de parents. En grandissant, notre enfant posera inévitablement des questions et c'est à nous de trouver les bonnes réponses pour le rassurer et pour qu'il se construise de façon équilibrée. En général, ce sont les regards des autres et de la société qui peuvent être mal vécus par nos enfants, voire par nous-mêmes. Etre en situation de handicap est tout à fait compatible avec la parentalité ; nous pouvons être des parents formidables, dotés d'une grande écoute. Un enfant aura une existence très heureuse auprès de parents « différents ». Il développera certainement de nombreuses qualités, notamment la tolérance. Il me semble qu'aujourd'hui, ce sujet encore un peu tabou suscite toujours beaucoup d'interrogations et de préjugés de la part de notre société. A nous, par nos divers exemples, de faire avancer et changer ce regard pour qu'enfin nous soyons reconnus en tant que parents à part entière. Ainsi, n'ayez plus peur de vous « lancer » : avoir un enfant c'est aussi et surtout une formidable aventure humaine, que l'on soit handicapé ou non. "

mercredi 17 décembre 2014

Témoignage d'un Blessing-Way

Notre Hors-Série numéro 8, sorti récemment, sur le thème "accueillir bébé", abordait dans ses pages les derniers moments de la grossesse, de ces moments un peu magiques où l'on se prépare à la séparation de la naissance et à la rencontre de ce petit autre qui nous habite. Entre trousse de naissance bio et préparation à la naissance zen, un rituel passe encore en France sous le radar: celui du Blessingway.

Généralement réalisé autour du 7ème mois de grossesse, c'est avant tout un moment cocooning pour la future maman qui, entourée d'amies, échange sur ses angoisses et ses attentes et fait le plein d'ondes positives. Nous nous faisions un plaisir de vous en rappeler l'existence et les avantages dans notre magazine. Cependant, rien ne vaut l'expérience partagée et, quand on n'a jamais vu ou vécu un cérémonial aussi peu commun, difficile d'imaginer à quoi cela peut bien ressembler!

Aujourd'hui, pour aller plus loin sur ce blog, une maman témoigne de sa propre expérience en revenant sur ce moment de douceur.

GA: Comment vous est venue l’idée de faire un blessing-way et à quelle ocassion (grossesse 1, 2…) ? Connaissez-vous beaucoup de mamans autour de vous qui en ont fait un ou plusieurs ?

La maman: Mon blessingway a eu lieu pour ma seconde grossesse. Plusieurs amies en avaient fait un, et c'est une maman dont je suis très proche qui a proposé d'organiser le mien.

GA: Qu’attendiez-vous de cette journée ? Comment vous l’imaginiez-vous ?

LM: Je souhaitais partager un moment très simple, entourée d'amies qui avaient elles-même vécu un accouchement à la maison car c'était mon souhait pour cette grossesse. Je voulais faire le plein d'ondes positives durant cette journée, d'autant plus que ma grossesse a été assez bouleversée par divers éléments extérieurs et que je ressentais le besoin de profiter de cet état, de partager mon bonheur, de me recentrer dessus et de recevoir l'amitié d'autres femmes qui étaient déjà passées par là.

GA: Comment avez-vous organisé tout cela ?

LM: C'est donc une très bonne amie qui a tout organisé pour moi, je ne me suis chargée de rien d'autre que d'ouvrir ma maison et mon cœur, et de préparer quelques gâteaux et de la tisane !

GA: Comment cela s’est-il déroulé ?

LM: Très sobrement. Je n'étais pas sûre de vouloir d'un blessingway, mais je me suis dit que c'était l'occasion de me consacrer à moi et mon bébé au milieu de tous ces événements extérieurs. Je ne voulais rien d'extraordinaire, mes amies m'ont fait une très belle peinture sur le ventre à laquelle ma fille aînée a aussi participé en mettant sa touche finale ! J'en garde de très chouettes photos ! Elles m'ont offert une magnfique couverture pour mon bébé, un patchwork de tricots qu'elles avaient fait pour moi. Nous avons parlé de ma grossesse, de mon accouchement, de ce que je souhaitais vivre et je leur ai posé des questions sur leurs propres expériences, j'avais envie qu'elles partagent avec moi leurs magnifiques histoires d'accouchement a la maison. Elles m'ont aussi offert des bougies, chacune faisant un vœu pour moi en me les offrant, afin que leurs bonnes pensées m'accompagnent lorsque j'allumerai la bougie pendant le travail. Cette bougie a été ma seule lumière durant mon accouchement, j'en garde un magnifique souvenir.

GA: Si vous deviez le revivre, que changeriez-vous ?

LM: Rien à changer ! J'avais dit à mes amies que je voulais quelque chose de tout simple, rien que cette belle après midi entre femmes bienveillantes et centrées sur moi et mon bébé était merveilleuse.

GA: Qu’avez-vous le plus apprécié ?

LM: J'ai été très touchée de toutes les attentions de mes amies, de leur amour !

GA: Qu’avez-vous ressenti ?

LM: Beaucoup de joie de partager cet état si particulier avec des personnes proches.

GA: On nous dit souvent que les blessingways sont des occasions pour les femmes enceintes de se rapprocher d’autres femmes, de se connecter à leur pouvoir féminin. Avez-vous eu ce sentiment-là ? Bébé fait-il partie du cérémonial, ou est-ce exclusivement maman qui est au centre de toutes les attentions ?

LM: Enceinte, je suis connectée en permanence avec mon bébé, maman exclusivement n'existe pas ! Bébé est évidemment présent lors du cérémonial, d'ailleurs le mien a beaucoup bougé lorsqu'on peignait mon ventre ! Je ne dirai pas que je me suis sentie connectée à mon pouvoir féminin à ce moment-là. Je me suis sentie connectée à d'autres femmes, belles, fortes, puissantes, épanouies et cela m'a donné une belle énergie ! Le pouvoir féminin, je l'ai bien plus ressenti durant l'accouchement!

"GA: Conseillez-vous à vos amies d’en faire un ?"

LM: Particulièrement. Si elles en ont envie, je les accompagnerai avec joie mais c'est à chacune de décider de ce dont elle a besoin !

mardi 21 octobre 2014

Portrait d'une maman faiseuse de couches

Pour la sortie de notre Hors-Série numéro 8 sur le thème « accueillir bébé », Grandir Autrement vous propose, sur ce blog, quelques rencontres pleines de vie et de bonne humeur en relation avec les divers articles que vous aurez le loisir de parcourir dans ce prochain numéro. En continuité avec les pistes de réflexion que nous vous proposons dans le magazine sur l’hygiène de bébé, nous vous invitons à découvrir Isabelle, maman de 4 enfants et créatrice de sa propre marque de couches lavables, qui nous raconte son parcours, de ses toutes premières couches cousues main à son envie de continuer à changer le monde à travers ses créations. Alors, comment tout a-t-il commencé, en fait ?

GA : Lorsque vous êtes entrée dans l’aventure de la maternité, avec votre premier enfant, les couches lavables étaient-elles une évidence ?

Isabelle : Non, pas du tout ! Mon numéro 1 a 14 ans. A l’époque, les couches lavables n’étaient pas du tout à la mode, on n’en parlait pas, on ne savait même pas que ça existait. Il y avait bien ma mère qui me disait parfois : « De mon temps, je lavais tes couches ! », mais ça n’allait pas plus loin. J’ai commencé à choisir cette solution pour mon deuxième enfant, qui a 10 ans maintenant.

GA : Vous les avez tout de suite fabriquées ?

Isabelle : Oui. En fait, mon numéro deux a eu de gros problèmes de fuites. Toutes les couches jetables qu’on lui a essayées fuyaient, c’était infernal. La seule qui fonctionnait était une grande marque très connue dont le nom commence en H… Mais nous avions un budget familial serré, et nous ne pouvions pas acheter cette fameuse marque, car elle était très chère. Clairement, je n’avais pas les moyens. Alors j’ai commencé à coudre des couches lavables sur le modèle de ces jetables qui lui allaient ! Pour trouver mon matériel, j’ai dû faire preuve d’imagination. Par exemple, le pul qu’on utilise aujourd’hui pour l’extérieur des couches lavables n’existait pas, ou en tout cas pas en France. Il se trouvait sur internet sur des sites étrangers mais je ne me sentais pas capable de commander en anglais avec ma connexion internet à ses débuts. Alors j’ai trouvé ma solution : j’achetais des alaises en magasin, le plastique fin correspondait et je les découpais pour faire l’extérieur de mes couches !

GA : De sacrées péripéties ! De ces premières couches lavables à la commercialisation, que s’est-il passé ?

Isabelle : Pour mon numéro 3, qui a 6 ans, j’en ai fait des mieux ! Plus de textiles étaient accessibles par le net, j’ai commencé à me sentir à l’aise et à créer mon réseau. De fil en aiguille, j’en ai parlé autour de moi et je me suis retrouvée à en vendre… !

GA : D’où vient le nom de votre marque, Bébé Farceur ?

Isabelle : Oh, j’ai ce nom depuis longtemps. Je faisais de la couture pour mes amis : des tours de lit, des gigoteuses… et j’avais fait faire des étiquettes au nom de Bébé Farceur, je trouvais cela mignon. Quand j’ai commencé à me lancer plus sérieusement dans les couches, j’ai gardé ce nom. Le logo a évolué, par contre. J’avais choisi une photo de ma fille en train de tirer la langue mais je la remplace petit à petit par un papillon, sur le site, sur les étiquettes et sur les cartes de visite.

GA : Dix ans après les premières, vos couches continuent de changer. C'est un cheminement permanent ? D'où cela vient-il ?

Isabelle : Souvent, c’est la demande des gens, mais aussi les rencontres, les discussions entre mamans. Par exemple, on m’appelle pour me dire que bébé a grandi, qu’il fait plus pipi, et je crée des inserts plus épais et plus absorbants. J’essaie de nouvelles formes et je m’aperçois que telle forme est plus pratique qu’une autre au lavage, que c’est mieux si on n’a pas besoin de mettre la main dedans pour glisser l’insert. Et puis, mon petit dernier, numéro 4, est arrivé à la propreté et cela me donne aussi des idées pour l’accompagner dans son évolution, comme des culottes d’apprentissage.

GA : Et le mariage des couleurs, le choix des motifs, c’est un jeu, un passe-temps ?

Isabelle : En tant que fabricante de couches lavables, j’ai un accès plus privilégié que les particuliers et je peux avoir des fournitures différentes de chez Mme Tout-le-Monde. Je travaille avec des fournisseurs que je connais. Régulièrement, pour le choix des couleurs, je travaille au feeling quand les clients me font confiance. Assortir les couleurs et utiliser de nouveaux motifs permet aussi de garder le plaisir de coudre et de sortir d’une impression de répétition.

GA : En parlant tissus et fournisseurs, a-t-on des exigences concernant la qualité des textiles quand on fait des couches ?

Isabelle : Tous les tissus sont aux normes Oekotex. En fait, les fournisseurs sont obligés d’avoir ce label quand il s’agit de couches lavables ! Donc ils l’ont d’office et quand j’achète, ils m’envoient la photocopie de la certification du tissu. C’est important d’avoir une trace. Le produit final est au contact de la peau d’un tout-petit. Il y a plusieurs histoires au sujet de couches lavables chinoises qui passent outre ces certifications, qui ont de gros problèmes de qualité, mais qui se vendent à tout petit prix. Le consommateur non averti tombe dans le piège, et c’est bien dommage.

GA : Vous proposez aussi d’autres types de produits, comme les serviettes hygiéniques lavables ou les lingettes lavables. Le réutilisable, c’est important ?

Isabelle : Oui ! Je crois qu’on peut changer les choses à notre échelle, autour de nous. J’ai une anecdote avec mes lingettes lavables, d’ailleurs. A l’époque de mon deuxième enfant, j’étais nourrice agréée et j’avais convenu avec la maman d’un petit que je gardais que j’utiliserais des lingettes lavables avec son fils. Je les fournissais mais elle les lavait chez elle. Elle a eu d’autres enfants après celui-ci et elle a continué à utiliser des lingettes lavables avec eux. C’est une petite victoire, un mini pas vers un monde où on consommerait différemment.

GA : Alors les couches lavables ont un bel avenir devant elles.

Isabelle : Je l’espère. En tout cas, je crois en mes couches lavables. Je peux changer les choses à mon niveau, en sensibilisant les personnes proches de moi et en continuant de proposer des couches lavables aux parents qui se questionnent dans ce sens. Je ne veux pas arrêter car c’est important pour moi, et on a toujours le temps pour sa passion !

Un grand merci pour ce beau témoignage plein d’ondes positives à Isabelle et à sa famille. Vous pouvez la retrouver sur le site www.bebefarceur.com ou sur FB en tapant Isa Bébé Farceur.

mercredi 15 octobre 2014

La SMAM avec Libres Enfants du Tarn

Parmi toutes les activités et les rencontres qui seront proposées pour la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel, Grandir Autrement se fait un plaisir d’attirer votre attention sur celles, originales et amusantes, que proposent Laurence et son compagnon, tous deux jeunes parents de Jeanne 2 ans et demi, et d’Emilien 1 mois et demi, enfants co-allaités.

A respectivement 28 et 30 ans, ces deux « extra-terrestres » se sont installés à Albi voilà un an avec leur fille et ont fait le tour des lieux d’accueil traditionnellement proposés aux parents et leurs enfants, sans trouver leur bonheur. « Nous n’avons pas trouvé d’association qui corresponde à cette mouvance bienveillante. L’offre était tout simplement inexistante sur Albi, » nous confie Laurence.

La machine est lancée : l’envie de proposer aux parents comme eux une alternative à ce qui existe de conventionnel et d’élargir l’offre faite aux familles dans le secteur d’Albi donnera naissance à l’association Libres Enfants du Tarn, qui a vu le jour fin juillet de cette année.

Rencontre avec ces deux aliens très humains et retour sur la SMAM 2014.

GA : D’où vient le nom de votre association ?

Laurence : Du livre « Libres enfants de Summerhill ». C’est un livre que j’aime beaucoup. En vérité, nous avons un projet d’IEF* avec notre fille Jeanne.

GA : L’association n’est pas seulement pro-allaitement. Elle revient aussi sur le portage, l’éducation non violente, l’hygiène infantile, la non-scolarisation… On peut dire que vous êtes des adeptes du « maternage proximal » ?

Laurence : En fait, pour moi, c’est un faisceau d’éléments qui se rencontrent. Quand on commence à réfléchir à l’éducation de nos enfants sous l’angle de la bienveillance, on se pose plus de questions. Est-ce réellement « non-violent » de lâcher son gamin dans une classe de 30 élèves, où il va être puni par la maîtresse, ou pas entendu dans ses demandes, où certaines choses vont le choquer… ? Cependant, il n’est pas nécessaire de cocher toutes les cases pour se sentir parents bienveillants. D’ailleurs, finit-on par devenir le stéréotype de la mère maternante ? C’est une question à soulever.

GA : Sur le blog, vous ne mâchez pas vos mots. Vous êtes très direct sur les choses qui vous interpellent, qui vous choquent. On pourrait même dire que vous êtes dans la dénonciation, par moment. Est-ce qu’on est toujours dans la bienveillance quand on juge le mode de fonctionnement des autres ?

Son compagnon : J’estime que ce n’est pas parce qu’on s’engage sur la voie d’une éducation bienveillante avec nos enfants qu’on doit perdre notre sens critique ou notre humour. C’est hypocrite de le prétendre.

Laurence : Quand je vois un petit recevoir une fessée au parc, ça m’interpelle. Avec mon compagnon, on échange un regard, on est gêné. Je n’irai pas intervenir, parce que ce n’est pas mon rôle, mais j’ai le droit de penser que c’est scandaleux. En 2006, un sondage révélait que 95% des français trouvaient la fessée « normale » ; ce chiffre me révolte. La dénonciation sert aussi à montrer l’absurde de ces situations et à faire avancer les choses.

GA : La SMAM 2014 approche à grand-pas. Vous proposez via l’association des choses très originales, comme les badges « lactivistes », que vous vendez 2 euros (http://libresenfantsdutarn.com/boutique/). Cette idée vous est venue comment ?

Laurence : Ce n’est pas la mienne ! « Lactivism » existe en anglais mais c’est vrai qu’on ne l’entend jamais en français, alors je l’ai repris en lactivisme. C’est un mélange entre activisme et lacté : les activistes de l’allaitement ! Et les badges sont une idée que j’ai piqué sur le blog de « Je suis une Seinte ». Elle proposait il y a un moment des badges très natures qui disaient : « J’allaite et je t’emmerde », simplement génial ! J’ai repris des slogans assez connus qu’on trouve sur internet et j’ai créé quatre badges à l’occasion de la SMAM.

GA : Vous proposez aussi un concours d’anecdotes autour de l’allaitement (http://libresenfantsdutarn.com/jeu-concours-allaitement-s-m-a-m-2014/). Avez-vous vous-mêmes une anecdote drôle à nous faire partager concernant vos allaitements ?

Laurence : Oui ! Je pense que le plus « bizarre », c’est toutes ces fois où je me suis retrouvée à allaiter Jeanne en voiture. Il faut faire toute une gymnastique pour rester attachées, l’une comme l’autre, tout en donnant le sein. Et quand on s’arrête alors à un feu rouge et que les gens de la voiture d’à côté nous regardent, là, il y a beaucoup de surprise. C’est sûrement une scène surréaliste, pour eux.

GA : Cette idée-là vient de Marraines de lait, c’est bien cela ?

Laurence : Exactement. Je cherchais une nouvelle idée, comme les badges, quelque chose de ludique et d’interactif, et j’ai pensé à un concours. C’est là que j’ai trouvé le site de Marraine de lait, qui propose de publier toutes les anecdotes des mamans allaitantes, drôles ou pas, un peu sur le modèle de « Vie de Merde ». Par contre, il ne s’agit pas d’un concours. Ce blog marche toute l’année.

GA : Enfin, vous lancez une rencontre entre « parents extra-terrestres » autour de l’allaitement long. Qu’attendez-vous de ce rendez-vous ?

Laurence : Eh bien, l’association est très très jeune, alors nous n’avons pas d’attente particulière. Nous espérons recevoir dans notre salon deux ou trois familles, avec les papas et les enfants – pas juste les mamans – pour une conversation informelle. On pourra peut-être nous reprocher de nous adresser à une niche ; mais le but de notre réunion n’est pas de convaincre de l’allaitement, comme peuvent essayer de sensibiliser les hôpitaux ou les PMI. On souhaite plutôt se retrouver entre gens convaincus des bienfaits de l’allaitement, parce que souvent, une parentalité différente, bienveillante, va de paire avec une marginalisation, un isolement, et ça fait un bien fou d’être ensemble. C’est cela qu’on propose avec Libres enfants du Tarn.

GA : Vous pensez que c’est important d’être présent pour la SMAM, de proposer toutes ces choses qui se démarquent avec Libres enfants du Tarn ?

Laurence : J’ai constaté que pour la SMAM, en France, il y a énormément de choses organisées, par des associations notamment, mais ce sont surtout des initiatives entre parents ou pour les parents. Il n’y a pas assez de choses pour les professionnels, pas assez de formations, de rencontres, de sensibilisation. Combien d’allaitements sont ratés à cause de mauvais conseils d’un pédiatre, d’une sage-femme, d’un généraliste, d’un gynécologue ? Les PMI et les hôpitaux organisent des choses, mais c’est le serpent qui se mord la queue, car bien évidemment, elles vont défendre leurs professionnels, ces mêmes professionnels qui auraient bien besoin d’être mieux informés… A l’avenir, j’envisage d’aller voir des médecins et des pédiatres pour leur présenter des problèmes très simples, comme un épuisement face à un bébé qui ne dort pas, ou une difficulté dans mon allaitement. Je suis curieuse de savoir si on me conseillera de complémenter, de le « faire faire ses nuits », de le laisser pleurer, ou même de le passer directement au biberon. Je pense qu’avec ces fausses consultations, on peut attirer l’attention sur le problème, exemples à l’appui !

Pour plus d'informations sur cette jeune association, rendez-vous le samedi 18 octobre à 14h30 à Albi pour une rencontre entre parents ou bien directement sur le blog http://libresenfantsdutarn.com/presentation-de-lasso/ ou sur leur page FB.

  • IEF: Instruction En Famille.

dimanche 20 avril 2014

La place de l'adolescent dans la famille, aujourd'hui

L'association Parents-partage vient d’organiser une soirée débat sur le thème « La place de l’adolescent dans la famille aujourd’hui ». Cette association a pour objectif la mise en relation entre parents et l'échange autour de la parentalité.

Une quarantaine de parents se sont retrouvés à la soirée-débat programmée le jeudi 17 avril au Verger, à la salle des associations. Cette étape importante dans la vie de l’enfant modifie les relations au sein du foyer. Pour mieux les comprendre et apaiser les relations, Nathalie Aubrée-Connan, psycho-somatothérapeute, a expliqué les changements liés à l'adolescence.

Le Homard pendant la mue Selon Dolto, l'adolescent, c'est le homard pendant la mue, une séparation affective en lien avec le deuil de l'enfance. Cette période peut troubler le climat familial. Selon Nathalie Aubrée-Connan, « c'est une période où l'adolescent revendique ce qu'il est et va devenir, d'où une mise à distance physique, verbale, vestimentaire ou musical avec les parents. »

Demande de limites Pour la psycho-somatothérapeute, qui rencontre beaucoup d'ados dans son cabinet, ces derniers attendent de leurs parents des limites, tout en maintenant le dialogue. L'échange et la négociation est l'une des clefs pour apaiser les situations. L'une des autres astuces de la professionnelle est de laisser à son enfant un espace de vie personnel et privé (sa chambre), les règles de la maison devant tout de même s'appliquer. Elle a également insisté sur l'importance de valoriser ce qui va bien et les actes positifs. L'encouragement à l'indépendance permettra également d'apaiser cette période de troubles.

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