La CicatriceCe n’est pas un livre récent, mais ce n’en est pas moins un livre poignant. C’est le livre que j’ai préféré durant mon enfance. Certains en disent que le livre illustre la cruauté des enfants. Je ne dirai pas cela. Il s’agit de l’histoire d’un enfant qui déménage et qui change d’école. Or, dans sa nouvelle école, il devient le bouc émissaire, à cause de son « handicap » : en réalité un bec de lièvre. Ce rejet fait renaître ne lui de nombreuses blessures enfouies : comment cette « cicatrice » est-elle arrivée là ? Est-ce une marque de naissance ou la conséquence d’un fâcheux accident ? Ses parents ne voudront jamais lui dire, créant chez lui angoisse et culpabilité. Dans ce climat de rejet et de non-dit, seul le petit frère de Jeff viendra lui rendre la vie plus douce. Mais cette douceur ne faisant sans doute qu’exacerber son mal-être, il se met à rendre à son petit frère la violence et le rejet qu’il subit. Jeff entre dans le cycle de l’auto-destruction : il rejette non seulement son frère, et vole le seul ami qui l’avait accepté. Et si la fin est tragique, elle est à mes yeux la conséquence du manque de communication : Jeff ne pourra jamais savoir que la « cicatrice » qui le marque n’est pas un signe d’une faute qu’il aurait commise ou même qu’il aura à commettre, il ne pourra jamais dire non plus combien il souffre du rejet des autres, combien il se sent mal d’avoir commis un vol et combien il regrette de faire souffrir son frère…

Cet ouvrage, écrit en 1961, est le premier roman de Bruce Lowery, américain bilingue qui a écrit son œuvre en français et l’a traduit ensuite dans sa langue maternelle.

Carine