Tout naturellement...
Par Grandir Autrement le samedi 3 mars 2007, 17:26 - Témoignages - Lien permanent
Avant d'avoir des enfants, je pensais que les fessées étaient un outil normal pour une bonne éducation, qu'il fallait laisser les enfants pleurer dans leur lit, pour qu'ils apprennent à dormir seuls, et être strict pour qu'ils soient sages... Puis Vincent est arrivé, il a dormi sur moi les trois jours à la clinique. Non par conviction mais parce que moi j'en avais besoin... On est rentré à la maison et il a commencé à avoir des coliques. Il pleurait le soir, sans que l'on sache ce qui lui arrivait, et pas mal de gens m'ont dit "Laisse-le pleurer, ça lui fera les poumons, ça lui apprendra qu'il faut qu'il dorme, etc." Moi je ne pouvais pas parce que je sentais qu'il souffrait et il était plus tranquille quand il dormait sur mon ventre...
Les coliques sont passées, et Vincent a dormi dans son lit, ce qui m'a bien montré qu'il ne m'aurait servi à rien de le laisser pleurer. En grandissant, il s'est avéré un petit garçon avec pas mal de caractère mais d'une grande générosité. Très tôt j'ai pris l'habitude de ne pas lui dire non à tout, parce que j'estime que les enfants doivent découvrir le monde, et que tant que ça ne les met pas en danger, je ne vois pas le problème : quand il voulait jouer avec mon téléphone portable, je le lui passais en lui disant qu'il fasse attention parce que c'est fragile, et il ne me l'a jamais cassé. Il y a pourtant des choses interdites, il les connaît. Les quelques fois où je lui ai mis une fessée, je me suis sentie mal, parce qu'en fait c'était une façon de décharger ma colère, mais en aucune manière de lui apprendre pourquoi il ne fallait pas le faire. J'ai donc commencé à essayer d'autres techniques: les punitions avec lui sont totalement inefficaces, mais j'ai découvert qu'étant un petit garçon très autonome, en le responsabilisant ça marchait assez bien... l'humour aussi. Donc j'ai laissé les fessées avec beaucoup de plaisir, et Vincent me respecte non parce qu'il est obligé, mais parce que moi je le respecte, comme un être humain, comme je le ferais avec un adulte, en écoutant ses désirs (ce qui ne veut pas dire qu'il a tout ce qu'il demande), ses peurs (le rôle principal de la maman étant de les rassurer), ses joies et ses peines. Il n'est pas le roi à la maison, il n'y en a d'ailleurs pas, nous sommes une communauté de quatre êtres humains, qui ont leurs règles comme dans n'importe quelle société, leurs devoirs et leurs droits.
Stéphanie, vivant au Chili.
Commentaires
C'est un peu comme cela que nous envisageons l'éducation de notre fille. Jusqu'à maintenant ça marche plutôt bien!
j'ai porté et materné ma fille jusqu'à ses 1ans au moins et je ne la trouve pas + capricieuse qu'une autre au contraire, c'est une petite fille de 19 mois très éveillée, curieuse et épanouie! elle n'est pas du tout sauvage et je suis persuadé que c'est justement grâce à la proximité que j'ai eu avec elle dès la naissance.
je ne l'ai jamais laissé pleurer pour s'endormir et encore aujourd'hui, elle s'endort calement et seule dans son lit!
Oui, nous aussi, nous élevons notre fille de cette façon et, malgré la fatigue que cela peut entraîner, nous nous réjouissons de la voir s'endormir en souriant plutôt qu'en pleurant !