Alexander S. Neill
La Découverte, 2004
13 €
Les enfants de Summerhill Un livre vraiment passionnant, qui dépeint dans sa première partie d’école libre de Summerhill, et dans la seconde, de nombreuses réflexions sur la « pédagogie ».

Summerhill est une école où les enfants sont tout à fait libres : libres d’assister ou non aux cours, libres de leurs propos, libres dans leurs jeux, etc. Et pourtant la plupart de ces enfants ont réussi. Tous ne sont pas devenus ingénieurs ou médecins, car certains pouvaient avoir envie d’être couturiers, la réussite étant celle de l’accomplissement personnel. Quand bien même les élèves n’assistent que peu au cours, ce qui est rare, ils rattrapent en peu de temps leur retard au moment où ils désirent préparer des examens en vue d’un métier désiré. Toute créativité est encouragée, et les enfants ont un droit égal d’autodétermination (il y a une sorte de parlement dans l’école). Ce qui ressort de cette description, c’est que l’enfant, quand on le laisse vivre sa vie, s’épanouit. Il fait preuve de sincérité et d’ouverture d’esprit. Il apprendra bien un jour à lire et à compter, même s’il passe son enfance à jouer. Cela nous questionne bien entendu sur les écoles traditionnelles, mais aussi sur la plupart des écoles différentes. Cela questionne également sur l’école à la maison, car même quand on pratique le unschooling, est-ce que la plupart des parents n’ont pas toujours à l’esprit qu’ils devront apprendre à l’enfant certaines choses ? L’auteur nous met en garde : « À la maison, on force constamment l’enfant à apprendre quelque chose. (…) Chaque fois qu’on montre à Tommy comment marche son train électrique, on lui vole sa joie de vivre – la joie de la découverte -, la joie de vaincre l’obstacle. Bien pis, on l’amène à croire qu’il est inférieur et dépendant d’une aide extérieure. » S’agit-il là d’un exemple extrémiste ? Pour ma part, cela me parle beaucoup en tout cas.

En ce qui concerne la « pédagogie », l’auteur conseille de laisser l’enfant vivre sa vie, afin qu’il devienne un enfant tolérant et pacifique tout à fait capable de s’intégrer quand même à la société telle qu’elle est actuellement... De répondre à ses besoins de tout-petit, de répondre à son besoin d’amour, de le laisser exprimer ses émotions, de lui permettre d’épuiser ses intérêts personnels, en somme d’être de son côté, tout en ne laissant pas nos propres besoins au bord du chemin.

C.P.