Futures mamans sourdes
Par Grandir Autrement le jeudi 20 septembre 2007, 23:41 - Témoignages - Lien permanent
« Ici, à la maternité de l’hôpital de la Pitié, on fait savoir aux patientes sourdes que l’accueil leur est adapté. Ce qui veut dire que l’on s’adapte à leur mode de communication, mais que l’on connaît aussi leur culture, l’un ne va pas sans l’autre. Pour mieux les comprendre, il faut les connaître. Connaître leur histoire, leurs difficultés, leur monde…
Tout d’abord, on prend le temps de les « écouter », car la consultation dure deux fois plus longtemps que pour une entendante. On prend aussi le temps de leur répondre et de leur expliquer les choses. On recommence nos explications d’une autre façon, si elles n’ont pas compris la première fois. On va de suite à l’essentiel. J’essaye d’écrire clairement mes ordonnances sans abréviation et j’explique, ensuite je vérifie qu’elles ont bien compris en leur demandant de répéter. On leur donne des documents de prévention très imagés.
On leur permet d’être autonomes, elles ne sont pas obligées de se faire accompagner d’un membre de la famille pour traduire ce que dit la sage-femme, elles peuvent venir seules en consultation. On leur donne un email, un numéro de portable, un numéro de fax où elles peuvent nous joindre.
Leurs attentes sont proches des autres femmes enceintes, elles veulent comprendre les examens et les bilans qu’on leur propose, savoir si tout se passe bien, si le bébé va bien. Elles sont très à l’écoute de tous les conseils de prévention.
Pour les femmes qui ne lisent pas, elles viennent ici chercher l’information ou bien auprès des femmes sourdes ayant déjà accouché. Pour celles qui lisent, elles achètent les magazines spécialisés ou un livre sur la grossesse, mais elles ont quand même beaucoup de questions à poser pendant les cours de préparation à l’accouchement. On fait passer beaucoup d’informations pendant ces cours.
Ici, on fait le maximum pour qu’elles comprennent ce qui se passe, on les rassure, elles savent qu’elles ont des personnes, des soignants, vers qui aller.
Sophie Serreau, sage-femme à la Pitié-Salpétrière
Commentaires
Cest quand meme mieux que Miss France :)