Par exemple, nous n'avons pas été d'accord sur les punitions, concernant mon aîné. Et nous ne sommes pas d'accord sur la manière de réagir en cas de conflit. Mais je pense que, d'une part, les désaccords peuvent parfois aider à avancer, quand on en discute calmement, et d'autre part, je ne pense pas que cela perturbe les enfants que leurs parents ne soient pas d'accord. Au contraire, quand je faisais semblant d'être d'accord et qu'en réalité je ne l'étais pas, c'est là que mon grand était le plus "ingérable". Les gens ne sont pas tous identiques, même les mamans et les papas. Pourquoi devraient-ils faire semblant de l'être ? Pour montrer une image "positive" du couple à leurs enfants ? Pourquoi ne pas au contraire donner l'exemple en étant sincère, en manifestant ouvertement nos désaccords, même en discutant vivement, dans les limites d'une communication respectueuse de tous ? Cette image me paraît bien plus constructive. Et les enfants s'adaptent, ils peuvent comprendre que papa et maman ont des façons de raisonner et de réagir différentes. »

Carine P., 2 enfants


Nous sommes très heureux d'avoir deux enfants qu'on avait espérés depuis plusieurs années. Comme j'ai mis longtemps à avoir le premier, j'ai voulu profiter du temps avec ma fille donc j'ai pris un congé parental pour être avec elle toute la journée. Puis, nous avons beaucoup réfléchi à avoir un deuxième bébé. Comme nous en avions envie et que je ne voulais pas souffrir avec le même traitement que j’avais eu pour ma fille, nous avons essayé rapidement sans traitement (le gynécologue nous a expliqué que ça pouvait marcher ou pas). Et ça a marché. Au départ, on ne pensait pas que nos enfants seraient sourds puisqu'on était seuls à l’être dans la famille, mais nos enfants sont tous les deux sourds... On est très heureux d'avoir une fille et un fils sourds comme nous. En ce qui concerne l'éducation, on a beaucoup parlé pour se mettre d’accord : leur transmettre en premier la langue des signes et passer à l’oral plus tard. Avant, on sortait très souvent (au cinéma,voir des amis, etc.), mais depuis qu'on a des enfants, on ne va plus au cinéma. Le reste de nos habitudes de couple n’a pas changé.

Nous rencontrons des désaccords au sujet de l'éducation de notre fille. Elle pleure quand son père la gronde et j'ai dit à mon mari que ça ne servait à rien de la gronder et que c’était mieux de lui expliquer calmement les choses. Mon mari me dit qu’il est d’accord pour expliquer une fois, mais qu’ensuite elle recommence à faire des bêtises. Pour le deuxième enfant, il est encore petit.

Je raconte à mon mari la journée des enfants puisqu'il travaille. Quand il rentre a la maison, il s'occupe des enfants, mais ils sont si habitués à moi que, des fois, il les laisse revenir avec moi et on ne peut pas non plus les obliger d'être avec leur père. Il nous est arrivé que je reste a la maison quand un des deux enfants est malade et que mon mari aille chez des amis (pour un anniversaire, etc.). Puis, la fois suivante, c’est moi qui sort et mon mari qui s’occupe des enfants. On n'est pas libres à cause des enfants, mais on arrive bien à gérer la famille (chacun fait ce qu'il veut). Il suffit de se mettre d'accord pour garder les enfants quand il y a une sortie ou une soirée et, parfois, on peut emmener les enfants.

Damaris G., 2 enfants


J'ai 3 enfants : Joséphine, Sasha et Léo. Mon mari s'appelle Vincent. Hier, a justement eu lieu un échange de points de vue qui m'a semblé plutôt constructif. En théorie, mon mari et moi pensons qu'il faut bannir la fessée, les punitions, les récompenses, l'humiliation, le chantage… enfin, toute sorte de mauvais traitements. Pour ce qui est de la pratique, c'est un peu plus compliqué. La fatigue, l'énervement et, bien sûr, l'éducation que nous avons reçue sont autant de facteurs qui jouent en notre défaveur.

Hier donc, je donnais la tétée à Léo et les filles jouaient dehors avec des récipients qu'elles s'amusaient à transvaser, vider, remplir... sous l'œil de leur père qui, du même coup, désherbait le parterre. Tout à coup, j'ai entendu un "Mais, ça va pas non. Vous êtes complètement cinglées !". (Joséphine avait fait pipi dans un pot et sa sœur s'apprêtait à le boire). Bien que ne sachant pas de quoi il était question (ce qui n'aurait de toute façon rien changé à ma réaction), j'ai immédiatement appelé mon mari pour lui dire le fond de ma pensée : il est évident que ce n'était pas Vincent qui parlait à ses filles. J'ai plusieurs fois entendu mon beau-père parler en ces termes à sa femme et je peux supposer qu'il le faisait il y a quelques années avec ses fils. Pour quelqu'un d'extérieur, c'est flagrant.

Évidemment, quand je dis ça à Vincent, sa première réaction est souvent de me dire que ma famille non plus n'est pas un exemple de perfection. Mais hier, je suis allée plus loin.

"Non, c'est vrai, mais moi, je le sais et je ne souhaite pas faire ni dire des choses à mes enfants alors que je m'adresse à mes parents..." (Je viens de lire 2 bouquins d'Alice Miller, ça aide !). J'ai attendu qu'il se calme un peu et je lui ai demandé de faire un point sur sa façon de voir les choses. Nous sommes tombés d'accord sur presque tout, sauf les punitions : Vincent m'a reproché pendant la dispute, quelques minutes plus tôt, de "les laisser tout faire". Il ne semblait pas voir la différence entre "pas de punitions" et "pas de limites". Je lui ai donc clairement demandé s'il avait vraiment l'impression que nos enfants (surtout les filles pour le moment) avaient le droit de tout et ce qu'il entendait par là. Il m'a dit qu'il s'était mal expliqué et qu'il voulait dire qu'elles n'étaient "pas à plaindre". Pas moyen d'en tirer plus. Je lui ai quand même dit qu'elles n'étaient pas à plaindre par rapport à d'autres mais que ce sont les autres enfants (lui ?) qui n'étaient pas traités à leur juste valeur. J'ai ensuite essayé de voir à quel moment elles auraient pu faire des choses qui entrent en désaccord avec ses besoins à lui, mais non, il n'a rien trouvé. Il sait que nous avons fait le bon choix, celui de notre conscience, mais il a du mal à s'expliquer pourquoi il lui semble qu'elles dépassent toujours les limites, alors qu'en fait, nous nous demandons juste si oui ou non, leurs actes entrent en conflit avec nos seuils de tolérance, nos besoins... Je reste persuadée qu'il a cette impression parce que lui, enfant, n'aurait pas pu faire telle ou telle chose parce que "c'est comme ça".

J'ai un autre exemple. Les enfants jouent dehors, en maillot de bain. Nous décidons d'aller rendre visite à ma grand-mère. Nous les prévenons à l'avance : ça, c'est acquis. Mais, au moment M, Joséphine se met à chouïner, puis par lui dire carrément que non, elle n'ira pas s'habiller. Lui prend sa réaction comme une "rébellion" en quelque sorte et comme un manque de respect. Il lui dit que c'est comme ça et qu'elle n'a pas à le contredire. Devant lui, j'attrape ma "rebelle" au passage et lui fais un petit coup d'écoute active : "bah, oui, on s'amuse bien en maillot de bain dans le jardin, et des belles journées comme ça, on en a pas eu beaucoup, alors c'est pas drôle de devoir se rhabiller pour aller voir Mémé ! " La faute réparée et notre fille partie s'habiller, je lui fais son écoute active à lui. "Quand elle te parle de cette façon, tu as l'impression qu'elle ne te respecte pas, ça te rend triste et tu te mets en colère. Tu crois qu'elle ne t'aime pas..." Et c'est seulement quand je vois qu'il se sent compris, que je lui propose d'agir autrement pour une prochaine fois. Finalement, avec Vincent, c'est pas si différent des enfants, il faut lui faire l'écoute-active, les messages-je et recommencer.

Ah, oui, j'utilise aussi (enfin, ce n'est arrivé qu'une fois pour le moment) les résolutions de conflit ; je sers en quelque sorte de médiateur entre les deux parties. J'aimerais beaucoup qu'il lise quelques bouquins, histoire de ne pas avoir à lui faire un briefing des méthodes de communication non-violente, mais il refuse : il n'aime pas lire et il n'a "pas besoin de ça" pour élever ses enfants (non, il a juste besoin que je les lui résume !).

Émilie T., 3 enfants


Je m'appelle Mandy et j'ai une fille, Célia. Mon mari est très influençable, et a tendance à croire que la majorité a forcément raison.

Quand notre fille est née, j'ai tout de suite ressenti ce besoin de proximité, de "maternage". Philippe était très heureux de cette complicité. Il adorait se réveiller et sentir la chaleur de sa fille tout près de lui. Il accourait dans la chambre dès qu'il entendait des pleurs... enfin nous étions sur la même longueur d'ondes, jusqu'au jour où il a commencé à avoir des commentaires du style : "Quoi elle dort avec vous ? Ben vous n’allez jamais vous en sortir, un bébé doit dormir dans sa chambre !" ou encore : "Tu sais, tu devrais lui dire de ne pas trop la porter comme ça, parce qu'elle va s'habituer", sans parler des "Il faut laisser les bébés pleurer, c'est comme ça qu'ils apprennent à s'endormir tout seuls". Et tellement d'autres encore... Enfin, pour lui, si tout le monde dit ça, c'est qu'ils disent vrai. Alors, au début, il a tenté de me faire culpabiliser en me disant que si ma fille était mal élevée, ça serait de ma faute parce que je lui donnais de mauvaises habitudes. Que si tout le monde dit pareil c'est qu'il y a une raison... et c'est que nous faisons n'importe quoi.

Je suis partie "au combat", parce que, pour moi, il fallait absolument que nous soyons en harmonie pour bien élever notre fille, je ne voulais pas de conflit. Alors je lui ai fait lire un tas de témoignages et d'articles sur le sujet du maternage (par exemple Élever son enfant autrement, que je ne me lasse pas de lire et relire !). Ça a été très difficile de lui faire comprendre qu'il ne fallait surtout pas culpabiliser de faire autrement que les autres, mais j'ai à peu près réussi. Aujourd'hui, Célia a 13 mois. Il arrive encore à son papa d'essayer de me faire culpabiliser, mais il sait maintenant qu'il n'y arrivera pas ! Finalement, je pense qu'il a décidé de me laisser faire à ma façon, mais qu'il n'assume pas encore totalement nos "différences". Je suis sûre que, si il connaissait une autre famille "maternante", ça serait beaucoup plus facile pour lui.

Mandy T., 1 enfant


Nous n'avons jamais été ni "pour" ni "contre" le cododo, au contraire, pratiqué, mais très peu, avec notre fille qui a 4 ans maintenant. Mais du coup elle a fait ses nuits d'une traite dans son lit à à peine un mois. Donc, ayant ce schéma en tête, nous avons un peu pratiqué la même chose avec Justin, qui a maintenant presque 6 mois. Excepté les premières semaines, où il dormait (beaucoup !) dans notre lit, un peu dans sa nacelle au pied de notre lit (lorsque je n'étais pas rendormie après l'une des innombrables tétées de nuit... pour le confort de tout le monde, c'est très bien d'avoir le sein "tout prêt" au nez du bébé et au moins je me reposais vraiment beaucoup.

Pour ma fille, il m'arrivait aussi d'aller dormir dans un autre lit (au salon) avec elle, mais là c'était surtout pour un raison de confort, avec la canicule de l'été 2003, nous avions moins chaud à nous deux dans le salon en laissant papa tout seul... Par contre, nous avons changé de logement et devons donc revoir nos "habitudes"... C’est tout petit, il n’y a pas d'autre grand lit ailleurs, bébé et la grande sœur sont dans la même chambre, et même dans notre chambre, trop petite, nous ne pourrions installer un lit en side-bed.

Donc après quelques temps, nous avons commencé à faire dormir notre bébé en début de nuit dans son lit, avec sa sœur, juste à côté de notre chambre. Au premier réveil, il nous rejoignait dans notre lit. Il a même commencé à dormir tard dans la nuit parfois, vers les 3/4/5 heures du matin. Et puis, depuis que Justin a déclaré de l'eczéma, à l'aube de ses 3 mois, c'est la débandade... voilà pourquoi je parle un peu de "mal à mon couple" parce que nous devons composer maintenant avec un bébé dans notre lit chaque nuit... Nous préférons de loin l'avoir avec nous, parce que ses souffrances (démangeaisons) sont parfois énormes, et que nous n'envisageons pas de le laisser souffrir seul. Qu’il dorme auprès de moi me permet de contenir ses mains, afin qu'il ne se gratte pas trop et ne se réveille en sang et en souffrant...

Maintenant, même les débuts de nuit sont chaotiques ; nous essayons de l'endormir dans son lit dans la mesure du possible, mais cela va d'un ¼ d'heure à 1h30, maximum ! Du coup, maintenant il dort vraiment toujours avec nous, côté mur (je suis entre lui et mon mari).

Alors, voilà, je me sens un peu partagée entre mon envie de soutenir mon enfant dans sa maladie, lui montrer que nous sommes là, etc. et mon envie de retrouver mon mari. "Techniquement", nous avons des choses à apprendre ! Il nous faudrait nous "exiler" après son endormissement dans le salon. C'est un peu du cododo à contrecœur, mais son bien-être passe avant tout, et même nous dormons mieux plutôt que de tenter bercements, pose du bébé dans son lit, réveils dus au grattage, toutes les heures de la nuit ! C'est tout de même un fonctionnement qui implique toute notre famille, une nouvelle façon de fonctionner même, dirais-je. Après le début de notre vie en tant que famille, tout est mouvement, il faut savoir s'adapter !

Par contre, j'ai toujours eu du mal, symboliquement, à laisser dormir mon fils entre moi et mon mari - voilà pourquoi maintenant que mon allaitement est bien en place, j'aime le laisser dormir d'un seul côté, entre moi et le mur.

Marie-Hélène J., 2 enfants


Je suis la maman de 3 enfants (Esther 4 ans, Jean et Maguelone 18 mois) et je fais partie de ce qu'on appelle les mamans maternantes. J'ai beaucoup porté l'aînée en écharpe, je l'ai allaitée pendant 23 mois et mes jumeaux sont aussi allaités et portés, en couches lavables et nous faisons du cododo.

Si mon compagnon a implicitement approuvé ma façon de faire avec nos enfants, il ne souffre pas moins de la situation qui pour lui s'éternise. Materner est une belle aventure, mais avec des enfants rapprochés, ce n'est pas toujours facile pour le couple. Il est vrai que l'arrivée de jumeaux demande plus de disponibilité encore dans le maternage que pour un singleton. D'abord, l'allaitement qui dure. Lorsque j'ai sevré mes petits la nuit à 14 mois, j'ai eu le sentiment de me retrouver, de retrouver mon corps et d'être de nouveau disponible pour mon compagnon, ma libido étant complètement en berne en allaitant 2 enfants. C'est moi qui endort mon fils, et selon les soirs cela dure entre 15 mn et plus d'une heure. Sa soeur jumelle s'endort seule, elle ne supporte pas d'être dans la même pièce que quelqu'un d'autre pour trouver son sommeil.

Je ne dors pas avec mon compagnon, il se couche dans un lit de la chambre où dort Maguelone et je dors avec les deux autres. Nous avons un matelas dans une autre pièce, où nous pouvons nous retrouver lorsque les enfants sont couchés : nous avons déplacé notre lieu d'intimité.

Je ne regrette pas ce choix de maternage qui s'est imposé à moi naturellement. Je veux dire que ce n'est pas réfléchi, ça m'est venu comme une évidence. Cependant je me rends compte que mon compagnon en souffre et notre couple aussi. Difficile d'être disponible pour lui quand j'ai passé la journée à répondre aux besoins de mes enfants (je suis en congé parental), quand je les ai allaités plusieurs fois chacun (au minimum 8 tétées régulières par jour), que je les ai portés, câlinés, consolés. Je suis tellement en connexion avec mes enfants que j'ai du mal à les laisser. Il m'est difficile de prendre la décision de les faire garder une journée pour la passer avec mon homme. C'est sans doute mon histoire personnelle qui se joue là. Je pense que je ne donne pas assez de place à mon compagnon avec les enfants. Par exemple, il a du mal à reconnaître la signification des pleurs des petits et du coup je les prends en charge alors qu'il est là.

Mon absence totale de libido a entraîné une raréfaction de nos rapports sexuels et mon compagnon en a beaucoup souffert, se sentant abandonné et mal-aimé. Avec beaucoup de frustrations, le quotidien devenait lourd parfois, les échanges difficiles. Il faut dire que depuis la naissance d'Esther, il n'y a pas eu de pause : je suis tombée enceinte alors que je l'allaitais toujours et depuis j'allaite ses frère et soeur. Cela commence à faire long pour lui. Depuis 4 ans, je n'ai pas retrouvé mon corps de femme. Il me dit que j'ai le corps d'une mère (hanches et seins lourds) et qu'il aurait besoin de retrouver la femme qu'il a connue.

Je ne désire cependant pas cesser d'allaiter. Peut-être faudrait-il que j'envisage de réduire le nombre de tétées et de perdre quelques kilos pour retrouver mon corps de femme... Je comprends la demande de mon compagnon, mais je trouve qu'une fois de plus, en tant que femme, je suis dans l'obligation d'assumer beaucoup de choses : être mère et femme est pour moi difficile.

Le maternage est une belle aventure. Je constate cependant autour de moi que si l'arrivée d'un enfant déstabilise le couple, le maternage intensif demande beaucoup d'abnégation de la part du père et des bases solides d'amour, de tolérance et de compréhension entre les parents. et ce n'est pas toujours facile.

Marion G., 3 enfants


Nos points de désaccord sont par, exemple, le fait que j’explique tout à Pablo (un an et demi) : pourquoi je fais ceci et pourquoi je lui interdis une chose qui est dangereuse pour lui (sauf quand c’est dans l’immédiat et qu’il n’y a pas le temps d’expliquer le danger).

Mon mari s’y oppose. Ses objections viennent de l’exemple qu’il a eu de ses parents et, surtout, du fait qu’il est instituteur et qu’il en tire parfois des fois des idées préconçues.

À la naissance de Pablo, j’imposais un peu les choix de maternage : allaitement, portage… Au début, cela ne lui convenait pas, car il trouvait que ça lui donnait un look un peu "bobo". Pour l’allaitement, dont les débuts ne se sont pas bien passés, ça a été dur : mon mari voyait Pablo souffrir, alors il ne me soutenait pas pour relancer l’allaitement et faire une relactation. Le cododo, au début, l’inquiétait : il avait peur d’écraser Pablo et croyait qu’il n’allait pas bien dormir. Finalement, il adhère à fond et il dit que cette histoire que les enfants dorment dans leur chambre de petit est une bêtise. Surtout qu’il voit bien que Pablo est très indépendant et autonome.

Des fois, ça nous mène à des disputes, ce qui n’est pas bien. Mais, en général, je ne dis rien et je lui fais lire des choses sur le maternage ou je lui donne des exemples. Au début, c’était très difficile, car il pensait qu’il ne pouvait pas participer. Maintenant qu’il a compris, c’est plus facile : on se respecte et on essaye de composer. Surtout il a compris qu’en maternant l’enfant, celui-ci est plus sûr de lui et a confiance en ses parents. Je reste encore beaucoup sur mes positions, mais je essaye de plus en plus de trouver des compromis.

Vanessa P., 1 enfant


Alors que nous avons très vite eu envie d'enfants, nous n'avions pas spécialement parlé d'éducation et même si nous en avions parlé, je pense que cela serait resté très abstrait. En plus, peu de nos amis avaient déjà des enfants, et ils les faisaient garder quand on se voyait.

Nos désaccords concernant l'éducation étaient nombreux, mais cela s'est amélioré avec le temps. Sur un sujet qui me tenait très à coeur, ne jamais frapper notre enfant, nous avons mis des mois à nous accorder, heureusement que la discussion a commencé dès la naissance, bien avant que la question ne puisse se poser. J'ai d'abord été marquée par certaines lectures (Alice Miller, puis Olivier Maurel), j'en ai fait partager certaines à mon mari, d'abord très sceptique, puis nous avons parlé, parlé, parlé. Il a vraiment changé d'avis depuis.

Sur le sujet des pleurs des bébés, je ne pouvais viscéralement pas laisser pleurer notre enfant. Mon mari était plutôt pour. Nous n'avons pas réussi à nous mettre d'accord réellement à l'époque, mais maintenant, quand il entend un tout petit pleurer, il ne supporte plus, et ne se reconnaît plus du tout dans toutes les théories sur la manipulation supposée du nouveau-né.

Sur un autre sujet, le cododo, nous avions peu d'idées, et nous avons fait au jour le jour. C'était contre ses principes, mais il a très vite trouvé cela très agréable et naturel.

Comme nous n'avions pas d'idées très fixes au départ, en tout cas pas consciemment, beaucoup de choses se sont jouées au jour le jour, dans la relation avec notre enfant. Il me devenait impossible de ne pas materner, et mon mari m'objectait les schémas classiques d'éducation qu'il avait emmagasinés. Les ajustements se sont fait progressivement, de longues discussions, des engueulades sérieuses aussi, car ce sont des sujets qui nous touchent au plus profond. Au final, après bien 18 mois difficiles, cela nous a plutôt rapprochés d'arriver à surmonter de grands désaccords.

Lydia R.


« Je suis en couple depuis 7 ans et mariée depuis 3 ans. Nous avons un fils de 8 mois et demi, né le 25/12/2006, et nous ne sommes absolument pas d'accord sur plein de choses avec mon mari.

J'allaite toujours mon fils et mon mari n'est pas d'accord. J'ai choisi un médecin homéopathe, ça ne convient pas à mon mari. J'ai prolongé mon congé parental pour m'occuper de mon fils jusqu'à ses 14 mois et c'est aussi une source de conflit. Quand j'arrange la maison pour les « premiers pas » de notre fils, mon mari dit qu'il se croirait chez « Alice au pays des merveilles »…

Bref, mon mari me reproche de trop materner et ça nous pose beaucoup de soucis. Lorsqu'on se projette dans l'avenir, je suis pour une éducation non-violente et mon mari, comme lui a été tapé, se voit aussi taper son fils car c'est normal pour lui. Nous voyons un psychologue pour essayer de trouver des compromis et devons aussi voir une pédopsychiatre, à suivre… »

Audrey P., un enfant