Pendant 9 jours, j’ai donc réussi à tirer mon lait environ 4 à 5 fois par jour, mais les médecins m’ont dit que je serais trois semaines sous antibiotiques à mon retour à la maison donc, après toutes les larmes que j’ai pu verser, je me suis décidée à tout laisser tomber. Et ma santé faisait que je n’avais même plus la force de tirer mon lait, étant alitée et faible.

Seulement, trois jours avant de sortir, je suis tombée sur une rediffusion de l’émission de France 5 « les Maternelles », le thème étant « sein ou biberon ? » et, après près d’une semaine de « sevrage », j’ai fondu en larmes et je me suis dit qu’il était impossible d’en rester là. D’autant que, finalement, je n’allais pas avoir d’antibiotiques à mon retour !

J’ai donc recommencé à tirer mon lait mais la récolte était plus que minable. Je ne me suis pas découragée et j’ai pris toutes les dispositions possibles : j’ai appelé la consultante en lactation de l’hôpital, une association de soutien à l’allaitement, la PMI, une sage-femme et la pharmacie pour louer un tire-lait dès mon retour. J’ai aussi passé commande d’un DAL de chez Medela (dispositif d’aide à la lactation).

Ma motivation était ferme et j’espérais que ma puce, après tous ces efforts, voudrait bien reprendre le sein ! Mon mari me soutenait, sachant combien cet allaitement comptait pour moi et combien je vivais mal ce sevrage si brutal, d’autant plus que c’est lui qui a dû s’occuper de nourrir ma puce au biberon tout ce temps et Dieu sait combien elle a fait de la résistance : cela a été cris et hurlements à chaque repas pendant près d’une semaine !

Dès que j’ai eu le feu vert des médecins, c’est à dire deux jours après mon retour à la maison, j’ai mis ma fille au sein. Aucun souci de retrouvailles ! Elle a très bien tété tout de suite. Seulement, à part trois gouttes, elle n’avait rien à boire ! Donc je la laissais quelques minutes seulement à chaque sein puis je donnais un biberon de lait artificiel, la boule dans le ventre et la larme à l’œil ! Elle a même dû finir par le sentir car elle a vite boudé les biberons et il devenait à nouveau difficile de les lui donner.

J’ai aussi tenté le DAL mais j’ai trouvé cela assez contraignant car, au bout du compte, ma fille n’arrivait pas à boire grand chose et finissait par boire un biberon entier.

J’ai aussi pris le temps de « tirer » mon lait entre chaque mini-tétée, et quand je dis tirer, je parler plutôt de « stimuler » car je ne récoltais que 10 ml de lait en 20 minutes.

Mais j’ai fini par avoir un peu plus de lait chaque jour, au sein et au tire-lait. Au bout d’une semaine je tirais 40 ml, et au bout de deux semaines 70 ml ! J’ai aussi très vite pu assurer les tétées de nuit, ma fille ne buvant pas beaucoup et se rendormant assez vite au sein.

Quel bonheur de sentir à nouveau les montées de lait, d’entendre ce petit bruit de succion et de déglutition des bébés ! Et de voir ma petite faire des pauses pendant les tétées pour me sourire en ayant l’air de me dire « merci Maman, je vais bien ! ».

Voilà, près d’un mois après mon retour, je suis une heureuse maman allaitant à nouveau à 100 % ma puce de bientôt 4 mois. Je suis fière d’avoir tenu le coup car les débuts furent malgré tout très difficiles et j’ai bien failli renoncer plusieurs fois (je dis encore merci à mon mari de m’avoir si bien soutenue !).

Je suis contente d’avoir eu auparavant une expérience d’allaitement de près de six mois et d’avoir passé autant de temps sur un forum d’allaitement car d’être aussi bien informée m’a bien aidé à ne pas commettre d’erreurs et à mettre toutes les chances de mon côté car, mine de rien, beaucoup d’allaitements sont aujourd’hui encore compromis par de mauvais conseils prodigués par certains professionnels de santé… et lorsque aujourd’hui je parle de ma relactation, j’entends encore des gens me dire « ah bon ? Je ne savais pas que c’était possible ! ».

Juliette, maman de Garance, 4 mois, allaitée exclusivement.