Nous sommes donc allés chez un premier dentiste, un ami, mais qui est à 150 km de chez nous. Pour une première visite je voulais quelqu’un de confiance... Il m'a de suite dit que ce n'était pas un syndrome du biberon et qu'il fallait surveiller l'évolution, mais qu'à 18 mois, elle était trop petite pour qu'il intervienne sur elle sans la traumatiser. Pour lui, si l'effritement continuait, il faudrait consulter à nouveau.

Et ça a continué. Un jour, du pus est sorti d'une de ses gencives, les dents étant réduites à l'état de racines, et complètement nécrosées. Je suis allée chez un dentiste près de chez moi, une femme. Celle-ci, apparemment sûre de détenir la vérité en matière d'allaitement, m'a laissé entendre que j'étais responsable de ça à vouloir à tout prix nourrir la nuit une "grande" de son âge... Ma fille avait un abcès, et il a fallu me résoudre à lui donner des antibiotiques et à prendre rendez-vous avec le centre de pédodontie de l'hôpital civil de Strasbourg. Là-bas aussi, on n'a pas été pris au sérieux, c'était toujours la faute de mon allaitement, quand bien même ma fille était diversifiée, et les symptômes étant plus ceux d'une dysplasie que ceux d'un syndrome du biberon.... De plus, au moment où l'abcès est apparu, ma fille était sevrée la nuit. Nous étions en février 2007, ma fille avait 2 ans et 8 mois. Le pus dans la gencive indiquait une infection pouvant être néfaste aux dents définitives, la seule solution était donc l'extraction. J'ai insisté pour garder ma fille sur moi pendant le soin. Si ça n'avait pas été fait, j'aurais demandé une anesthésie locale avec un gel avant de piquer pour l'anesthésie. C'est l'anesthésie qui a duré le plus longtemps... Cinq bonnes minutes, c'est long mine de rien... Ensuite, les extractions en elles-mêmes ont été rapides : quelques secondes seulement. J'avais jugé utile de faire prendre à ma fille un traitement homéopathique avant l'intervention pour la préparer à bien cicatriser et pour calmer la douleur au réveil. Ça a été efficace, ainsi qu'un traitement pour drainer et des fleurs de Bach (Rescue en l'occurrence) pour elle et pour moi. Sur les quatre dents touchées, seules trois ont été extraites. La dernière, ne s'étant pas franchement abîmée, semblait encore saine.

Aujourd'hui, ça fait un an que l'intervention a eu lieu. La quatrième dent est très fragile, elle en a récemment perdu un bout en chutant... Toutefois, elle ne souffre pas. Je laisse donc, en espérant qu'elle tombe naturellement et que cette histoire appartiendra définitivement au passé. Le problème s'est toujours limité à ces quatre dents (ce qui ne fait que confirmer le diagnostic de dysplasie et non pas du syndrome du biberon..) et donc, depuis, nous n'avons plus eu de soucis ailleurs. Mis à part une phobie du dentiste qu'il va falloir accompagner... »

Ludiwine L.C., 3 enfants


"Mon deuxième enfant a sorti ses premières dents à cinq mois, sans aucune douleur. Malheureusement, très vite, je me suis aperçue que le bas des dents du haut de mon fils commençait à se "désagréger" : l'émail partait. J'ai consulté un dentiste qui m'a dit qu'on ne pouvait rien y faire. Peu à peu, ses dents sont devenues marron, voire noires, et étaient de plus en plus "rongées". En plus, ça le faisait souffrir de plus en plus souvent, jusqu'à ce qu'il fasse un abcès, peu après ses deux ans. Là, le dentiste a été obligé de lui arracher les quatre dents de devant (en haut) tout d'un coup car, de toute façon, il ne restait quasiment rien de ces dents et elles étaient complètement pourries. Dernièrement, il vient de refaire deux abcès en même temps et le dentiste vient de lui arracher encore trois dents. Il ne lui en reste plus que trois en haut, et encore, le dentiste a laissé une canine vraiment pas belle, parce qu'on s'est dit que quelques mois de gagnés seraient mieux que rien... Heureusement que les petits s'adaptent bien et qu'ils arrivent quand même à se débrouiller malgré certains "handicaps" de ce genre ! Mon cœur de maman est quand même soulagé parce que ces séances chez le dentiste ne sont pas faciles à vivre mais, étrangement, mon tout-petit est très calme chez le dentiste, comme s'il comprenait que c’est un moindre mal pour ne plus souffrir..."

Carine P., 3 enfants


« Je suis maman d'une petite fille de presque deux ans et demi, toujours allaitée, victime de ce problème dentaire. Selon moi, ses dents s'effritent par plaques ; mais selon le pédodentiste il s'agit de caries du biberon. « On n’allaite plus au delà d’un an, madame ! » On m'affirme que cela n'a rien à voir avec la dysplasie dentaire, mais je doute... »

Caroline S.F., 1 enfant


« Je me suis rendu compte du problème quand les dents de ma plus jeune fille sont devenues jaunes. J’ai consulté un dentiste qui m’a dit d’aller voir un spécialiste. Un autre dentiste parlait d’équilibre dans la bouche, concept qui me parlait. C’était l’idée que les bactéries sont toujours présentes et pas nocives en soi, mais qu’un déséquilibre peut créer les conditions d’apparition des caries. Il a alors cherché les raisons expliquant un tel déséquilibre : « Vous n’êtes pas en train de vous séparer ? L’enfant est-il entré en crèche ? Y a-t-il eu des maladies ou un déménagement ? », puis des questions plus orientées du type : « Où dort-elle ? Est-ce qu’elle dort avec vous ? » J’ai menti, bien sûr, je n’allais pas lui permettre d’attribuer la dysplasie de l’émail au sommeil partagé !

Finalement, nous n’avons rien fait à ce jour car elle n’a jamais dit que ça lui faisait mal. On l’a cru, parfois, mais c’était des aphtes. Elle mange sur le côté. Maintenant que trois de ses dents sont toutes noires, j’ai l’impression que ça n’évolue plus.

Les trois dentistes consultés m'ont bien sûr dit de brosser les dents, ce qu'on a fait un peu, mais pas beaucoup et presque plus à présent. J'essaie plutôt d'éviter le sucré, notamment le soir. Elle tête toujours la nuit, notamment quand elle a eu un gros épisode de fièvre un peu avant ses trois ans. »

Claudia R., 3 enfants


« L'émail des quatre incisives supérieures de Adam a commencé à s'effriter lorsqu'il a eu environ dix mois. Au début, je ne me suis pas trop inquiétée car je connaissais plusieurs personnes dont l'enfant avait le même "problème", et ceci sans conséquences dramatiques pendant plusieurs années. J'ai même pu mettre un nom sur ce "problème" lorsque j'ai entendu pour la première fois parler de dysplasie de l'émail. J'étais convaincue qu'il ne s'agissait pas de caries car Adam avait été quasi-exclusivement allaité jusqu'à cet âge-là (il avait justement commencé à manger de plus en plus de solides lors de notre voyage à cette époque-là ; c'est d'ailleurs aussi à ce moment-là qu'il a commencé à boire du lait de vache en petites quantités et que son eczéma est apparu) et je restais convaincue qu'il n'y avait pas d'effet "syndrome du biberon" avec l'allaitement (je le suis toujours d'ailleurs !).

Cependant, de véritables caries sur les molaires ont commencé à apparaître dans le courant de l'été donc vers 13-14 mois. Et elles se sont développées à une vitesse fulgurante... sur les incisives !

Le temps que je trouve un pédodentiste (car le premier dentiste que j'avais vu avait refusé de soigner un enfant de deux ans et demi), les incisives du haut ont commencé à se casser. La pédodentiste a pu soigner sans difficultés et sans douleurs pour Adam (qui n'a pas bronché une seule fois) les caries des molaires qui n'étaient pas si profondes que ça. Par contre, trois des incisives supérieures étant totalement ravagées, elle a dû les extraire et ça, c'était moins chouette. Une seule a pu être soignée.

Il faut donc, selon, moi être très méfiant et vigilant en cas de dysplasie de l'émail car cela rend les dents très vulnérables aux bactéries et au sucre (l'un allant avec l'autre puisque les bactéries sont sucrivores). Je regrette amèrement de ne pas être allée immédiatement chez un dentiste pour soigner ces "écorchures" de l'émail (en posant un pansement par exemple) ; cela aurait permis de "temporiser" le problème. Au lieu de cela, Adam va devoir porter un petit appareil fixé sur ses molaires du fond jusqu'à l'âge de l'apparition des dents définitives, c'est-à-dire 6-7 ans, sans quoi il pourrait avoir des difficultés pour prononcer les dentales et croquer des pommes. Je me suis sentie stupide, entêtée et négligente et je ne referai pas la même erreur. »

Dali M., 3 enfants