Avez-vous envie de conseiller d’autres techniques ? Peut-être d’en déconseiller certaines ?

En conseiller d'autres ? Oui, pourquoi pas, mais toujours devant/derrière ou hanche/dos éventuellement... Pour ma part, le double hanche me paraît bien pour les photos mais pas dans la vie de tous les jours, ou à bras, mais pas sur un portage intensif. J'utilise le dos avec écharpe et Tonga® devant ou hanche (pratique pour la place et le Tonga toujours autour de l'épaule). Par contre, avec un sling, je trouve ça moins simple, à cause de la zone d’appui du tissu sur l'épaule. Après, on peut imaginer toutes sortes d'assemblements avec différents porte-bébés. Pour ma part, j'utilise le plus souvent l'écharpe et un peu le Tonga. Sinon, les bras et les épaules.

Avez-vous partagé le portage de vos enfants avec leur papa ou d’autres personnes de l’entourage (personnes de passage) ?

Oui, leur père, de temps en temps, mais ça ne l'a jamais vraiment branché et c'est moi qui lui nouais la ou les écharpes. J'aurais tellement aimé qu'il porte plus souvent : on en aurait eu un chacun. C'est quand même plus simple. Il le faisait quand on allait se balader et que je refusais la poussette parce que ça m'encombrait. Aujourd'hui on est séparé et il ne porte pas du tout et utilise systématiquement une poussette double. Mes petits ont 27 mois, jamais de poussette pour moi... et du portage, oui, encore, mais plus à la maison pour le câlin ou pour les trop grosses virées. Sinon, ils marchent très bien. L'idée qui veut que si je les porte, les enfants ne marcheront jamais, est fausse ! Ils font des kilomètres et des kilomètres et ce sont eux qui me demandent d'aller à pied et de ne pas prendre la voiture.

Avez-vous eu recours à une poussette aussi ?

Oui, j’ai utilisé la poussette quand je ne portais pas en écharpe, c'est à dire les trois premiers mois. Durant cette période, on les portait en porte-câLLLin pour faire les courses et je les portais à la maison. L'écharpe fut une révolution. Plus de poussette ou extrêmement rarement. J'utilise la poussette quand, dans le cadre de mes activités professionnelles, je garde trois, voire quatre enfants : l’un marche, un ou deux vont dans la poussette et j’en porte un ou deux sur moi. Parfois, aucun ne va dans la poussette, deux marchent mais la poussette peut être utile en cas de chute ou de fatigue : ne peux pas porter 4 enfants. J’ai pratiqué le duo poussette simple/portage vers les 18 mois de mes fils, quand ils sont devenus lourds, pour de grandes virées. Ainsi, j'avais de quoi prendre quelques affaires en plus dans la poussette. Je préférais porter mes enfants plutôt que les affaires de mes enfants. La solution de la valise roulante me permettait de porter mes enfants en écharpe tandis que je tirais la valise à roulettes sans m'encombrer d’une poussette lourde et volumineuse.

Une mère m'avait parlé du fait qu'elle passait pour un phénomène de foire avec sa poussette pour jumeaux et ses filles dedans. Les gens touchaient les bébés sans prévenir. Quand elle a découvert l'option portage + poussette canne très légère, elle a retrouvé l'anonymat et les déplacements autonomes.

D'accord aussi : les gens se rendent moins compte que ce sont des jumeaux et sont moins tentés de les comparer et de nous sortir tous les clichés sur les jumeaux qu'ont entend 3 fois par jour!

N'êtes-vous pas parfois en souffrance entre le désir de répondre à leurs demandes à tous les deux tout en ayant parfois besoin de souffler ?

Je pense que c'est toujours plus simple de connaître le portage avant l'arrivée du deuxième (ou du 3ème, dans le cas de jumeaux qui suivent un aîné). Avec les enfants que je garde, je ne me suis jamais sentie débordé "matériellement" parlant... En revanche, on ne s'arrête pas : quand on a répondu à la demande de l'un, l’autre nous appelle.

Marion G., maman de trois enfants :

Je suis maman de trois enfants, dont des jumeaux de 2 ans 4 mois maintenant. Je les ai portés tous les deux avec deux écharpes, un devant, un derrière. Mais j'ai surtout mis à contribution les personnes de passage pour porter un des enfants. J'ai aussi beaucoup porté un dans le dos et un à bras. Et lorsqu’ils on eu 1 an, nous avons pas mal pratiqué le portage, un enfant dans le dos et un dans une poussette canne.

Quels nœuds associez-vous pour ce portage un devant-un derrière? Avez-vous plusieurs options en fonction des circonstances ou avez-vous sélectionné une association que vous avez conservée parce que vous la préfériez aux autres ?

J'ai toujours associé le croisé (ou double croisé) devant et le kangourou (ou sac à dos) derrière, parce que c'est ce que j'ai eu l'occasion d'apprendre auprès d'autres animatrices du réseau LANA, dont je fais partie. Je n'ai rien expérimenté d'autre. Et je n'ai pas essayé la position des deux bébés devant. J'étais un peu craintive, ils étaient de petits poids. Mais j'ai surtout mis à contribution les personnes de passage pour porter un des enfants.

Le papa s'occupait essentiellement de notre aînée. Il a peu porté, seulement lorsque c'était vraiment nécessaire, lorsque nous sortions en soirée chez des amis par exemple, ou lorsqu'ils étaient tout petits. Sinon, j'ai mis à contribution toute personne qui venait nous rendre visite, préférant que mes enfants soient portés par quelqu'un d'autre plutôt qu’ils restent dans la poussette. Les porter tous les deux convenait au début, pour les balades, mais il est vrai que c'était un peu lourd, d'autant qu'Adèle (ma première fille) était petite et qu'il fallait être réactif sur la route. Des amis venaient à la maison avec leurs ados et les filles avaient très envie de porter un enfant.

Avez-vous porté votre aînée ?

Oui, j'ai porté Adèle dès la naissance. La différence fondamentale, entre le portage d'un enfant et le portage de deux, c'est que pour un, il n'est pas besoin de choisir. L'enfant a besoin ou l’on a envie. Il n’y a pas de question à se poser : on porte. Quand ils sont deux, il faut évaluer lequel a le plus besoin d’être porté et je vous avoue que c'est un crève-cœur à chaque fois, encore maintenant. Parfois il m'est arrivé de ne pas les porter ni l'un ni l'autre, parce que c'était trop dur de choisir. Je préférais alors arrêter tout ce que j'avais entrepris pour aller dans une chambre et m'allonger avec eux. J'ai beaucoup porté un dans le dos et un à bras. En général, une fois qu'ils sont devenus trop lourds pour que je les porte en même temps, je mettais le plus lourd dans le dos et le moins lourd dans les bras. Cette technique permet de poser celui qui est dans les bras de temps en temps, même quelques minutes, pour des gestes qui stimulent beaucoup le dos. À un moment donné, je trouvais presque plus agréable de porter Solal dans le dos (il est le plus léger pourtant) et Elisèle contre moi, simplement assise sur le nœud de l’écharpe de Solal. Souvent, elle se calait contre moi, sa tête fourrée dans mon cou, contre mon épaule. Et je trouvais le poids mieux réparti que lorsqu'elle était dans une écharpe devant. De plus, ça me libérait plus les mains pour faire autre chose (essentiellement m'occuper d'Adèle, mon aînée).

J'aimais bien ces moments, car Elisèle faisait corps avec moi, elle était active dans le portage. Elle était tellement collée contre moi et imbriquée avec sa tête contre mon cou et mon épaule, que j'avais la sensation de ne pas avoir vraiment à la soutenir. Cette situation arrive encore parfois.

Je ne me suis jamais vraiment baladée avec la poussette double. En fait, elle nous a servi l'été lorsque Solal et Elisèle avaient 6 mois, ne tenaient pas assis et que nous mangions dehors. Nous voulions qu'ils soient à notre hauteur, alors nous les installions dans cette poussette. Je suis toujours passée incognito avec un bébé dans le dos et l'autre dans une poussette. Il m'a semblé que personne de remarquait que j'avais des jumeaux. Je pensais que ce serait le contraire, car une de mes amies, qui a des jumeaux un peu plus âgés que les nôtres, se plaignait que les gens viennent les toucher, alors qu'elle les portait aussi en écharpe avec son mari. Mais là aussi c'était toujours un choix à faire, lequel prendre contre soi et lequel éloigner de soi. Vraiment un dilemme à chaque fois. Le "chacun son tour" était parfois la solution, mais ça ne rime à rien, en fait. C'est toujours injuste et douloureux.

N'êtes-vous pas parfois en souffrance entre le désir de répondre à leurs demandes à tous les deux + de votre aînée tout en ayant parfois besoin de souffler ?

J'ai le souvenir d'une grande souffrance à la naissance des jumeaux. Adèle avait 2 ans et 4 mois, et à la maternité, elle m'a dit (elle parlait alors couramment) : "Maman, quand tu rentres à la maison, les bébés ils retournent dans ton ventre". Le retour a été vraiment traumatisant pour elle, et douloureux pour moi. Elle ne voulait dormir que sur moi, pas à côté, pas dans la même chambre, mais sur mon corps, ce qui n'était pas possible. Et elle hurlait. C'est mon compagnon qui l'a prise avec lui dans une autre chambre, dans son lit. Il est allé dormir avec elle et je l'entendais qui pleurait, qui m'appelait et je pleurais dans la chambre, mes deux nourrissons en train de téter, ayant la certitude qu'elle souffrait vraiment et que je n'y pouvais rien. Cela a duré peut-être trois semaines, jusqu'à ce qu'elle renonce. Ma pauvre petite fille s'est retrouvée d'un jour à l'autre éjectée de sa maman. Je suis passée en mode survie pendant les premiers mois, Solal et Elisèle tétaient très souvent, surtout la nuit. J'étais harassée et complètement incapable de m'occuper de mon aînée le soir. Il m'est parfois arrivée de maudire le sort qui m'avait donné des jumeaux. J'avais le sentiment qu'ils me coupaient de ma fille, mais que j'étais impuissante. Mon instinct de mère me faisait devenir louve. Il fallait que je m'occupe d'eux en priorité. Ils pesaient à peine plus de deux kilos lorsque nous sommes rentrés de la maternité. Encore aujourd'hui, ils ont vraiment besoin de moi, d'être contre moi, d'être portés, de téter. Ils prennent beaucoup de place et j'arrive à aménager du temps pour Adèle quand même, mais pas assez. Alors la nuit, c'est contre elle que je préfère dormir. Je me dis qu'à défaut d'être disponible pour elle le jour, je le suis la nuit et qu'elle doit le sentir.

Faites-vous des séances pour parents et futurs parents de jumeaux ?

Comme je vais aux réunions LLL et que je suis animatrice au groupe d'allaitement de Savoie, j'ai parfois l'occasion de rencontrer des futurs parents de jumeaux. Et surtout, je travaille en réseau avec une autre animatrice sur Chambéry et elle donne mes coordonnées aux personnes concernées. Enfin, mes enfants sont nés dans une petite maternité où je connais deux sages-femmes, dont une est devenue mon amie. (Elle était présente pour la naissance de mes enfants.) Elles ont pris toutes les deux un cours de portage auprès de moi pour leur enfant respectif et l'une d'elles m'a mise en relation avec une future maman de jumeaux.

Sophie G., maman de Léo et Célia :

Je pratique le portage sur les hanches avec une écharpe nouée en kangourou sur une hanche et un sling sur l'autre hanche. C'est sûr que c'est encombrant ! Mais, de toute façon, avec deux, dès qu'ils ont 3 ou 4 mois, c'est un certain volume... Pour le portage devant, je préfère un croisé enveloppé, avec la poche à l'intérieur, les deux bébés contre moi et les pans croisés sur la poche soutenant chaque bébé. Actuellement, je ne les porte pas tous les deux en même temps, ils sont trop grands. Éventuellement, je peux en avoir un sur le dos et l'autre dans les bras, mais sur un temps très court.

Mes enfants ont vite exprimé leurs besoins l'un après l'autre. Du coup, je m'occupais de l'un puis de l'autre, comme si chacun patientait, même si parfois il y avait des impatiences. Je rencontre beaucoup de parents de jumeaux dans mon travail et les associations. Beaucoup de parents font ce constat, les bébés sont patients, nous facilitent beaucoup les choses, souvent après un ou deux mois. Et puis, on a tous remarqué que pendant un temps, un bébé va solliciter beaucoup alors que son frère (ou sa sœur) sera assez calme. Puis, à un autre moment, c'est l'inverse. Le champ n'est jamais laissé libre ! Les parents que je rencontre le constatent aussi et portent les enfants de façon non-simultanée la plupart du temps.

Avec des jumeaux, on culpabilise beaucoup de ne pas avoir tout notre temps pour chacun. Il faut forcément se partager. C'est très culpabilisant. Quand l'un se manifeste beaucoup et que l'autre se fait un peu oublier, on répond à celui qui exprime son besoin, mais on pense aussi à l'autre, pour ne pas l'oublier... Mais, quand on porte un bébé, ou que l'on en masse un, on est complètement disponible à ce moment-là pour ce bébé-là, et cela fait beaucoup de bien.

Au niveau associatif, j'organise des séances de massage rien qu'entre parents de jumeaux, 3 à 4 familles maximum, car cela fait 6 à 8 bébés. Je les fais le samedi pour faciliter la présence des papas, et si ceux-ci travaillent le samedi, je peux proposer le jeudi. Je peux les faire de façon individuelle, mais les échanges en groupe sont tellement riches. La cinquième séance se termine autour d'un "lunch" où s'organise un petit atelier portage. On y passe pratiquement la journée. Et puis, le plus souvent, les parents se revoient les uns chez les autres. Les mamans s'organisent des séances de massage et papotage les après-midi en semaine. Elles sont alors moins isolées. Elles partagent les mêmes préoccupations. Ces groupes entre parents de jumeaux créent un lien fort entre les familles. Cela se passe de la même façon pour les ateliers portage, avec trois familles maximum, mais cela ne se fait que sur une séance, donc il y a moins de liens qui se créent, mais les ateliers sont toujours riches d'échanges. Je fais ces ateliers dans une crèche ou des salles que l'on me prête. Je vais au domicile surtout pour le soutien à l'allaitement, après la naissance des bébés quand il y a besoin.

Je suis convaincue que ces pratiques aident à la mise en place du lien d'attachement avec les jumeaux, sans compter qu'il y a souvent des naissances hyper-médicalisées, parfois issues de procréations médicalisées, avec beaucoup de césariennes et de prématurité, donc des séparations précoces. Les parents de jumeaux sont souvent très angoissés, l'entourage familial et médical n'est pas toujours soutenant et encourageant. Je crois que le milieu associatif est aidant pour accompagner les familles, pour qu'ils retrouvent leur "instinct" et puissent se défaire de tout ce côté médical qui les éloignent de leur ressenti...

Diane S., six enfants :

Porter un enfant à la fois

J'ai porté mes jumeaux avec un sling (le porte câLLLin de LLL), d’abord côte-à-côte, en position fœtale face à moi ou face au monde, puis individuellement sur la hanche, à tour de rôle. Malgré de belles photos de double portage en sling découvertes dans le numéro - décisif pour moi - d' Allaiter Aujourd'hui sur l'allaitement des jumeaux - numéro qui m'a décidée à entreprendre d'allaiter des multiples - , je n'ai pas investi dans deux slings : j'avais peur que cela soit trop lourd. À l'époque, je pensais que cela ne valait pas non plus la peine de me lancer dans un double portage en écharpe, trop lourd (encore et toujours), trop cher (l’achat de deux écharpes sans être sûre de vraiment s'en servir me rebutait). Ah, l'ignorance...

C'est grâce à Naomi et Benjamin que j'ai découvert combien le maternage pouvait 1 : m'aider au quotidien, 2 : m'aider à avoir une relation de qualité avec chacun de mes jumeaux. Je m'explique : quand j'ai appris que j'attendais des jumeaux (en 4ème grossesse), une des premières questions qu'on s'est posées était de savoir si je pourrais allaiter des jumeaux. J'avais allaité mes trois aînés longtemps à mon sens à l 'époque (de 7 à 9 mois). Cette première question quelque peu résolue (cf. Allaiter aujourd hui et découverte de l'Association Allaitement Jumeaux et Plus), mon mari et moi avons réfléchi ensemble que si on voulait que notre nouvelle vie avec 5 enfants (à Paris, en appartement) se passe bien, il fallait qu'on revoie nos priorités. (À l'époque, je travaillais, j’avais un bon salaire et ne pouvais pas me permettre d'arrêter.) Dès l'arrivée de Naomi et Benjamin, j'ai décidé de les faire dormir avec moi, ce que je n'avais pas fait avec mes aînés et à quoi j’étais opposée. C'était une "nécessité" d'essayer et ce fut magique. Je n'étais plus épuisée par les réveils nocturnes comme avant.

L'allaitement eut du mal à se mettre en place, mais j'étais déterminée à tout faire pour parvenir à les allaiter. En plus, c'était bientôt l'été et l'allaitement était beaucoup plus simple à gérer. C'était mon argument majeur donné à ma mère et à ma sœur, qui ne comprenaient pas pourquoi je m'acharnais à vouloir absolument allaiter.

J’ai acheté un sling un peu par hasard, après la naissance. Je l'avais vu à une réunion LLL à laquelle j'avais assisté enceinte. Petite chose à laquelle on ne pense pas pendant la grossesse, dans les premières semaines de Naomi et Benjamin, je ne pouvais pas me rendre à une réunion. C’était trop compliqué de se déplacer avec des jumeaux nouveaux-nés. Bref, j’ai acheté le Porte CâLLLin. J’ai tâtonné car personne ne m'avait montré comment faire. La notice n’était pas explicite du tout. J’ai suivi mon nouveau "fil directeur" depuis la grossesse, "m'écouter, faire comme je sens, ne laisser personne m'influencer outre mesure ; je sais ce qui est bon pour mes enfants. J'utilise donc beaucoup, beaucoup le Porte CâLLLin à la maison et je l'emporte toujours avec moi en balade, même en poussette, pour pouvoir, au besoin, porter un des enfants, tout en poussant la poussette, sans avoir des crampes dans les bras.

Je me suis rendu compte que cette plus grande proximité avec mes enfants nous réussissait à merveille. Je me suis mise à lire plein de livres sur le maternage et l'écoute active. Je me suis inscrite sur des listes de discussion sur le maternage / parentage, tout en continuant à m'investir tout particulièrement dans l'allaitement, le soutien aux mères, parce que j'avais tellement "reçu" je voulais à mon tour pouvoir aider des mamans.

C'est en 2004, alors que mes jumeaux avaient bientôt deux ans et étaient proches du sevrage, alors que je travaillais toujours, que je suis devenue maman contact pour l'association Allaitement des Jumeaux et Plus, pour Paris-Île-de-France. J'assurais une permanence téléphonique pour les mamans de multiples, mais pas seulement dans leurs questions ou difficultés d'allaitement. J’ai participé à une formation de deux jours organisée par le CERDAM à Lyon pour former des bénévoles d'association de soutien à l'allaitement. Là, j’ai décidé que c'était ce qui m'intéressait vraiment et que j'avais envie de continuer dans cette voie de formation et d'autoformation dans le domaine de l'allaitement et du maternage.

À l'époque, j’ai regretté de ne pas avoir essayé le portage en écharpe. Eté 2005, j’étais enceinte à nouveau. Nous attendions notre sixième enfant. À cette époque, je ne travaillais déjà plus. J’avais quitté mon travail trop prenant en janvier 2005. Je n arrivais plus à concilier vie familiale et vie professionnelle. J’ai beaucoup lu et décidé de porter notre enfant dès sa naissance, qui eut lieu en avril 2006. La naissance a été suivie d'une période un peu difficile, car mon enfant a séjourné en service de néonatalogie. J'ai acheté une écharpe, mais pendant quelques semaines, j’ai été incapable de m'en servir. J’ai cherché des réunions ou ateliers sur le portage. Il y a deux ans, il n'y en avait pas beaucoup à Paris, et celles de Peau à Peau étaient surchargées (17 personnes un dimanche matin). Je me suis découragée et j’ai retrouvé mon Porte CâLLLin. Nous sommes partis pour deux mois dans un pays chaud. J'ai eu peur que l'écharpe soit trop chaude. J'ai donc acheté, avant le départ, un sling en solarveil. Ce fut le bonheur pendant deux mois. Ma fille a été portée tout au long de la journée et aussi protégée du soleil.

Ce n'est qu’à mon retour de vacances que j’ai trouvé une monitrice de portage qui m’a fait un cours particulier. Cela a été la révélation. J'ai enfin utilisé mon écharpe et, surtout, j’ai réalisé l'importance de la transmission orale du portage, comme le soutien aux mères pour l'allaitement. J’ai donc porté beaucoup et, toujours, j’expliquais à mes copines, aux copines de copines, etc., puis je me suis renseignée sur les formations professionnelles en portage. Il ne fut pas évident pour moi de trouver des dates en Île-de-France en dehors des week-ends et qui soient compatibles avec ma vie de famille (6 enfants de 1 à 16 ans). En attendant, je me suis formée et suis devenue animatrice des ateliers "Parler pour que les enfants écoutent..." et "Frères et sœurs sans jalousie ni rivalité." Cela m'a énormément apporté dans mon parentage, avec mes ados comme avec les plus petits. C'est seulement en décembre 2007 que je me suis formée avec Guillaume et que je suis devenue monitrice Lana. Depuis, j'organise des ateliers portage plusieurs fois par mois et, parallèlement, je me prépare à l'examen de consultante en lactation IBCLC.

Voilà, pour résumer, l'arrivée de mes jumeaux a coïncidé pour moi avec la découverte d'un maternage aussi épanouissant pour moi que pour tous mes enfants. Naomi et Benjamin ont bientôt 6 ans. Ils ont été allaités deux ans et sont très, très épanouis, bien dans leur peau, autonomes, etc. Objectivement, plus que les trois aînés. Je travaille là-dessus avec eux pour essayer d'être plus à leur écoute et aussi à mon écoute.




NDLR : Actuellement, les séances Peau à Peau de la région parisienne accueillent en moyenne 8 à 10 participants.