Objectif de la séance :

Ce qui m'intéresse dans ce type d'atelier, c'est surtout le contact avec les parents. Pour les plus petits, le but n'est pas de stimuler l'enfant. Si l'enfant dort toute la séance, ce n'est pas grave. Le plus important, c'est les clés que je propose pour être en interaction avec son bébé et les conseils sur le développement. Permettre aux parents de savoir où en est leur enfant pour mieux répondre à leur besoin, pour mieux les comprendre. Souvent les parents exigent beaucoup de leur enfant : manger proprement, faire leur nuit, ne pas faire de caprices… Ils ne se rendent pas compte de ce que cela implique en amont pour pouvoir réussir tout ça ! Surtout que, d’un autre côté, le petit est souvent entravé dans ses explorations sensori-motrices : « Non, ne touche pas à ça ! Non, ne vas pas là ! Non, tu es trop petit ! Non, tu vas te salir !... » Entre leur lit, leur transat, leur poussette, leur siège auto, certains bébés passent la majorité de leur petite enfance attachés.

Ces moments me permettent de parler portage, maternage, allaitement. Cela permet aux parents d’échanger sur leur expérience. Cela me permet aussi de toucher un public qui n'est pas forcément initié à ce type de pratiques.

Les conseils principaux que je donne aux parents : Ne pas anticiper les aptitudes posturales de leur enfant

  • Ne pas mettre l’enfant dans un transat tant qu’il ne se met pas tout seul assis.

« Mais alors comment faire pour vaquer à ses occupations ? » Porter l’enfant en écharpe ou porte bébé physiologique. Ou mettre l’enfant sur le dos, sur un tapis, par terre. Si vous lui mettez un jouet, il faut le mettre au-dessus du ventre, ainsi l’enfant pourra l’atteindre avec les bras et les pieds et n’aura pas besoins de casser la courbure de la nuque vers l’arrière pour voir les objets.

  • Ne pas tenir l’enfant par les mains pour le faire marcher

Pourquoi ? Anticiper les acquisitions posturales de l’enfant le met dans une position qu’il ne peut pas maîtriser. Le mettre assis alors qu’il ne se met pas tout seul en position assise augmente les risques de chute et oblige l’enfant à solliciter des articulations des muscles qui ne sont encore prêts à cela. Le tenir par les mains pour le faire marcher oblige l’enfant à développer son équilibre avec deux points d’appuis, ce qui est complètement différent de l’équilibre dynamique nécessaire pour la marche. Cela met aussi l’enfant en position de dépendance vis-à-vis de l’adulte. L’enfant a l’illusion d’être arrivé à se mettre assis ou à marcher mais, quand il essaie seul, il n’y arrive pas. C’est très frustrant ! Ne sachant comment faire, la seule solution qui lui vient à l’esprit, c’est d’appeler l’adulte ! Le parent qui voulait au départ aider l’autonomisation de leur enfant, le rend au contraire plus dépendant.

C’est ainsi que des enfants ont des « trous » dans leur apprentissage moteur. Des enfants vont tenir assis mais ne vont pas réussir à se retourner et à se mettre assis seul. Cela a un impact sur leur schéma corporel. Les explorations motrices permettent aux enfants d’expérimenter leurs capacités corporelles, donc de mieux connaître leurs possibilités et leurs limites : de mieux connaître leur corps. Sauter des étapes dans leur développement peut conduire à des enfants qui n’ont pas confiance en leur capacité et qui vont rester en retrait, à des enfants qui ne connaissent pas leurs limites et qui vont prendre des risques inconsidérés, à des enfants maladroits qui ne maîtrisent pas leur corps. Bien sûr, rien n’est définitif, les possibilités d’adaptation d’un enfant sont incroyables et la plupart des enfants compensent et expérimentent plus tard ce qu’ils n’ont pas pu faire dans la première enfance !

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