Quelques mois plus tard, j’ai arrêté la pilule. Mes mycoses se sont arrêtées. Je n’avais pas eu l’information attendue. J’ai donc ressorti mes cours de bio de troisième et j’ai commencé à observer ma température, sans suivre de méthode : je la prenais de façon anarchique (matin ou soir). Je ne pouvais pas prévoir l’ovulation. Je me basais sur un calcul aléatoire par rapport à la durée de mes cycles. Je suis tombée enceinte au bout de six mois… Après mon premier bébé, il était hors de questions que je reprenne la pilule et je n’avais pas envie de mettre un stérilet (encore un produit : le cuivre). Au fond de moi, je ne voulais pas empêcher la vie d’éclore en mon sein, mais je voulais maîtriser les naissances. J’ai alors découvert la MAO ! C’est une amie qui m’en a parlé. Ça a été une vraie révélation et j’étais révoltée de me rendre compte que cette méthode n’était pas plébiscité par les gynécos. Bien sûr, rien d’étonnant, mais si, jeune fille, on m’avait proposé cette méthode, qui nous rend responsables de la venue ou non d’un bébé, une méthode qui nous apprend à mieux connaître notre corps, j’aurais peut-être vécu une sexualité plus apaisée, moins explosive.

La première rencontre avec une personne du CLER m’a permis de commencer à mettre en pratique, avec le soutien de mon compagnon. Prise de température tous les matins (je n’ai jamais réussi avant la tétée), observation de la glaire et, de temps en temps, observation du col utérin. La grande difficulté a été l’absence de règles (j’ai eu mon retour de couche aux 15 mois de ma fille) et l’allaitement long. Aussi, la MAO a apporté un grand changement dans notre vie sexuelle : effectivement, nous avons eu l’impression qu’il n’y avait pas beaucoup de jours où nous étions sûrs de mon infertilité… et comme nous ne supportons pas, ni l’un ni l’autre les préservatifs, nous avons opté pour l’abstinence. L’allaitement et la MAO, ça n’a pas était facile à vivre. Nous avons dû faire face à la frustration de ne pas pouvoir faire l’amour quand on voulait. La fréquence de nos rapports avait déjà diminué avec l’arrivée du bébé et l’allaitement qui comblait mes besoins de câlins. De plus, la méthode est assez contraignante : il fallait être rigoureux. Et pourtant, grâce à cette méthode, nous avons su différer la naissance de notre deuxième fille. Et je n’ai toujours pas trouvé de meilleure méthode, celle-ci n’impliquant aucun produit chimique. J’ai appris à mieux connaître mon corps, et mon compagnon aussi. C’est une méthode que nous vivons en couple, je ne suis pas seule à porter la charge de la contraception. Je retrouve la dimension sacrée de la relation sexuelle, en ayant pleinement conscience qu’à tel ou tel moment, nous pouvons faire ou non un autre enfant. Nous devons sans cesse rechercher de nouvelles façons d’exprimer notre désir, ce qui est source de renouvellement pour notre couple.

Ce que j’aime avec cette méthode, c’est qu’elle ne met pas de barrière à la vie mais nous donne les clés pour mieux connaître le fonctionnement de notre corps et, ainsi, décider par nous-mêmes si on désire un enfant ou non. C’est le couple qui porte la responsabilité de la contraception et non un objet extérieur (stérilet, pilule). Malgré les contraintes, je vis la MAO comme un chemin vers plus de liberté. »




Anne-Laure D., deux enfants et un troisième en cours, a relevé sa température pour favoriser une grossesse :

« Je note consciencieusement ma courbe de température. Pour les glaires, j'ai plus de mal à observer les différences.

Les difficultés de la méthodes sont nombreuses, mais c'est la seule méthode qui a l'avantage d'être gratuite ! Pour la prise de température, il ne faut pas poser le pied par terre, donc il faut avoir préparé son thermomètre la veille et surtout être bien réveillée pour ne pas oublier de la prendre (et de se lever un poil plus tôt pour être sûre que les enfants dorment encore, pour ne pas avoir à leur dire que maman prend sa température, ce qui risquerait de les perturber). Le second inconvénient de la méthode est que la courbe indique l'ovulation après coup. Donc il vaut mieux faire des câlins régulièrement. Mais cette méthode est la seule qui permet d'indiquer clairement le jour de l'ovulation et de ne pas attendre ses règles indéfiniment. On sait qu'elle arriveront 14 jours après. Si elles ne sont pas au rendez-vous, c'est génial car on est enceinte. D'autre part, le fait de voir sa température haute dans la deuxième partie du cycle permet de savoir si une fécondation a eu lieu. Après il faut que ça tienne... Pour les femmes ayant de longs cycles, cela permet également de mieux dater une grossesse.

Pour l'étude des glaires, je n'y suis jamais arrivée. J'ai vu des pertes, mais parfois le sperme du mari "repart" également, donc comment savoir ce dont il s'agit exactement ? »




Candice D. a choisi l’auto-observation pour favoriser une grossesse :

« J’étais satisfaite de cette méthode d’auto-observation, car on pouvait voir l'ovulation et, surtout, savoir si on pouvait être enceinte ou pas. Mais, par contre, il ne faut pas trop se prendre la tête non plus...

Les inconvénients, c'est qu'il faut prendre la température tous les jours à la même heure avant de se lever. De plus, quand on est malade, ça modifie complètement la courbe et elle n’est alors plus interprétable.

Par contre, contrairement aux tests d'ovulation, cette technique est gratuite. »




Stéphanie T. a testé les tests d’ovulation en complément de la courbe de température :

« J’ai fait ma courbe associée aux tests d'ovulation. Pour la courbe, c’est vrai que c’est contraignant, mais, par contre, ça permet de "faire passer le temps" et de se dire "qu'on agit", même si dans les faits ce n'est pas vrai. Moi, ça m'aide. »




Marie P. a préféré la méthode Persona!!!! :

« J'ai choisi la méthode Persona, qui est une méthode naturelle, il y a deux ans (utilisation pendant une année. Je ne souhaitais plus prendre d'hormones et, à ce moment, seule cette méthode me convenait sur tous les points).

Ça a été une année assez stressante, même si j'ai énormément appris de choses sur moi et sur mon corps : au début, pour se faire à l'appareil, à la méthode etc., et à la fin parce que j'ai enfin compris pourquoi Persona ne fonctionnait pas au top avec moi malgré le fait que je remplisse toutes les conditions (j'ovulais deux fois).

C’est donc une méthode intéressante, qui s'est terminée par un échec (une grossesse pas vraiment désirée et donc un avortement pas non plus vraiment désiré). Je ne regrette pas d'avoir choisi Persona malgré ça, et ça reste un très bon souvenir et j’en ai appris plus sur mes cycles. »




Mélanie M., deux enfants, pratique l’auto-observation :

« Je suis très calée sur le sujet de l’auto-observation. Il m'a fallu 18 mois pour avoir ma 1ère fille et 13 mois pour la 2ème (décédée le 15 avril 2008 à 18 semaines de grossesse...). Depuis la perte de notre bébé, je ne souhaite pas une nouvelle grossesse dans l'immédiat, alors j'utilise ces signes pour justement éviter de tomber enceinte : les courbes de température, les tests d'ovulation, l’observation de la glaire cervicale, etc.

J'ai choisi cette méthode car j'ai pu vite voir que mes cycles étaient réguliers, que mon corps m'envoyait des "signes" (glaire très gluante et abondante un à deux jours avant l'ovulation, boutons sur le visage, douleur aux ovaires). J'ai très vite su les interpréter.

L’inconvénient, c'est qu’on ne peut jamais être vraiment sûre... On peut ovuler un peu n'importe quand et, même avec l'auto observation, on ne sera jamais sûre d'avoir ovulé tel ou tel jour, ce qui est un gros inconvénient quand on fait cette méthode dans le but de ne pas tomber enceinte. Dans le cas contraire, c'est bien sûr moins grave. Je pense que cette méthode doit être employée pour celles qui souhaitent une grossesse ou pour les femmes qui ne le souhaitent pas tout de suite (entre deux enfants ou avant de vraiment essayer), mais qui acceptent ce risque.

Les avantages sont qu’on économise une contraception, qu’on est plus à l'écoute de son corps, et que celui-ci n'a pas à subir d'hormones qui, on le sait, ne sont pas très bonnes pour la santé.

Ayant des problèmes de fertilité, c'est pour moi une très bonne façon de faire ! Dans mon cas, autant pour faire ou ne pas faire de bébé, c'est la solution pour notre couple. »




Vesna P., quatre enfants, utilise le microscope Ovatel

« Ça fait quelques années que j’utilise l’Ovatel, à la fois comme contraceptif et lorsque j’ai souhaité mes deux grossesses. Le matin, au lever, je nettoyais le microscope avec une petite chiffonnette, puis je mets un peu de salive dessus. Je le mets de côté le temps de me brosser les dents, pour que ça sèche, puis je regardais. C’est un microscope miniature, sur lequel on voit le résultat en deux ou trois minutes. J’en suis vraiment satisfaite. J’ai essayé les tests d’ovulation, que je trouvais un peu pénible. Je n’ai pas vraiment réussi à faire l’observation de la glaire non plus. C’est finalement en ajoutant l’utilisation du microscope à l’observation de la glaire, que j’ai réussi à différencier les périodes où il fallait faire attention ou pas.

Au début, on a un peu peur de se tromper, mais c’est assez précis et on y arrive très vite. On voit bien une différence entre la période infertile où rien ne s’affiche, puis la période de transition, puis la période d’ovulation. Ensuite, tout d’un coup, on ne voit plus rien. L’ovulation est passée. Dans mon cas, c’était bien visible. J’aurais connu ça avant, je ne me serais pas embêtée à prendre ma température !

Mon objectif était d’apprendre à bien connaître mon corps. Ça m’a pas mal aidée à m’écouter. Une fois avertie des changements de mon cycle, je me suis aperçue que je sentais des petites choses auxquelles je n’avais jamais fait attention auparavant. J’ai appris à sentir mon ovulation arriver. »




Darshana L., deux enfants, utilise la méthode Billings

« Cette méthode fait partie, pour moi, d’une démarche personnelle de recherche de ce qu’il y a de plus naturel. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais je sens désormais davantage de choses que lorsque j’étais plus déconnectée de moi, par exemple sous pilule ou sous stérilet. Je trouve la pilule trop chimique. J’ai ensuite pris la décision de me faire enlever mon stérilet, il me gênait physiquement, mais aussi psychologiquement, car je sentais sa présence. Par contre, c’est vrai que ce sont des moyens de contraception faciles et pratiques.

La méthode d’observation Billings (MOB) n’est pas simple, elle est même contraignante. Mais elle est intéressante à plusieurs niveaux. Je cherchais ce qui existait d’autre et c’est une amie qui pratiquait la MOB qui m’a fait connaître. Cela m’a beaucoup parlé. On m’a prêté le livret Billings et j’ai cherché des informations. Je troue cela très beau car cette pratique met l’accent sur le couple : les deux sont responsables. Mon partenaire m’a suivie complètement, car il est dans la même recherche de naturel, d’une vie plus en conscience.

Les hormones contraceptives empêchent que l’on soit à l’écoute de ses cycles menstruels et l’on passe à côté de plein de choses. La MOB m’a indiqué d’autres oies et je suis encore en cheminement dans cette évolution. Depuis, j’ai fait des démarches pour avoir plus de connaissances sur les cycles mensuels, par exemple avec les cartes Féminitudes. J’ai fait des stages. Si l’on s’observe bien et que l’on se concentre, on se connecte à soi-même. En période d’ovulation, je suis pleine d’amour. Pendant mes règles, je réalise que je n’ai pas envie de sortir, je ne me sens pas très sociable. Ce sont des caractéristiques de chaque étape, qui reviennent de manière cyclique. C’est un outil de travail sur soi qui est très puissant. Par exemple, pendant mes règles, je vais profiter de cette période pour créer, lire ou écrire. J’en ai pris conscience petit à petit.

Alors, oui, il y a des contraintes à cette méthode, mais je les préfère aux côté négatifs de la pilule, par exemple. Il faut toujours faire attention, ce n’est pas si simple au début, car on ne se connaît pas, on n’a souvent jamais remarqué comme notre comportement suit notre cycle. Depuis, j’ai aussi appris à faire l’observation du col. »




Angela A., une fille, utilise l’outil électronique Ladycomp :

« Cela fait très longtemps que j’ai arrêté la pilule. Je me suis fait posé un stérilet, mais cela ne me plaisait pas trop. Ma naturopathe m’a alors fait connaître le Ladycomp, qui permet de savoir si on est en période « à risques » ou non. J’en suis très contente.

Le matin, au réveil, je prends juste ma température avec cet appareil et je sais si je suis dans un jour fertile ou pas, ou entre les deux (couleur orange). Ce n’est pas très contraignant dans la mesure où ça me prend moins d’une minute et je peux l’emmener partout si besoin, comme l’année dernière, au Mali : je n’avais ni électricité, ni eau courante, mais mon appareil fonctionnait.

Cela dit, pour moi, ce ne serait pas une catastrophe si j’étais enceinte. Nous pratiquons le retrait, pas l’abstinence. Pour ma grossesse, nous avons volontairement choisi un jour rouge. J’ai été enceinte dès le premier mois d’essai.

Je ne regrette pas l’investissement, car le Ladycomp dure extrêmement longtemps. Je déteste prendre des médicaments, c’était donc la seule alternative, me semblait-il. On m’a avait alors expliqué que c’était l’appareil le plus fiable, car il contient énormément de données pré-enregistrées, auxquelles il compare notre cycle.

Je trouve cela très sûr : on sait si on prend un « risque » ou pas. »