Mon deuxième garçon, Armand, 9 mois, toujours allaité à la demande, n'est pas un grand fan des purées de légumes. Il mange des fruits, parce que cela lui plait mais recrache les légumes. Il raffole toujours autant des tétées et, quand on le regarde, c'est un bébé bien potelé et plein de vie ! Combien de témoignages avons-nous, nous exhortant à quasiment les forcer à manger leurs purées... Laissons le temps à nos enfants de découvrir ces nouvelles saveurs et nouvelles textures, à leur rythme. »

Sophie A, deux enfants




« Pour mon deuxième bébé, j’ai commencé à tenter la diversification à six mois et demi, sous la pression des docteurs, car il avait un petit gabarit. Mais mon Petit Bout n’était pas intéressé : rejet des purées et des compotes ! Finalement, il a 9 mois aujourd’hui et mange très peu de purées ou de compotes, il préfère largement picorer, piquer des morceaux fondants dans nos assiettes (nous l’asseyons à table avec nous lors de nos repas) et les suçoter. Du coup, pour lui, j’ai un peu (beaucoup même !) oublié les consignes des pédiatres, c'est-à-dire qu’il n’a pas le même légume sur 2/3 jours et que les quantités sont très variables. Je fais juste attention aux aliments réputés allergènes et à ne pas introduire plus d’une nouveauté par jour.

Mais mon bébé est heureux ainsi, il faut le voir mâchouiller les petits bouts de comté, piquer les petits bouts de carottes ou les pâtes dans l’assiette de son papa etc. ! Pour moi, c’est surtout ça, la diversification : l’apprentissage de nouvelles saveurs et de nouvelles textures en respectant le plaisir de bébé. »

Julie C., deux enfants


« Après la lecture d'un bouquin que j'ai troué magnifique par rapport à l'alimentation (Mi niño no me come de Carlos Gonzalez), ce fut pour moi une évidence que je laisserais explorer Luna dans ce champ comme dans tant d'autres (dans la limite du raisonnable, bien entendu, et de mes connaissances en matière de nutrition), qu'elle évoluerait à son rythme et, surtout, que jamais je n'allais la forcer. Et je suis ravie du résultat : Luna mange de tout, c'est une très bonne vivante et elle prend un grand plaisir à découvrir les aliments et à manger avec nous. Quand je vois de mamans pour qui chaque repas est une bataille, je me dis que j'ai beaucoup de chance...ou alors que j'ai bien fait les choses ! »

Monica C., un enfant


« Je n'ai introduit les solides que lorsque Rachel avait un an. Elle mange vraiment ce qu'elle veut et à son rythme. Je n'ai aucune inquiétude concernant sa nutrition, puisque ses repas sont complétés par le lait maternel. Je n'ai jamais donné la moindre purée et je trouve les purées dangereuses car bébé risque d'avaler de travers, il ne peut mâcher tranquillement puisque ça coule tout de suite au fond de sa gorge.

Rachel a mangé d'abord des fruits, puis des courgettes (que j'aime parfois cuisiner nature, à la vapeur). Mais elle est très vite passée à notre nourriture habituelle. Je ne me rappelle pas qu'il y ait quelque chose en particulier qu'elle aimait. Elle mange vraiment de tout. Nous mangeons beaucoup de plats "méditerranéens", avec de l'huile d'olive, des épices... Rachel adore les olives, l'ail, les lentilles, l'échalote crue qui est dans la salade verte, le gingembre servi avec les sushis... Elle adore aussi le lait de riz (on ne mange pas de produits laitiers).

Pour Rachel, c'est une façon de faire partie du groupe. Elle n'a pas sa nourriture, elle partage la nôtre. Elle est libre de manger ce qui lui fait plaisir car je crois qu'elle a beaucoup plus d'instincts à son âge. Puisque nous ne mangeons pas de choses très sucrées ou trop grasses, je n'ai pas besoin de lui interdire des aliments. Pour moi ? C'est le paradis par rapport à mes copines ! Pas de chaise haute à nettoyer, pas de repas interminables car bébé refuse de manger, on va partout au restaurant avec mon mari et Rachel mange comme nous, pas de petits pots à emmener lorsqu'on sort (elle partage nos sandwiches).

Les pédiatres ne sont pas mes amis donc non je ne les écouterai jamais ! »

Fanny A., un enfant


« Pour la diversification, cela s'était traduit par du piochage dans nos assiettes jusqu'à satiété (sauf pour les allergènes et le sucre). De plus, nous expliquons fréquemment à notre fils, âgé de 4 ans, l'utilité de varier son alimentation et de varier les légumes et fruits, afin d'être en bonne santé. Pour l'instant, il mange donc a peu près varié sans toutefois abuser des gâteaux et autres bonbons.

Pour le moment du repas proprement dit on exige un petit moment tous ensemble même si on n’a pas faim. Éventuellement, on peut commencer par une lichette de dessert ou de ce qu'on a envie, histoire d'amorcer la pompe (sauf quand le gâteau doit être présenté entier car il y a du monde, mais les explications sont toujours données). Puis on partage tous une petite anecdote, histoire, moment de la journée que l'on a envie de partager. On remercie toujours les enfants de nous faire partager un moment important de leur vie, rêves... mais on ne les oblige pas à rester tout un repas surtout long à table avec nous, éventuellement les allers et retours sont autorisés, mais les règles sont expliquées avant le repas. »

Lise G., un enfant


« Pour les trois premiers, nous avons diversifié globalement quand nous les sentions prêts, vers cinq/sept mois, mais en leur proposant des choses "pour les bébés", à savoir des compotes, des purées faites maisons, des petits suisses. Pourquoi ? D'abord, une lactation problématique, due à une malformation de ma part, a exigé une diversification précoce (par rapport à nos critères, qui auraient été de 6 mois d'allaitement 100 %). Ensuite, parce qu'ils ont tous trois été gardés vers sept/neuf mois, au moment de ma reprise de travail, que je parvenais à tirer peu de lait, et que je n'imaginais pas encore qu'un enfant pouvait manger de petites choses, y compris sans ou avec très peu de dents (ils ont fait leurs dents aux alentours de huit/dix mois). Enfin, ils ne mangeaient pas avec nous, même si nous avions abandonné la chaise haute dès la deuxième, donc ils n’avaient pas tellement d'occasions de picorer surtout en ayant mangé une grosse assiettée de purée juste avant !

Pour notre dernière née, le problème de lactation ayant été mis au jour clairement avant (lors de l'allaitement de notre troisième enfant), j'ai pu trouver des palliatifs (comme le DAL - dispositif d'aide à la lactation -, puis le Lact-Aid - petit frère de l'autre, plus pratique) qui m'ont permis de poursuivre l'allaitement plus sereinement sans trop me soucier des solides. Olivia n'est pas gardée, puisque je suis – enfin ! - en congé parental et, à 13 mois, elle peut boire son lait à la source à toute heure du jour et/ou de la nuit. Je me sens de ce fait plus « cool » quant aux apports nutritionnels qu'elle reçoit, y compris si je n'ai plus besoin de dispositifs de supplémentation pour l'allaiter.

Tout cela nous a permis d'être beaucoup plus à l'écoute de ses demandes, qu'elle exprime clairement par des mimiques, des gestes, des vocalises, quand nous sommes à table. Après avoir pendant un certain temps picoré dans mon assiette les petits morceaux fondants de légumes, de pâtes, de jambon aussi qui lui plaisaient, aujourd'hui elle a son assiette à table, dans laquelle elle picore ou non, selon son envie.

Elle aime tous les goûts, y compris les choses fortes, et adore les petits légumes (alors que ses frère et sœurs, pourtant nourris aux bonnes petites purées ne veulent pas en voir l'ombre d'un !)... pourvu que cela dure ! Olivia est très claire sur ce qu'elle veut : de la purée, ok, si c'est notre menu aussi. Mais si nous avons des pâtes, je peux remballer la purée que j'avais gardée pour elle…

En ce qui concerne les quantités, nous ne nous soucions pas de quelconques "recommandations"... nous évitons de manger deux fois de la viande le même jour, donc elle aussi, même chose pour les féculents, etc. Je pense qu'une alimentation équilibrée pour nous l'est aussi pour elle, qui reçoit en prime de nombreuses tétées. Si un jour elle grignote, c'est qu'elle n'a pas faim, elle se rattrape en général le lendemain ou les jours qui suivent.

Elle aime saisir les aliments, en tester la texture avant de les croquer ou de les suçoter. Ces jours-ci, elle est en train d'apprendre à se servir d'une cuillère, d'une fourchette, clairement pour imiter ce qu'elle nous voit faire, et c'est un régal de la voir développer sa motricité de cette manière, c'est impressionnant ! »

Stéphanie F., quatre enfants