La diversification douce, menée par l’enfant
Par Grandir Autrement le samedi 1 novembre 2008, 17:06 - Témoignages - Lien permanent
« Je trouve qu'on nous met beaucoup la pression, à nous les parents, quant à la diversification. J'ai même lu dans un livre de recettes (pourtant des recettes bio) qu’à partir de 5 mois, le bébé avait besoin de diversifier sa nourriture, que la diversification était une période de sevrage, que de 4 à 7 mois, le lait ne suffisait plus à satisfaire ses besoins nutritionnels. J'ai été très choquée de lire cela, car tous les bébés ne réagissent pas de la même manière à l'introduction des aliments solides.
Mon deuxième garçon, Armand, 9 mois, toujours allaité à la demande, n'est pas un grand fan des purées de légumes. Il mange des fruits, parce que cela lui plait mais recrache les légumes. Il raffole toujours autant des tétées et, quand on le regarde, c'est un bébé bien potelé et plein de vie ! Combien de témoignages avons-nous, nous exhortant à quasiment les forcer à manger leurs purées... Laissons le temps à nos enfants de découvrir ces nouvelles saveurs et nouvelles textures, à leur rythme. »
Sophie A, deux enfants
« Pour mon deuxième bébé, j’ai commencé à tenter la diversification à six mois et demi, sous la pression des docteurs, car il avait un petit gabarit. Mais mon Petit Bout n’était pas intéressé : rejet des purées et des compotes ! Finalement, il a 9 mois aujourd’hui et mange très peu de purées ou de compotes, il préfère largement picorer, piquer des morceaux fondants dans nos assiettes (nous l’asseyons à table avec nous lors de nos repas) et les suçoter. Du coup, pour lui, j’ai un peu (beaucoup même !) oublié les consignes des pédiatres, c'est-à-dire qu’il n’a pas le même légume sur 2/3 jours et que les quantités sont très variables. Je fais juste attention aux aliments réputés allergènes et à ne pas introduire plus d’une nouveauté par jour.
Mais mon bébé est heureux ainsi, il faut le voir mâchouiller les petits bouts de comté, piquer les petits bouts de carottes ou les pâtes dans l’assiette de son papa etc. ! Pour moi, c’est surtout ça, la diversification : l’apprentissage de nouvelles saveurs et de nouvelles textures en respectant le plaisir de bébé. »
Julie C., deux enfants
« Après la lecture d'un bouquin que j'ai troué magnifique par rapport à l'alimentation (Mi niño no me come de Carlos Gonzalez), ce fut pour moi une évidence que je laisserais explorer Luna dans ce champ comme dans tant d'autres (dans la limite du raisonnable, bien entendu, et de mes connaissances en matière de nutrition), qu'elle évoluerait à son rythme et, surtout, que jamais je n'allais la forcer. Et je suis ravie du résultat : Luna mange de tout, c'est une très bonne vivante et elle prend un grand plaisir à découvrir les aliments et à manger avec nous. Quand je vois de mamans pour qui chaque repas est une bataille, je me dis que j'ai beaucoup de chance...ou alors que j'ai bien fait les choses ! »
Monica C., un enfant
« Je n'ai introduit les solides que lorsque Rachel avait un an. Elle mange vraiment ce qu'elle veut et à son rythme. Je n'ai aucune inquiétude concernant sa nutrition, puisque ses repas sont complétés par le lait maternel. Je n'ai jamais donné la moindre purée et je trouve les purées dangereuses car bébé risque d'avaler de travers, il ne peut mâcher tranquillement puisque ça coule tout de suite au fond de sa gorge.
Rachel a mangé d'abord des fruits, puis des courgettes (que j'aime parfois cuisiner nature, à la vapeur). Mais elle est très vite passée à notre nourriture habituelle. Je ne me rappelle pas qu'il y ait quelque chose en particulier qu'elle aimait. Elle mange vraiment de tout. Nous mangeons beaucoup de plats "méditerranéens", avec de l'huile d'olive, des épices... Rachel adore les olives, l'ail, les lentilles, l'échalote crue qui est dans la salade verte, le gingembre servi avec les sushis... Elle adore aussi le lait de riz (on ne mange pas de produits laitiers).
Pour Rachel, c'est une façon de faire partie du groupe. Elle n'a pas sa nourriture, elle partage la nôtre. Elle est libre de manger ce qui lui fait plaisir car je crois qu'elle a beaucoup plus d'instincts à son âge. Puisque nous ne mangeons pas de choses très sucrées ou trop grasses, je n'ai pas besoin de lui interdire des aliments. Pour moi ? C'est le paradis par rapport à mes copines ! Pas de chaise haute à nettoyer, pas de repas interminables car bébé refuse de manger, on va partout au restaurant avec mon mari et Rachel mange comme nous, pas de petits pots à emmener lorsqu'on sort (elle partage nos sandwiches).
Les pédiatres ne sont pas mes amis donc non je ne les écouterai jamais ! »
Fanny A., un enfant
« Pour la diversification, cela s'était traduit par du piochage dans nos assiettes jusqu'à satiété (sauf pour les allergènes et le sucre). De plus, nous expliquons fréquemment à notre fils, âgé de 4 ans, l'utilité de varier son alimentation et de varier les légumes et fruits, afin d'être en bonne santé. Pour l'instant, il mange donc a peu près varié sans toutefois abuser des gâteaux et autres bonbons.
Pour le moment du repas proprement dit on exige un petit moment tous ensemble même si on n’a pas faim. Éventuellement, on peut commencer par une lichette de dessert ou de ce qu'on a envie, histoire d'amorcer la pompe (sauf quand le gâteau doit être présenté entier car il y a du monde, mais les explications sont toujours données). Puis on partage tous une petite anecdote, histoire, moment de la journée que l'on a envie de partager. On remercie toujours les enfants de nous faire partager un moment important de leur vie, rêves... mais on ne les oblige pas à rester tout un repas surtout long à table avec nous, éventuellement les allers et retours sont autorisés, mais les règles sont expliquées avant le repas. »
Lise G., un enfant
« Pour les trois premiers, nous avons diversifié globalement quand nous les sentions prêts, vers cinq/sept mois, mais en leur proposant des choses "pour les bébés", à savoir des compotes, des purées faites maisons, des petits suisses. Pourquoi ? D'abord, une lactation problématique, due à une malformation de ma part, a exigé une diversification précoce (par rapport à nos critères, qui auraient été de 6 mois d'allaitement 100 %). Ensuite, parce qu'ils ont tous trois été gardés vers sept/neuf mois, au moment de ma reprise de travail, que je parvenais à tirer peu de lait, et que je n'imaginais pas encore qu'un enfant pouvait manger de petites choses, y compris sans ou avec très peu de dents (ils ont fait leurs dents aux alentours de huit/dix mois). Enfin, ils ne mangeaient pas avec nous, même si nous avions abandonné la chaise haute dès la deuxième, donc ils n’avaient pas tellement d'occasions de picorer surtout en ayant mangé une grosse assiettée de purée juste avant !
Pour notre dernière née, le problème de lactation ayant été mis au jour clairement avant (lors de l'allaitement de notre troisième enfant), j'ai pu trouver des palliatifs (comme le DAL - dispositif d'aide à la lactation -, puis le Lact-Aid - petit frère de l'autre, plus pratique) qui m'ont permis de poursuivre l'allaitement plus sereinement sans trop me soucier des solides. Olivia n'est pas gardée, puisque je suis – enfin ! - en congé parental et, à 13 mois, elle peut boire son lait à la source à toute heure du jour et/ou de la nuit. Je me sens de ce fait plus « cool » quant aux apports nutritionnels qu'elle reçoit, y compris si je n'ai plus besoin de dispositifs de supplémentation pour l'allaiter.
Tout cela nous a permis d'être beaucoup plus à l'écoute de ses demandes, qu'elle exprime clairement par des mimiques, des gestes, des vocalises, quand nous sommes à table. Après avoir pendant un certain temps picoré dans mon assiette les petits morceaux fondants de légumes, de pâtes, de jambon aussi qui lui plaisaient, aujourd'hui elle a son assiette à table, dans laquelle elle picore ou non, selon son envie.
Elle aime tous les goûts, y compris les choses fortes, et adore les petits légumes (alors que ses frère et sœurs, pourtant nourris aux bonnes petites purées ne veulent pas en voir l'ombre d'un !)... pourvu que cela dure ! Olivia est très claire sur ce qu'elle veut : de la purée, ok, si c'est notre menu aussi. Mais si nous avons des pâtes, je peux remballer la purée que j'avais gardée pour elle…
En ce qui concerne les quantités, nous ne nous soucions pas de quelconques "recommandations"... nous évitons de manger deux fois de la viande le même jour, donc elle aussi, même chose pour les féculents, etc. Je pense qu'une alimentation équilibrée pour nous l'est aussi pour elle, qui reçoit en prime de nombreuses tétées. Si un jour elle grignote, c'est qu'elle n'a pas faim, elle se rattrape en général le lendemain ou les jours qui suivent.
Elle aime saisir les aliments, en tester la texture avant de les croquer ou de les suçoter. Ces jours-ci, elle est en train d'apprendre à se servir d'une cuillère, d'une fourchette, clairement pour imiter ce qu'elle nous voit faire, et c'est un régal de la voir développer sa motricité de cette manière, c'est impressionnant ! »
Stéphanie F., quatre enfants


Commentaires
Je pensais attendre que Clémentine ait 6 mois révolus pour lui faire goûter autre chose que mon lait.
C'était sans compter sur elle et ses idées bien arrêtées.
Elle avait 4 mois, et attrapait le verre que je tenais à la main et le portait à ses lèvres, tenant de le pencher pour boire comme nous le faisions.
Et puis un jour, elle a intercepté ma main sur le chemin de ma bouche, et a dirigé le morceau de melon que je tenais vers sa bouche à elle. Elle l'a léché, a prit le temps d'analyser le goût, puis l'a remit dans sa bouche et l'a sucé furieusement, avec délectation. Elle avait 4 mois et une semaine. C'était son heure.
Depuis, elle veut toujours goûter les nouveautés de nos assiettes, et même si je lui propose une purée de légumes lorsque nous mangeons quelque chose de trop allergisant pour elle, elle préfère encore que je lui écrase un peu du contenu de mon assiette pour le lui proposer.
A chaque enfant a son rythme !
Oui, chaque enfant est différent. Mon deuxième enfant a été allaité exclusivement jusqu'à 12 mois. Et mon quatrième commence déjà à lorgner sur mon assiette et à tendre les mains pour attraper ce qui s'y trouve !
Armand a maintenant 17 mois et ce n'est toujours pas un grand fan du solide....
les tétées sont toujours à la demande et très nombreuses (de jour comme de nuit)
je ne me pose plus de questions mais ce n'est pas facile tous les jours, malgré tout j'aimerais tout de même qu'il mange un peu plus de solides...
Mon bb fait ce qu'il veut !!! depuis 2 mois environ,il en a 8 aujourd'hui.
Il est toujours au sein à la demande mais il goute à tout et en particulier tout ce qui se trouve sur le parcours entre mon assiette et ma bouche ! les morceaux,il les gère à merveille,il aspire,il tète,il mastique (avec ses 4 dents) et recrache quand il trouve un bout trop gros.Au début,un peu comme tout le monde je pensais qu'il fallait mixer,malaxer,mouliner ! et en fait non.
Une pomme ou une carotte pelée/épluchée et le voilà à l'attaque ! l'artichaut,il a vite compris que seul une partie se mangeait,l'autre partie finit rapidement par terre ! Pour la clémentine ou l'orange,il suce les quartiers et rejette les peaux ! trop fort et trop drôle aussi....
Donc je vends un mixer tout neuf jamais servi !!!! (joke)
Je rêve de diversifier de cette manière ma fille Jeanne, qui a 7 mois et demi et qui est allaitée exclusivement! Mais à part le pain ou les quartiers de pomme, cela ne fonctionne pas! Et, bien sûr, les purées ne sont pas son truc! Quand on lui propose des courgettes cuites (en gros tronçon) ou des carottes, elle semble démunie...Faut-il attendre encore quelques mois? Je veux l'allaiter longtemps mais je souhaiterais qu'elle commence à manger autre chose...
Entre quatre et six mois, le nourrisson devient capable de digérer d’autres aliments que le lait. C’est également l’âge où les aliments lactés ne suffisent plus à combler ses besoins nutritionnels. C’est donc le bon moment pour commencer à diversifier son alimentation, qui peut devenir de plus en plus solide à mesure qu’apparaissent ses premières dents.
Cette diversification doit être progressive : laitages, légumes, céréales, fruits, viandes peuvent être ajoutés en douceur au menu de bébé, sans chercher à se précipiter car la diminution de la quantité de lait dans l’alimentation et une diversification rapide trop précoce peuvent augmenter les risques d’allergie alimentaire. Pour les éviter, il suffit le plus souvent d’introduire un aliment nouveau à la fois en laissant un intervalle de quelques jours entre chacun. Votre enfant vous fera vite comprendre ce qu’il préfère… Vous pourrez alors augmenter peu à peu les quantités selon son goût. Il découvrira ainsi de nouvelles saveurs et textures, en concordance avec son développement neurologique.
Mer-ci!!! Un vent de douceur et de tolrance vient d'arriver à moi. Enfin des discours et des résultats à l'écoute de nos bambins...mon second fils a cinq mois, et je me retenait de lui faire gouter tout ca qu'il attrapait dans nos mains. Je déculpabilise et vais le laisser explorer ce monde délicieux qu'est la nourriture, en plus de ses tétées...à son rythme.
Mon premier garçon avait été diversifiée classiquement et ce fut un échec: aujourd'hui il a deux ans et demi et c'est la croix t la banière pour le faire manger autre chose que ces repas types, et quant aux purées, on les laisse de coté que depuis quelques semaines!!! Je ne recommencerais pas la même erreur avec le second :) MERCIIII