Cuisiner avec les enfants
Par Grandir Autrement le lundi 3 novembre 2008, 08:00 - Témoignages - Lien permanent
« Pour nous, le repas est un moment sacré de retrouvailles, de plaisirs et de moments de discussions partagés. Donc nous essayons de transmettre ceci à notre fils de 4 ans et à notre entourage. Notre nourriture et notre façon de faire la cuisine a beaucoup évolué ces trois dernières années, au fil des allergies alimentaires qui sont apparues chez les uns et les autres (protéines de lait de vache, moutarde, papaye, puis gluten). Dès que mon fils a commencé à se tenir debout, il m'aidait à préparer certains plats où il fallait faire de la patouille (quiches, sauces, éventuellement sous notre surveillance), appuyait sur le bouton démarrage des robots et surtout léchait les restes et goûtait un peu tout en court de route. Puis il a commencé à transvaser farine et sucre lors de la confection des gâteaux pour Papa... Enfin, à partir de 2 ans, il est passé au "cassage des œufs" (à 4 ans, il arrive à séparer le blanc des œufs, enfin quand il est décidé...).
Cela permet d'apprendre à repérer les mots « farine » ou « sucre » sur le verre mesureur et à comprendre l'intérêt de compter pour respecter les bonnes proportions. À faire de la patouille avec maman pour certains gâteaux et pâtes, cela occupe les deux à la même activité. Bon, pour la cuisine des légumes, c'est plus dur car l'épluchage des légumes est encore trop difficile mais il peut participer au râpage des carottes sur une râpe pas trop dangereuse et avec nous. Nous avons aussi un appareil à julienne qui est utilisable par lui, et qui nous permet de réaliser soupes et petits légumes sautés. Pour la cuisson, on attend encore un peu, l'utilisation du gaz et d'une spatule présentant à nos yeux un trop grand risque. Mais il en est frustré... Cependant, la cuisson des crêpes se fait toujours au début à deux, surtout pour les faire sauter.
J'ai beaucoup pris sur moi pour le gaspillage en me rendant compte que ½ cuillère de farine par terre ou sur le plan de travail représentait une très grande surface... et si on a nettoyé avant, on peut récupérer. De plus, après, ensemble on nettoie, on range et on fait la vaisselle.
Mais le top final c'est le moment de la dégustation ou de faire plaisir à son papa ou tout autre personne qui vient à la maison. »
Lise G., un enfant
« Jusqu'à il y a peu, faire la cuisine avec les enfants était une source de stress pour moi. Cela tenait à ma propre conception de la cuisine : faire à manger, ce n'était pas "ludique" mais obligatoire, quelque chose que l'on fait avec une obligation de résultat à très court terme, et de manière répétée ! S'il m'arrivait de faire un gâteau accompagnée, c'est d'abord moi qui faisais, avec un seul des enfants, et je ne laissais accomplir que des tâches peu "risquées", donc pas trop de versement d'ingrédients, remuage sous haute surveillance, etc. Donc, ce n'était pas très détendu, on va dire, c'était même souvent source de frictions. C'était une joie que de se dire qu'on allait "faire ensemble", et une déception que de ne pas y arriver de manière satisfaisante, sur des disputes ou des réflexions.
Et puis nous avons modifié notre rythme de vie, avec l'arrivée d'un nouvel enfant, d'abord, qui m'a amenée à "lâcher" du lest, et aussi la décision de l'instruction en famille, qui nous a libérés de nombreuses contraintes horaires. Du coup, nous nous sommes aperçus que vivre en famille pouvait être l'occasion de partager les petits événements du quotidien différemment, de manière beaucoup plus cool, plus détendue, et nous nous sommes appropriés de nouveaux moments à partager. La cuisine en fait grandement partie, et notamment avec le papa, qui adore ce moment privilégié le soir, quand il rentre, et qu'il peut cuisiner avec ses enfants.
Nous avons eu des cuisines bien plus fonctionnelles que celle-ci, mais pourtant, nous avons bien plus avancé en matière de lâcher prise et de participation active des enfants aux gestes du quotidien dans ce petit lieu où on ne sait jamais où poser les plats ! Une amie, Gaëlle, a eu cet hiver ce mot très juste pour moi : "Quand je fais avec eux, je ne suis pas pressée. Ça met deux heures là où moi toute seule j'aurais fait en 10 minutes ; il y a de la farine ou du sucre par terre, mais ce n'est pas grave, on a fait des gâteaux, quoi !" Et c'est vrai. Ça m'a ouvert les yeux.
Depuis, quand on fait à manger avec les enfants (bon, un ou deux, pas tous en même temps car la cuisine en question est petite, donc !), c'est un moment de fête, et c'est vraiment du plaisir partagé. Il y a beaucoup d'écoute de part et d'autre, de la concentration, de l'imagination... La créativité de chacun est à l’œuvre et on a la satisfaction d'une réalisation immédiate, le résultat est visible et gustativement joyeux ! Qui plus est, là où ils ne goûtaient que la pâte du gâteau au chocolat qui restait dans le saladier, maintenant ils savourent ce qu'ils ont participé à élaborer (c'est de l'alchimie !), ils sont plus ouverts aux goûts, aux épices, et mangent à table des légumes (wahou ! ), même si ce n'est pas à chaque fois.
La nourriture est souvent un enjeu pas évident dans notre famille, comme dans de nombreuses autres, et le fait de faire la cuisine ensemble, en découvrant des ingrédients, des recettes, des améliorations "maison" a grandement participé à améliorer la qualité et la convivialité de ces moments vécus ensemble. »
Stéphanie F., quatre enfants
« Comme vous pouvez le lire sur mon blog, je cuisine tout le temps avec Rachel. Elle m'aide à faire les gâteaux, à remuer, elle est assise sur le plan de travail lorsque je coupe les légumes ou assemble une salade composée. Rachel monte sur son tabouret pour m'aider. »
Fanny A., un enfant
Commentaires
"Ici aussi nous avons découvert le plaisir de partager ensemble la cuisine. Depuis peu notre fils âgé de 17 mois met la main à la pâte ! Il nous aide à faire les crêpes, à touiller, etc.... Cuisiner pour ma famille était déjà un plaisir, puis une nécessité avec l'intolérance aux protéines de lait de vache de notre fils. Puis depuis ses 13 mois,je peux doucement réintroduire des PLV (crème fraîche, etc.).
Cuisiner ensemble c'est aussi lui transmettre le plaisir de faire et de manger des plats maisons, de goûter aux saveurs multiples selon nos envies, et surtout d'expérimenter par lui même.Je pense que cela l'aide à développer son imaginaire.
Et c'est véritablement un vrai instant de BONHEUR FAMILIAL !"
Anaïs S, un enfant de 17 mois et enceinte de 4 mois1/2
Cela fait plusieurs années (depuis la naissance de mon 1er fils) que j'ai changé ma façon de m'alimenter. Le point de départ a été l'allaitement : puisque je donne ce qu'il y a de meilleur dès le départ à mon (puis mes) enfant(s), autant continuer.
Donc, je me suis résolument tournée vers les produits bio pour toute la famille.
Puis, en cherchant pourquoi je prenais du poids sans raisons, mon médecin homéopathe m'a orientée vers la suppression du gluten et des produits laitiers : j'ai perdu 11 kgs en 6 mois, surtout grâce à l'éviction du gluten. Tout est d'ailleurs allé mieux dans mon corps grâce à cela : poids, digestion, ballonnements, tonus ...
Du coup, ma famille me suis plus ou moins, mais a quand même sensiblement changé aussi son alimentation.
J'ai appris à mieux cuisiner les légumes, il y a toujours quantité de fruits en libre-service (mes enfants se goinfrent de fruits, pas de gâteaux). J'arrive de mieux en mieux à cuisiner moi-même plutôt qu'à acheter tout prêt : cela fait partie de mon emploi du temps, ce n'est pas une charge supplémentaire.
Je suis assistante maternelle de 2 petits garçons de 1 an et quelques et j'aime beaucoup leur faire gouter des produits frais et confectionner moi-même leurs repas, tout comme je l'ai fait à mes enfants. Et les repas deviennent des terrains d'expériences de goûts et de textures.
Maintenant, j'aime cuisiner pour moi et les miens, même si les enfants sont parfois réfractaires à tester l'inconnu. Ils leur faut du temps, comme il m'a fallu du temps pour apprivoiser une autre façon de m'alimenter, qui n'était pas celle que j'avais connu petite.
J'ai commencer ce long périple à 29 ans ...
Claire-Lise, maman de 3 gars de 8, 6 et 3 ans