Vous autorisez-vous des variations par rapport aux mouvements vus en cycle de massage-bébé avec l’instructrice en massage-bébé ? Ou bien les mettez-vous en œuvre de façon rigoureuse ?

Je m’autorise beaucoup de variations, surtout pour Alice. Comme elle a deux ans, je dois m’adapter. Dès le début, avant de suivre un cycle de massage-bébé, j’avais envie de lui masser le dos, alors je lui en ai inventé un. Et même après avoir appris un massage du dos, je continue à faire aussi celui que j’avais inventé. C’est peut-être dû au fait que je suis kiné et que des mouvements me reviennent. Depuis que j’ai suivi le cycle de massage-bébé, je veille à respecter certains points, comme le fait de commencer par les jambes, parce qu’il me semble que c’est important dans les choses qui m’ont été transmises lors de ces ateliers. Ce que je garde aussi, c’est le fait de cadrer ce moment, c’est-à-dire que je demande son autorisation à mon enfant avant de le masser et que je clôture. Je vais parfois un peu vite parce que je ne veux pas lâcher en plein mouvement. Si j’essaie de faire les jambes, j’essaie en tout cas de faire les deux.




Comment s’est passée la découverte du massage avec Alice, vers 18 mois ?

Très bien. J’avais un peu peur qu’il soit presque trop tard. En fait, je la touchais déjà beaucoup avant cela et ce n’était pas vraiment nouveau pour elle. Le massage un petit rituel pour elle. C’est important qu’on le fasse fréquemment. Le cycle de massage m’a permis de le faire plus souvent. On a introduit le mot « massage » à la maison. Maintenant, Alice dit « rouler-rouler ! » pour le massage. On nous a proposé d’associer la parole aux mouvements, mais je le fais peu, sauf pour ce mouvement NDLR : mouvement où l’on fait ro.... Quand elle demande un massage, elle demande « rouler-rouler ! ». Je ne suis pas la seule à la masser. Son papa le fait aussi, à la demande d’Alice. Elle demande surtout à son papa et je lui propose également des massages. Je pense que c’est venu à la fin de la grossesse de Victor, moment où j’étais moins disponible et plus fatiguée. Son papa a alors pris le relais pour le bain et d’autres choses. Il était son interlocuteur privilégié. Il ne m’a pas demandé les gestes. Il ne fait pas les mêmes mouvements que moi. Je me suis retenue car j’interviens déjà souvent dans les gestes autour du bébé. Je trouve génial qu’ils aient trouvé des gestes ensemble. Ça leur convient à tous les deux. Je lui fais quelquefois des remarques sur la façon qu’il a de l’habiller. Je ne souhaite pas me mêler de sa façon de la masser. Je lui ai proposé de m’accompagner, au cas où je referais un cycle de massage, et il m’a dit « volontiers ! ». Mais je préfère qu’il masse comme il le fait plutôt que ce soit moi qui le lui explique. Je crois aussi qu’il masse Alice parce qu’il est beaucoup plus à l’aise avec les plus grands. Je ne sais pas s’il aurait envie de masser Victor maintenant, à 2 mois. Il a ainsi sa place…

Vous avez participé à un cycle de massage-bébé avec une instructrice en massage-bébé, alors que vous êtes kiné.

Oui. Pour moi, ce sont deux choses bien différentes. C’est personnel. Certains kinés massent davantage que d’autres. Dans mon travail, je ne masse pas beaucoup. J’autonomise beaucoup les patients et le massage ne fait pas trop partie de ma démarche. Le massage, c’est quelque chose que l’on reçoit et où on a toujours besoin de quelqu’un. Je le fais un peu, mais pas dans le sens d’une détente et de bien-être. Je le fais quand on me le demande, face à certaines pathologies, ou lorsqu’un médecin demande que je materne un patient particulier. J’adore recevoir ou donner un massage, mais ça ne fait pas vraiment partie de mon boulot. Quand je participe à un cycle de massage-bébé, ce n’est pas la kiné qui vient, mais la maman. Je n’ai pas envie de pratiquer le massage-bébé dans le cadre de mon métier. Je vois beaucoup de bébés en kiné respiratoire ; j’essaie plutôt de voir quelles sont les ressources des mamans pour détendre leurs enfants. Je peux leur proposer de participer à un cycle de massage, mais je ne vais pas en proposer moi-même. J’aime le toucher et le choix de ma profession n’y est probablement pas étranger. Il y a plein de facettes différentes du toucher.

J’étais attirée par le fait de prendre le temps pour toucher mon enfant et j’ai, en plus, découvert un aspect technique qui est bien agréable. Par exemple, si Alice a un peu mal au ventre, je lui demande si elle veut faire « le soleil et la lune » NDLR : un mouvement de massage circ....

Le rituel du massage a-t-il changé quelque chose dans votre relation avec Alice ?

C’est entré progressivement dans notre relation. Le cycle de massage-bébé m’a aidée à vraiment prendre le temps de masser Alice. Ces moments avec elle me manquent depuis la naissance de Victor. Avec Alice, nous étions présents tous les deux pour son bain. On se répartit davantage les soins aux enfants depuis qu’ils sont deux.

Ma façon de masser Victor est différente : je suis davantage orientée vers la technique et vers sa santé. C’est une dimension qui s’ajoute à la dimension relationnelle du massage. Je ne l’ai pas massé entièrement le premier mois. J’ai fait les choses par étapes. Je le porte, je le caresse quand il est vêtu.