Un petit enfant est d'abord tourné vers lui-même. Montessori lui fait découvrir le monde au travers de son corps et des sensations qu'il procure, lui apprend à les nommer et achemine ainsi tout doucement l'enfant vers l'ouverture aux autres et au monde.

En primaire, Montessori évolue avec l’enfant. Je le vois parfaitement avec mon fils. À la maison, ses activités spontanées sont davantage tournées vers les autres, vers la découverte du monde : l'histoire des hommes, d'autres façons de vivre, d'autres cultures et civilisations passées ou présentes, et tout ce qui se rapporte à la vie, sous toutes ses formes, l'intrigue et le passionne. Je le suis dans cette voie, qui n'est pas celle de l'école. Par contre, spontanément, il n'ira pas me demander des maths ou du français, l'école répond à ce besoin, je pense. Bien sûr, la pédagogie Montessori permet à l'enfant de travailler de façon plus autonome, en auto-correction, sans le regard de l'adulte. Mais cette pédagogie permet aussi à mon fils de comprendre les notions abstraites qui lui étaient parfois restées mystérieuses en classe et donc sert de remédiation, en offrant d’autres chemins à l’enfant pour aller vers la connaissance. Elle ne s'ajoute pas aux éventuels devoirs auxquels nous consacrons peu de temps. Cela me permet au contraire d’apaiser mes enfants et de faire de ce moment un temps d'échange et de complicité, un moment où l'enfant construit son estime de lui car il n'y a pas de jugement extérieur. Quant aux autres activités, elles ne sont jamais imposées et viennent répondre à un besoin de l'enfant, à une question du moment. Elles sont vécues par l'enfant comme un apport et non comme une contrainte. Les besoins de l'enfant sont toujours respectés dans cette pédagogie, que ce soit le besoin de rêver, de jouer, de courir ou de découvrir. Le but n'est jamais l'apprentissage seul mais bien la construction de l'enfant. C'est pourquoi je vis la pédagogie Montessori en famille parallèlement à l'école, non comme une méthode d'apprentissage qui viendrait en plus de l’école, mais bien comme une façon de vivre avec mes enfants dans le respect de leurs besoins, d'être avec eux et de les éduquer à la paix. »

Vanessa B., deux enfants