Tout ce qui se trouve à leur hauteur sont des choses qu’ils peuvent toucher, ouvrir sans crainte, le reste ayant été mis plus haut ou sous clef, de façon à créer le moins de frustrations inutiles. Il existe tout de même quelques exceptions comme mes plantes, mais cela ne pose pas de réels problèmes pour l’instant…

J’ai aussi, pour la sieste, uniquement des lits à leur hauteur, une tente-lit et une chauffeuse pour les plus grands, les plus petits par contre dorment généralement dans une nacelle, et la leur de préférence, pour qu’elles aient leur odeur. Mais je débute (et mon budget aussi) et je pense plutôt leur offrir un coin au sol revêtu d’une peau de mouton.

J’ai également organisé l’espace repas avec des meubles à leur niveau et des ustensiles adaptés, disposés à leur hauteur aussi, ils peuvent donc gérer leur préparation de repas de façon autonome.

J’ai tout de suite vu l’intérêt de pratiquer Montessori avec les enfants que je gardais : en effet, j’aménageais déjà l’intérieur pour mon petit garçon, alors de toute manière les autres enfants allaient en profiter ! De plus, je trouvais cela intéressant de voir ce que peuvent donner les activités Montessori sur différents enfants. N’évoluant pas tous de la même façon ni dans le même milieu socio-éducatif, ils ne sont pas aptes à faire toutes les activités au même âge ni de la même façon. Et je découvre avec passion comment ils réussissent à mettre en œuvre ce qu’il faut pour y arriver et s’appliquer.

Je profite toujours d'un temps où mon fils dort pour pouvoir faire une activité « montessorienne » avec la petite de 22 mois que je garde ; elle est plus concentrée et ce sont des instants où elle demande à faire des activités, alors que les moments avec mon fils sont des temps de jeux d’enfants que je ne veux pas interrompre.

Je lui présente l’activité lentement en lui montrant les gestes et en lui disant juste ce qu’il faut, quand il y a des gestes précis à exercer ou des consignes de vigilance face au matériel parfois fragile. Et je finis toujours par : « Maintenant, à toi ! Tu peux le faire si tu veux ! » Et je m’éclipse en la laissant gérer son activité. Et généralement elle enchaîne, sous mon œil discret et curieux !

J’ai suivi, comme toute assistante maternelle dorénavant, la formation obligatoire d’assistante maternelle avant de pratiquer mon métier. Je l’ai énormément appréciée et elle a suscité des interrogations, moi qui m’attendais à quelque chose de très formel et très technique, j’ai été surprise de pouvoir parler très librement et d’aborder essentiellement de la pédagogie, voire même souvent de la psychologie enfantine. Ce fut très instructif et très stimulant pour moi, c’est d’ailleurs la cause de mon engouement à lire maintenant beaucoup de livres sur la psychologie enfantine, et Montessori en fait partie.

Pour aller plus loin, je trouve que cette façon de faire avec les enfants devrait nous être enseignée dans notre formation obligatoire, mais il faudrait sans doute plus d’heures à notre disposition, ce qui serait encore plus d’organisation pour certaines. Mais cela vaudrait le coup ! Car cette pédagogie pourrait quelque part sublimer notre métier vu bien souvent comme un simple gardiennage, où l’on ne fait que changer des couches ou faire la popote pour des enfants …

Si toute assistante maternelle pratiquait Montessori (soyons fous), je pense qu'elles iraient plus loin que le simple rôle de « nounou » ou de « gardienne » et participeraient activement au développement de l’autonomie et à cette soif d’apprentissage naturelle chez les enfants, sans prendre le rôle d’une maîtresse d’école non plus. Ce serait merveilleux, c’est d’ailleurs pour ça que j’essaime au maximum, par les mails ou la parole, cette pédagogie à toutes et à tous, et surtout à ma mère, assistante maternelle elle aussi depuis 25 ans, qui est très intéressée par cette nouvelle approche !

Mélina S.