Faire garder son enfant : l'adaptation
Par Grandir Autrement le mardi 28 avril 2009, 00:11 - Témoignages - Lien permanent
!!!!Adaptation à la halte-garderie de Christina 13 mois, allaitée
J’avais pensé et même commencé les démarches pour inscrire ma fille de 13 mois en crèche lorsqu’elle était âgée de quelques mois, mais étant en recherche d’emploi et travaillant en intérim je n’en voyais pas vraiment l’intérêt au niveau financier et, surtout, en allaitant, cela aurait beaucoup compliqué les choses (utilisation d'un tire-lait ou donner du lait artificiel) et je n’y avais surtout pas droit donc au final je ne l’ai jamais inscrite.
J’ai décidé d’inscrire ma fille âgée de 13 mois à la halte garderie en décembre 2006, suite au comportement de ma fille qui recherchait le contact physique avec d’autres enfants lors de nos sorties. De plus, en travaillant en intérim, j’avais besoin de confier ma fille plusieurs heures par semaine. Étant diversifiée et marchant depuis l’âge de 10 mois, je me suis dit qu'elle était prête et moi aussi.
J’ai donc pris contact avec la directrice de la halte garderie proche de mon domicile qui m’a reçu très rapidement, le 14 décembre 2006. Lors de cet entretien, elle m’a présenté leur structure et leur mode de fonctionnement (horaires, repas, siestes, repas) et m’a fait visiter le bâtiment. Elle m’a informé des pièces administratives à fournir et a posé des questions sur ma fille.
À la fin de ce rendez, vous nous avons réservé six séances de 30 minutes d’adaptation pour la semaine du 15 janvier et début de la semaine du 22 janvier 2007. Cet horaire était fixé pour toutes les séances et correspondait à une heure qui convenait à ma fille (après la sieste de 15h à 15h30).
Nous avons donc rencontré le premier jour la personne « référente » qui prendrait en charge toutes les séances d’adaptation.
Durant chaque séance, je m’asseyais au centre de la pièce et nous discutions de ma fille, de ses habitudes de vie (sommeil, alimentation, jouets, doudou, tétines) en présence de ma fille et en interagissant avec elle. Elle lui a parlé et l’a intégré à la structure mais sans jamais la forcer. Elle m’a demandé les jeux qu’elle aimait et a trouvé des équivalents pour l’intéresser.
J’ai pu poser toutes les questions qui me passaient par la tête.
Elle m’a informé que, au cours de ses six séances, je devais rester avec ma fille dans la même pièce et lui parler le soir et le matin de nos séances et bien lui expliquer que l'on allait aller à la crèche et que maman serait là et qu’il y aurait plein d’enfants, etc.
La dernière séance correspond à l’inscription administrative avec la directrice. J’ai du donc prévenir ma fille que j’allais la laisser pour aller faire le dossier mais que je n’étais pas loin. Je lui ai fait un bisou et lui ai dit « à tout à l’heure ». La personne référente a bien vérifié que j’avais prévenu ma fille de mon absence. Elle m’avait demandé d’amener sa tétine pour son confort, même si elle ne l’utilise pas en journée, si elle se sentait un peu triste.
J’ai donc passé 30 minutes avec la directrice durant lesquelles nous avons rempli le dossier et calculer le tarif horaire de la garde en halte garderie. Elle m’a reprécisé le mode de fonctionnement, horaires ; en répétant qu'ils étaient flexibles à mes besoins et ceux de ma fille avec un nombre maximal d’heures par semaine.
J’ai abordé les problèmes de sommeil de ma fille avec la personne référente qui m’a affirmé que les enfants n’étaient pas mis au lit de force et dormaient à leur convenance et se levaient quand ils voulaient et pour une durée indéfinie.
J’ai re-abordé ce problème avec la directrice qui a été très compréhensive. Je lui ai dit que nous étions très fatigués de ce problème de sommeil et que nous hésitions à aller consulter un pédopsychiatre vu leur manque de formation sur l’allaitement. J’avais peur d’être jugée et que l’allaitement soit mis en cause directement sans chercher plus loin. Elle m’a alors déclaré qu'elle-même avait allaité ses deux enfants, qu’ils avaient pris sans soucis les biberons de lait maternel et qu'elle encourageait les mamans à ne pas arrêter d’allaiter suite à l’entrée en crèche.
Je me suis sentie de suite soulagée et surtout non jugée. Moi qui étais prête à laisser ma fille en halte garderie je me sentais encore plus prête et plus rassurée.
La directrice et la personne référente m’ont mise en confiance par leur professionnalisme et leur écoute.
Nous avions décidé de continuer sur ce rythme de 30 minutes deux fois par semaine, puisque ma fille avait commencé à pleurer au bout de 30 minutes. La personne référente pensait qu'elle n'était pas prête à être laissée plus longtemps pour le moment.
À la première séance, ma fille a beaucoup pleuré et ils m'ont rappelé pour que je revienne la chercher. Ils ne laissent jamais un bébé trop pleurer pour pas que ce dernier ne prenne la crèche en grippe.
Ils ont proposé de descendre à 20 minutes les temps de garde. Au bout de trois séances, comme ça ne marchait pas du tout, j'ai demandé à ma mère et à ma sœur de prendre en charge l'adaptation car je pensais qu'elle serait moins "traumatisée" si elle y allait avec quelqu'un avec qui elle avait moins d'attaches.
Au bout de 2 semaines, on est repassé à 30 minutes, puis 45 minutes, puis une heure. Finalement directement 2 h et tout s'est passé bien.
Depuis un mois, elle y va trois fois par semaine pendant 2 h de 15 h 45 à 17 h 45. Ça me permet d'avoir des après-midis de libre pour faire mes corrections.
A ce jour, ça se passe très bien. Même si elle pleure quand je la laisse, ça dure deux minutes et si on l'occupe tout de suite, elle ne pleure pas. Quand je vais la chercher, c'est à peine si elle me remarque, du style "ah ben pas déjà !". Et puis, certains soirs, elle me voit et se met à pleurer "mamamama". Mais si je la regarde avant, elle dit rien et joue.
Je pense que c'est suivant ses jours, ses humeurs... comme nous quoi.
Je ne la mets pas plus car étant "au chômage-intérim", je n'ai droit qu'à la halte-garderie, soit 3 après-midi par semaine.
Stephanie N.
Une adaptation progressive avec une baby-sitter
A chaque fois que j'ai eu besoin d'une nouvelle baby-sitter, j'ai fait de la même façon, surtout quand les enfants étaient jeunes. Après présélection, la première fois, la baby-sitter venait pendant deux heures, payées, mais nous restions ensemble, elle, les enfants et moi, à discuter (je lui posais d'abord des questions sur elle, lui parlais de notre façon de voir l'éducation des enfants). La fois suivante, la baby-sitter venait à la maison et s’occupait des enfants ; je restais à mon bureau pour travailler mais entendais ce qui se passait. C'est seulement à partir de la troisième fois que je m’absentais, quand je sentais que les enfants connaissaient suffisamment la personne et que j’avais également pu observer qu’elle était adaptée à notre famille. Ça m'a permis de m'assurer un minimum que ça se passerait bien.
Claudia R., maman de 3 enfants de 4, 7 et 9 ans.
Commentaires
Pour ma part, j'ai pu faire une adaptation hyper progressive avec la nounou de ma fille.
J'ai pris un congé parental et n'ai repris le travail que lorsqu'elle avait 10 mois et demi. Mauvais moment pour commencer à faire garder un enfant, en pleine phase d'angoisse de la séparation... Mais j'avais choisi la nounou alors que ma fille n'avait que 3 mois.
A l'automne, ma fille avait donc 5 mois, nous avons convenu de nous voir régulièrement pour une promenade ou un café, pour que Clémentine apprenne à la connaître.
Au fil de ces promenades, elle avec une poussette et moi avec l'écharpe ou le porte-bébé chinois, nous avons abordé tous les aspects de mon maternage, couches lavables, HNI et portage. Elle est tombée amoureuse de mon porte-bébé chinois fait maison. L'idée a germé, et en novembre nous avons attaqué la fabrication d'un chinois pour elle. Un jour par semaine j'allais déjeuner chez elle, puis nous cousions pendant la sièste des enfants.
D'une pierre nous faisions 2 coups, un porte-bébé, et une adaptation très progressive et respectueuse de bébé.
J'ai laissé pour la première fois ma fille au mois de janvier. 2h durant. Pour un long rendez-vous chez le dentiste. Et Clémentine était tellement à l'aise avec la nounou, les autres enfants, les lieux, qu'elle n'a pas pleuré ni même eu de coup de blues.
Elle est maintenant gardée 5 jours par semaine, de petites journées, depuis début mars. Elle n'a jamais pleuré lors de la séparation du matin. Elle saute dans les bras de sa nounou quand je la dépose et me fait à peine un câlin avant que je m'en aille. Elle a juste chouiné 10 secondes le premier matin après deux semaines de vacances.
J'avais conscience qu'une telle adaptation était précieuse. Je le réalise encore plus maintenant que Clémentine va chez une autre personne un jour par semaine (parce que sa nounou est en formation). Elle a vu 3-4 fois cette personne en présence de sa nounou, mais c'était des rencontres assez brèves, et sur une durée assez courte. Clémentine a pleuré très fort quand je suis partie, les 3 fois où je l'ai laissée. 5 minutes, puis tout va bien. Mais c'est une preuve qu'elle n'est pas aussi à l'aise avec les lieux et cette dame qu'elle ne l'était avec sa nounou.
Bref, si vous avez la possibilité de faire comme j'ai pu faire : de longues heures consécutives chez la nounou, en présence de la maman, sur plusieurs semaines (ou mois !), surtout, n'hésitez pas. C'est l'idéal je crois !
Une dernière chose...
La nounou de Clémentine va avoir en garde un tout petit bonhomme de 2 mois et demi à partir du mois de juin.
Elle a proposé à la maman de faire pareil que nous, parce qu'elle a réalisé à quel point une telle adaptation était bénéfique pour tout le monde.
Elles ont commencé la semaine dernière à passer 2h ou 3h ensemble chez la nounou une à deux fois par semaine.
Je suis heureuse de la voir convaincue à ce sujet, d'autant qu'elle pourra répandre la "bonne parole" en formation !