Au programme

Elle fête cette année son 30e anniversaire en France : depuis trois décennies, (cinq à l’international), La Leche League, association d’information et de soutien pour l’allaitement maternel, accompagne les mères et s’adresse aux professionnels. Pour sa huitième édition, LLL Loire-Atlantique organisait, en partenariat avec la Caisse d’Allocations Familiales de Loire-Atlantique, le Conseil Général de Loire-Atlantique et la Ville de Nantes, une demi-journée d’information gratuite et ouverte à tous, avec ou sans enfant sur le thème « Nourrir son bébé : priorité à l’allaitement maternel ».

Non seulement le lait maternel est primordial dans les premiers mois de vie, mais son intérêt persiste complètement et longuement en parallèle d’une autre alimentation. Ses bénéfices sont multiples sur les plans de la santé, mais aussi du développement psychomoteur, de la logistique et même de la relation affective.

L’édition 2009 a réuni plus de 400 personnes. L’association avait invité comme expert de l’allaitement, Carlos González, pédiatre, auteur de nombreux livres et membre du conseil médical de La Leche League International. Il a échangé avec le public dans le cadre de deux interventions : l’une sur la diversification alimentaire, l’autre sur les besoins affectifs de l’enfant.

En introduction, La Leche League Loire-Atlantique accueillait James Akré, spécialiste pendant 25 ans à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et présent lors de la consitution de LLL France il y a 30 ans. Celui-ci a resitué l’allaitement maternel dans le contexte social actuel. Allaitement, portage et maternage semblent « dans l’air du temps », même si leurs bienfaits concrets et réels ne sont pas toujours connus avec précision.

Enfin, en parallèle de ces interventions, le forum a permis aux participants de rencontrer différents partenaires, acteurs associatifs, institutionnels et privés, du maternage (naissance, allaitement, portage…).

Diversification alimentaire en toute liberté

Tout comme l'allaitement, l'alimentation complémentaire peut aussi se faire à la libre demande. Si l'enfant de deux mois sait quand et combien il doit manger, celui de neuf mois le sait aussi. La même chose que mange sa famille, sans purées, sans calendriers, sans mesurer les quantités. En mangeant volontiers, avec ses mains, en liberté.

Tels sont les messages essentiels délivrés par Carlos Gonzalez, balayant ainsi quelques mythes qui ont la vie dure. Non, l’enfant qui tétait jusque-là à la demande et était capable de prendre ce dont il avait besoin pour grandir, cet enfant ne devient pas sot dés lors qu’il est diversifié, au point que l’on doive décider pour lui des quantités d’aliments à ingérer : il continue de savoir manger les quantités qui conviennent à son appétit et sa morphologie, notions par ailleurs très variables d’un enfant à l’autre. La préoccupation sur l’éventuel manque d’appétit de l’enfant est d’ailleurs récente. Non, le lait maternel ne cesse pas d’être nourrissant : son apport calorique notamment reste supérieur à celui de nombreux aliments et la poursuite de l’allaitement en parallèle de la diversification est tout à fait justifiée. Non, le bébé ne prendra pas plus de poids avec les solides : un nouveau-né allaité exclusivement grossit proportionnellement plus qu’un bambin qui consomme aussi bouillies, viandes, légumes et fruits. Non, il n’est pas nécessaire de donner de la soupe : malgrè leurs qualités nutritionnels, les fruits et légumes sont bien moins caloriques que d’autres aliments que l’enfant préfère souvent, tels que riz, pâtes, pommes de terre ou viandes. Un seul point mérite vigilance : l’apport en fer, dont le lait maternel est pauvre, mais qui s’absorbe bien, exactement à l’inverse de celui du lait de vache. Certains bébés peuvent épuiser leurs réserves vers le milieu de leur première année.

Aucun fondement scientifique ne permet de dire quelle quantité de quel aliment un enfant doit consommer à quel âge. L’enfant est le mieux placé pour savoir ce dont il a besoin et pourra se diversifier librement, à partir de 6 mois, en consommant les mêmes aliments que sa famille, plutôt qu’une nourriture spéciale. Même s’il goûte de tout au début, puis réduit cette variété à partir de 18 mois, c’est normal et cela se régulera. L’autonomie est aussi à privilégier sur le plan matériel : tenir sa cuillère seul ou se débrouiller avec ses mains, avaler des petits morceaux, boire dans une tasse à anses sans bec… En matière de diversification, les grands principes à retenir sont : introduction d’un seul aliment à la fois, en petite quantité, après le sein, sans ordre particulier et sans contraindre l’enfant.

Les clefs pour laisser ce libre choix s’épanouir harmonieusement : comme pour l’allaitement, être toujours à l’écoute de son enfant ; et préserver sa dignité en ne le forçant jamais.

Une référence recommandée : plaquette « starting to spoon feed your baby » - Health promotion unit – Department of health and children – www.healthpromotion.ie

Les besoins affectifs de l’enfant

Les enfants demandent de l'attention continuelle, du contact physique. Ils ne veulent pas rester seuls, dormir seuls; ils pleurent en exigeant la présence de leur mère. Ce n'est pas une mauvaise habitude, mais une conduite complètement normale, l'expression d'un besoin.

Comme les autres experts de l’allaitement maternel, Carlos Gonzalez souligne une évidence trop souvent oubliée : l’être humain est un mammifère, et à ce titre, le petit d’homme a besoin d’une proximité physique avec sa mère. Avec une différence importante cependant : si certains mammifères sont capables dés la naissance de marcher et suivre leur mère (le veau, l’agneau, le faon…), si d’autres vivent en terrier et se protègent en restant silencieux lorsque leur mère s’éloigne (le lièvre par exemple), le bébé est un cas particulier : capable de faire ses premiers pas vers 12-18 mois, il aura encore beaucoup besoin d’être porté jusqu’à 3 ans, âge auquel seulement il devient « marcheur » (seul, longtemps…). Autre type de proximité : le partage du lit ou de la chambre pour dormir, conditions favorables pour allaiter mais aussi tout simplement rassurer l’enfant, et habitude ancestrâle. La notion de lit séparé et chambre à part, dans nos sociétés, est une expérience unique et très récente dans l’histoire de l’humanité. La séparation de la mère et de son enfant est le fruit de notre civilisation. Dans les sociétés traditionnelles, la mère participe avec son petit à la vie sociale, culturelle, religieuse… quotidienne !

Le premier attachement de l’enfant est celui qu’il a avec la mère. Toutes les autres relations viendront par la suite. Or une relation primaire de qualité est une condition incontournable de bonnes relations secondaires ensuite. De plus, un enfant qui pleure exprime un besoin à combler, physique et / ou affectif. Laisser un enfant pleurer n’est pas sain. Outre le fait qu’il finirait par se résigner durablement au silence, avec toutes les frustrations que cela implique, les pleurs ne sont pas propices à son développement : ses cris l’empêchent d’entendre, ses yeux fermés ne lui permettent pas de voir et sa position recroquevillée n’est pas propice au toucher et à la motricité.

Le maître mot pour accompagner le développement des enfants : non pas «éduquer », mais « aimer » !

Pour plus d'informations, contactez

www.allaiteranantes.canablog.com - 09 73 86 02 23 – iledenantesallaitement@yahoo.fr