Réponse à Élisabeth Badinter : La femme, élevée au rang d'être libre
Par Grandir Autrement le lundi 15 février 2010, 18:08 - General - Lien permanent
N'en déplaise à Élisabeth Badinter, la femme d'aujourd'hui a l'immense privilège de faire des choix, en toute conscience. Cette liberté, c'est ce qui l'élève, qu'elle choisisse de privilégier sa carrière ou, au contraire, de rester auprès de ses enfants, l'espace de quelques années ou plus. En faisant le choix de se donner le temps d'être pleinement mère, elle se permet de nourrir l'une des facettes de sa personnalité. Cependant, nous ne nions pas que certaines contingences font que le choix n'est pas toujours possible, que ce soit le choix de s'occuper de ses enfants à temps plein ou celui de travailler.
Néanmoins, j'ose affirmer que le maternage n'est en aucun cas réactionnaire, si tant est qu'il est pleinement consenti. Ce qui est souvent réactionnaire, c'est la vision de la société sur ce choix, l'incompréhension également.
De plus, la question du choix nécessite bien souvent d'être bien informé : par exemple, choisir d'allaiter ne peut se faire qu'après avoir reçu des informations complètes de personnes formées, ainsi qu'une écoute de qualité. Poursuivre ou non l'allaitement ne peut se décider que dans une société soutenante et que si l'on sait qu'on peut compter sur de l'aide en cas de problème. Poursuivre ou non l'allaitement en travaillant ne peut s'évaluer que si les conditions de travail permettent aux mères de tirer du lait dans des conditions décentes et avec du soutien. Faire le choix de recourir ou pas à la péridurale, ne peut se faire pleinement que si on a appris comment gérer réellement les contractions autrement pendant la grossesse, si les pratiques obstétricales suivent la physiologie. Ou choisir de retravailler tout de suite ou pas n'est possible que si on a des structures de garde si on reprend le travail, que si on sait qu'on ne remet pas en cause ses possibilités d'avoir un poste après si on reste avec ses enfants. Alors là, oui, les femmes pourraient vraiment choisir, en connaissance de cause. Pour le moment, ce n'est pas en traitant les symptômes que l'on résoudra le mal. Il faudra bien, un jour, s'attaquer au fond du problème...
Pourquoi tant d'acharnement à juger le choix de certaines femmes ? Pourquoi décrédibiliser à ce point l'allaitement, à l'heure où les autorités sanitaires françaises ont décidé de promouvoir l'allaitement ? Le fait d'être premier actionnaire de Publicis, dont Nestlé est un gros client, ne pencherait-il pas dans la balance ? Mais n'y a-t-il pas là conflit d'intérêts ? Et qu'en est-il de sa part d'action dans des firmes telles que Pampers, devant la vigueur à critiquer l'utilisation des couches lavables ? La question reste posée...J'irai jusqu'à demander s'il n'y a pas conflit d'intérêts entre les partisans de l'anti-allaitement et les soi-disant féministes. Les féministes n'ont-elles pas précisément lutté pour offrir aux femmes la liberté de disposer de leur corps ? L'allaitement est une part de la féminité humaine, si tant est qu'on l'accepte. Aujourd'hui, il s'agit de préserver les acquis des femmes, tout en continuant à faire évoluer la société, dans le sens du choix des femmes à décider de leur vie. Il est d'ailleurs intéressant de signaler qu'à en croire de nombreuses femmes, les maris sont parfois réticents à imaginer leur femme allaiter ou à les soutenir dans leur choix d'allaitement… Enfin, le progrès en matière d'égalité hommes-femmes ne se fera-t-il pas par le biais de l'éducation des enfants ? Mais cela sera-t-il possible si on conseille aux mères de ne pas élever leurs enfants de trop près, voire de s'en méfier, et de s'en remettre à d'autres ?
Quant à la question de la culpabilité, je pense également que de nombreuses mères culpabilisent en effet, mais parce que leur choix n'est pas pleinement libre, soit parce qu'elles n'osent pas, soit parce qu'elles n'en ont pas les moyens financiers (ou pensent qu'elles n'en ont pas les moyens). D'autres culpabilisent encore parce que la joie de penser à elles (en travaillant ou même en confiant leurs enfants quelques heures à garder) fait remonter en elles des blessures d'enfance, soit qu'on ne les ait pas autorisées à cultiver une certaine dose d'égoïsme durant leur enfance, soit que leurs parents aient eu l'impression de se sacrifier pour elles...
N'en déplaise à Élisabeth Badinter, je dirais, en reprenant le titre de l'ouvrage d'Isabelle Filliozat, qu'il n'y a pas de parent parfait. Personnellement, je revendique également le droit de ne pas vouloir être parfaite. Cela ne m'empêche pas de souhaiter vouloir améliorer mes relations avec autrui, y compris mes enfants. J'ajouterais qu'il n'y a pas de bon choix, simplement des solutions que des personnes trouvent à un moment donné, dans un contexte particulier. Les parents qui maternent, je l'espère pour tous ceux qui maternent, n'allaitent pas, ne dorment pas avec leurs enfants, ne portent pas leur bébé afin d'être une mère - ou un père, quoi que ces derniers n'allaitent pas, jusqu'à nouvel ordre - parfaite. Mais parce que c'est ce que leur dicte leur cœur. Ou bien encore parce qu'elles ont remarqué que cela faisait du bien à leur bébé. Et aussi : elles maternent parce qu'elles aiment ça ! S'il est parfois tabou de parler du plaisir sensuel que peut procurer l'allaitement et/ou l'accouchement, il serait peut-être temps de lever ce tabou : sans être un plaisir égocentrique, ce plaisir permet parfois de donner aux femmes le courage de continuer… Car, on ne peut certes pas nier que, lorsqu'on a fait certains choix éducatifs tels que materner ou encore éduquer sans violence, on est parfois tenté de faire machine arrière lorsqu'on est fatigué ou que l'on est préoccupé. Et pourtant, cette tentation n'est souvent que motivée par les modèles véhiculés par la société et les modèles parentaux que nous avons connus.
Je suis par contre très choquée de la vision du bébé comme instrument de la domination masculine. Ici encore, le bébé est dépeint comme l'ennemi et la relation avec le bébé se place encore sous le signe de la lutte de pouvoir. Quand sera-t-il enfin possible de concevoir que des relations (homme-femme, parent-enfant, notamment) peuvent être des relations égalitaires ou, du moins, gagnant-gagnant ? Une mère qui écoute les besoins de son enfant - et y répond, ne serait-ce que dans la mesure du possible - ne devient pas esclave de son enfant ! Cela signifierait-il dans ce cas qu'un mari, attentif aux besoins de sa femme, fatiguée, qui passerait la serpillère deviendrait au service des besoins de sa femme. Si c'est ce que peuvent penser certains "masculinistes" (anti-féministes), cette vision n'en est pas moins déformée par rapport à la réalité. Au sein d'un couple, la relation devrait être égalitaire et chacun devrait se voir comme un partenaire, un allié, prêt à écouter les besoins de l'autre, à tout le moins, mais à y répondre seulement s'il le peut et le désire. En ce qui concerne un bébé moins apte à comprendre que son parent a atteint certaines limites, il est possible de l'accompagner dans sa frustration, si le parent ne peut pas répondre à tous ses besoins (considérant qu'un besoin n'est cependant pas un désir et qu'un bébé ne fait donc pas de caprices).
Concernant votre vision des couches lavables et de l'écologie, je ne sais pas si cela vaut la peine de vous répondre… Je pense que si ce sont majoritairement les femmes qui font la lessive, c'est la société qu'il faut continuer à réformer, et non pas dénoncer les couches lavables. Et d'ailleurs, pourquoi un homme ne pourrait-il pas étendre des couches en sortant du boulot, alors qu'une femme sortant du boulot, si ? Enfin, dans ce cas, pourquoi ne pas développer les systèmes de ramassage et lavage collectifs de couches, comme cela se pratique beaucoup à l'étranger ?
Je tiens d'ailleurs à signaler qu'il existe des parents - et pas que des mères - revenus à l'âge des cultures tribales : rendez-vous compte, ces familles n'utilisent pas de couches ! Imaginez : des parents esclaves des besoins d'élimination de leur bébé… Si c'est ce que vous pourriez penser de prime abord, pour vous gausser encore d'une autre façon de materner, ces parents y voient au contraire le moyen d'être plus proches de leur bébé et de communiquer avec lui d'une autre façon encore. Ils sont satisfaits de savoir leur bébé non seulement éloigné des produits chimiques, mais réellement au sec, libres de leur mouvement. Ils se sentent d'autant plus compétents en temps que parents qu'ils savent qu'ils ont su montrer à leur enfant qu'ils étaient capables de l'écouter et d'initier un "dialogue".
Dans le cas des couches lavables comme de l'hygiène naturelle infantile (bébés plus ou moins sans couches), le bien-être de l'enfant procure du plaisir aux parents. Mais ce n'est pas un plaisir par procuration : juste le même plaisir que de savoir qu'un être aimé et proche va bien. Mais il est vrai que cette conception n'est pas compatible avec les intérêts financiers de certains lobbyings…
Si vous me le permettez, Madame Badinter, je voudrais vous inviter à ne plus juger les mères : ni celles qui maternent, ni celles qui ne maternent pas. Ni celles qui se préoccupent de l'écologie, ni celles qui n'ont pas ce souci. C'est dans l'absence de jugement que se situe la tolérance. Le choix de la tolérance, voilà un choix qui gagnerait à être partagé…
Carine Phung
Commentaires
Merci pour cet article. J'attendais votre réaction justement! Je partage entièrement votre point de vue. Je me suis sentie particulièrement blessée par les propos caricaturaux de Mme Badinter. J'allaite mon bébé, qui est en couches lavables, portée, écoutée (de notre mieux), qui dort avec nous. Et je travaille à temps partiel, comme le papa, afin de nous partager sa garde. Nous avons aussi des préoccupations écologiques. Je n'ai pas compris son agressivité envers notre mode de vie. Mais je n'aurais pas du être surprise car contrairement à ce qu'elle affirme, nous ne sommes pas la norme. Combien de fois est-ce que j'entends, "tu l'allaites encore? " "ton lait n'est plus bon" "elle dort avec vous, attention!", "tu ne devrais pas réduire ton temps de travail autant"... Je ne dois pas vivre dans la même société que Mme Badinter. Et je voulais faire un petit point sur les papas. Les compagnons / époux des mamans maternantes que je connais sont très très souvent des hommes qui partagent les tâches ménagères et paternent... Je n'en ferai pas une généralité tout de même, pour ne pas tomber dans les travers de Mme Badinter... Merci à Grandir Autrement de nous soutenir dans notre mode de vie.
merci de repondre ainsi (on pourrait presque dire en notre nom a toutes et tous!nous sommes tellement en accord avec vos dires!)
et merci a Grandir Autrement d'exister et de nous accompagner dans notre vie!
d'autres articles sur le sujet : http://blog.allaitement.mamanana.co...
http://bibliobs.nouvelobs.com/20100...
http://www.bordeaux-communiques.com...
merci de cette réponse ! Bravo !
avez-vous seulement lu le livre de Mme badinter?
Il ne s'agit pas de jugement sur les femmes qui allaitent ou non, sur celles qui utilisent des couches "bio" ou non! Ponderez un peu vos propos.
Elle ne s'attaque jamais aux mamans, elle s'en prend aux idées reçues, et à ceux qui les véhiculent.
Ces idées qui n'aident pas les femmes à s'épanouir dans d'autres domaine que la maternité.
et voilà que c'est bien dit! super! il faudrait lui envoyer!!!!!
:)
Tout comme Mélanie, une question me taraude: Avez-vous seulement lu le livre de Mme Badinter ?
Personnellement je suis en train de lire son livre et je trouve qu'elle fait hélas beaucoup de généralité à trop vouloir défendre la liberté de la femme elle emprisonne des mères comme nous qui avons fait des choix librement dans un carquant qui n'est pas le nôtre. Je pense que son interview sur france internet, lui a laisser dire des propos trop moralisateurs et généralistes qui au final déservent les femmes.
Maintenant je pense effectivement que son livre ne s'attaque pas au vrai problème.....Mais je continue à le lire car je veux en savoir plus sur sa pensée surtout que c'est une femme que j'ai toujours considéré pour son combat envers les femmes et le maternage proximal (sa jeunesse en afrique etc...). Mais j'étais comme nombreuses ici blessée par ses propos à la radio.... Bref je veux en savoir plus ! Car à trop être généraliste et caricatural, elle passe à côté de son message féministe je pense.
Je n'ai pas lu son livre, je l'avoue, juste lu et écouté ses propos qui ne m'inspirent pas à lire l'ouvrage...
Mais dans les liens que j'ai donné dans ces commentaires, 2 sont une réponse précise à son ouvrage...
Et si en devenant mère, on devenait femme? Et s'il n'y avait pas conflit entre les deux? Voilà bien une piste que Mme Badinter a négligé!
Pour ma part, je ne me suis pas sentie femme le jour de mes premières règles, encore moins aux suivantes!
Mes premiers rapports sexuels m'ont vaguement laissé entrevoir ce qu'était une femme, mais la sexualité est aujourd'hui si banalisée qu'elle ne fut pas, pour moi, un chemin vers la féminité.
Lire dans les yeux des hommes leur désir éveillât une certaine curiosité (et une envie d'en jouer!).
Mais s'il est bien un moment où je me suis sentie femme, c'est lors de mes grossesses. Aussi tristes, belles, épanouissantes ou frustrantes furent-elles! Sentir mon corps m'échapper, s'arrondir autour d'un grain de vie, devenir une terre nourricière, accoucher de cette vie, porter mes enfants, les nourrir de mon corps, etc… tout cela m'a fait devenir femme. Non pas femme comme opposé de l'homme, mais bien femme comme une entité différente, riche de compétences et d'une mémoire de la vie phénoménale.
Et c'est bien la femme que j'étais devenue qui a fait le choix de se consacrer à ma facette de mère. Et c'est encore cette femme qui a vibré à l'appel d'une liberté égoïste que je ne voulais pas partager avec mes enfants.
En moi résonnent deux personnes: la femme et la mère. Ecouter les deux, c'est cela qui m'a rendue libre et qui m'a aussi rappeler qu'il existait en moi une troisième personne en moi… la fille, l'enfant, l'héritière d'un patrimoine humain, celui de mes parents mais aussi celui de ceux qui m'ont précédée. Et c'est tout cela, Mme Badinter, qui me rend libre.
Renier la mère, c'est se renier soi-même (et combien de femmes souffrent de ne pouvoir devenir mère). Renier la femme, c'est renier celle qui fait devenir mère. Là encore c'est refuser ce que nous sommes.
Nous naissons tous et toutes, hommes et femmes, avec un bagage, plus ou moins lourd, mais qui fait de nous des êtres uniques.
Et si au lieu de vous préoccuper de cette minorité qui fait des choix "scandaleusement écologiques" (!) mais pour le moins éthique, vous vous préoccupiez un peu plus de ces mères qui, aujourd'hui, n'assument pas leur rôle de grand-mère… Comment devenir grand-mère quand on n'a pas pu être une mère libre? Ces grands-mères, maillons d'une chaîne, qui ne sont plus là pour transmettre et accompagner les plus jeunes…
Et si vous vous penchiez sur les hommes? Etre homme et père, est-ce un conflit pour eux? Un devoir? Une charge? Ou au contraire un chemin vers la liberté?…
Ah...une amie vient de me donner le lien de grandir autrement...j'ai eu hier la même démarche que vous sur mon blog ;)
Et il suscite autant de réactions...
Merci!
http://laviequonaime.blogspot.com/2...
Bravo! vous avez tout dit!
personnellement, je suis ingénieur et si à 20 ans on m'avait dit que je serai maman au foyer avec 3 enfants, j'aurais crié au scandale...
Et oui, j'ai été élevée comme un mec, dans un monde de mecs, avec un papa aimant et me souhaitant l'égalité des chances avec les hommes.
Tout ça est bien beau, mais on avait juste oublié de me dire qu'un jour je serai mère et que ce serait viscéral.
je ne peux plus voir le monde de la même manière, le maternage, la simplicité volontaire, plein de petits pas de tous les jours qui me ramènent vers mon moi profond, c'est vraiment ce que je ressens....
une femme est une mère potentielle, on l'a nié mais c'est profond...
Oui à l'égalité des chances, pas à l'égalité tout court...
Il y a tellement d'autres débats à mener pour les féministes...
La femme est loin d'être respectée dans tous les domaines, battons-nous la-dessus et pas sur les choix de chacune.
car, oui, aujourd'hui, le maternage écologique, c'est un CHOIX!
D'accord avec vous!
Nous avons aussi donné notre avis sur la question:-)
http://www.maybibou.fr/blog/2010/02...
Elodie pour maybibou.fr
Merci pour cette réponse! Je suis très en colère depuis que j'ai entendu ces propos! Je suis femme et mère, féministe et maternante! Aimant savourer la lecture d'un grand romancier ou d'un philosophe tout en donnant amoureusement la tétée à mon dernier né. Mon accouchement à la maison a été une étape presque initiatique dans ma vie, et un merveilleux souvenir pour nous tous. Et je suis en colère d'être ainsi publiquement jugée par cette femme qui semble en rester à une vision très manichéenne de ce que doit être la liberté de la femme : qui n'a que mépris pour la dimension coporelle de notre féminité. Qui disait "qui veut faire l'ange fait la bête?" Après avoir entendu pareils discours je n'ai aucune envie de lire son livre.
Je suis tout à fait d'accord avec vous. d'autant qu'aujourd'hui, la conjoncture fait que beaucoup de femmes ont plutôt l'obligation d'aller travailler pour assurer les finances du foyer alors qu'elles auraient bien pris plus de temps pour leur enfant.
J'ai la chance d'avoir pu prendre mon temps partiel, de pouvoir aller allaiter mon bébé à la crèche les 2 jours/semaines où je travaille, d'avoir le temps de m'occuper de ces couches lavables, de lui faire à manger bio, de la porter beaucoup. même si tout cela finalement ne prend pas tant de temps que cela. C'est plutôt la fatigue qui fait que cela est difficile. Et je constate qu'il y a beaucoup de mes amies qui le ferait aussi si elles avaient "osé" prendre le temps et vivre avec moins d'argent. Je ne lirai pas son livre non plus car il n'y a pas à débattre d'un problème où il n'y en pas. aujourd'hui, l'ennui est plus que les femmes qui veulent s'épanouir dans la maternité et l'éducation de leurs enfants ont des freins socio-économiques qui font que finalement nos libertés se réduisent. Si on s'investit au travail on est moins payé moins reconnu etc et si on s'investit dans l'éducation de nos enfants, on est stigmatisé comme décroissant, rétrograde ou anti-féministe. c'est affolant!