La finalité de mon projet peut se résumer en deux points :

- permettre la libération de la parole, le partage avec d'autres femmes, hommes, couples ayant vécu des situations similaires, offrir l'expérience de celles et ceux qui sont parvenus à surmonter leurs difficultés pour se retrouver amants ;
- offrir aux soignants des pistes de réflexion sur la manière la plus respectueuse possible d'accompagner les femmes qui accouchent, de leur faire prendre en compte la dimension sexuelle des individus afin que le couple puisse continuer à exister pleinement et de manière satisfaisante à l'équilibre de chacun sur le plan érotique.

Il y a un tabou à briser. Souvent, quand la sexualité du couple devenu "parents" est abordée, on tient compte du changement de rythme occasionné par l'arrivée du nouveau né (engendrant fatigue et épuisement nerveux), des hormones sécrétées durant l'allaitement (suscitant parfois des baisses de désir chez la femme) ou encore de la question de l'épisiotomie (il suffirait qu'elle soit bien cicatrisée et non douloureuse pour que tout rentre dans l'ordre - avec un peu de douceur et de patience de la part du partenaire).

Il est cependant rarement question des modifications profondes parfois vécues par les femmes pour ce qui est du rapport à leur corps et à l'expression de leur sensualité au sein du couple. On fait de même silence sur la manière dont les hommes ont pu être marqués par le partage de cette expérience (de manière choisie ou malgré eux) et comment le malaise de leur compagne peut les laisser démunis.

Une misère sexuelle et affective est parfois la résultante directe de la façon dont la mise au monde d'un enfant s'est déroulée. Le fait d'avoir un enfant en bonne santé ne suffit pas à combler les brèches qui se sont ouvertes dans la personnalité de l'un et/ou de l'autre. L'avenir du couple et l'épanouissement de chacun tient aussi à la complicité érotique qui unit les êtres.

Nous ne sommes pas que des parents.