Synthèse des deux premières conférences "Le développement du petit enfant dans le miroir de la biographie" et "Marcher-Parler-Penser".

Ces deux premières conférences ont rappelé l’importance de la petite enfance, notamment les trois premières années de la vie qui constituent la base fondamentale de l’individu. Les premiers mots de la conférencière Geseke Lundgren furent à ce sujet explicites en énonçant le fait que ceux qui s’occcupent des enfants de cette tranche d’âge devraient avoir un haut niveau moral et des qualités humaines supérieures.

Rudolph Steiner a mis en lumière « un effet miroir » dans la biographie de l’individu, les tranches d’âges se font miroir à différent moment de notre vie. Ainsi, la période de 0 à 3 ans est en miroir avec la période 18-21 ans, à cet âge les valeurs morales du jeune adulte, la manière dont il va appréhender les autres et le monde est directement reliée aux influences assimilées durant la période de la petite enfance.

Les trois premières années de la vie sont les années centrales durant lesquelles l’identité se constitue, elles sont la base d’une identité saine plus tard. Durant cette période, l’enfant va vivre une multitude de transformation sur le plan physique, psychique et spirituel. De la naissance ou il apparaît comme un être totalement dépendant à quelques années plus tard ou il rentrera en opposition avec la volonté de s’affirmer, de trouver son autonomie, d’agir par lui même. En l’espace de 3ans, il apprend à marcher, parler et penser.

La première année, l’enfant observe avant tout avec les yeux , son regard profond montre la présence d’une « vérité existentielle » au delà du paraître, il est capable d’un regard qui traverse notre personnalité et notre « je », c’est dans notre capacité à rentrer dans ce regard que nous donnons confiance à l’enfant, sans le fuir, sans s’y opposer, la relation se situe alors à un niveau beaucoup plus élevé que l’interaction de deux personnalités, cela déterminera sa confiance en lui même et dans les autres. L’important en tant qu’adulte est de sentir que nous sommes partenaire de l’évolution de l’enfant et non un dominant. Nous pouvons alors entendre comme le monde intérieur de l’enfant de cet âge qui nous dirait :

« J’ai confiance sur le fait que tu vas me respecter, que tu as suffisamment d’amour et d’intérêt envers moi, que tu vas accompagner ma volonté et non la couper, que tu vas m’aider à trouver ma propre verticalité, tu deviens alors, toi Adulte comme un ange gardien ».

Tous les troubles de l’adulte liés au désintérêt du monde, à un égocentrisme exacerbé sont ancrés dans cette première année, ce désordre pourra être solutionné par l’aide d’un thérapeute qui nourrit à nouveau cette confiance par son état d’être.

La deuxième année, l’enfant observe davantage avec ses oreilles. Apprentissage du langage, intensité de l’écoute décuplée. L’enfant écoute de manière objective, tandis qu’en tant qu’adulte nous avons une écoute sélective pour nous conforter nous même dans nos pensées et nos points de vue. Cette période d’écoute peut mettre entre parenthèse l’intérêt pour la marche.

La troisième année, l’enfant arrête progressivement de se nommer à la troisième personne, il revèle alors sa faculté d’une pensée dynamique. C’est une première forme de vie consciente. Ses résistances, ses oppositions renforcent sa capacité d’être lui même. Cette différenciation est une deuxième forme de séparativité qui fait écho à l’expérience du cordon coupé. Il comprends alors qu’il y a lui et les autres.

Il fut abordé également les différentes périodes de l’existence jusqu’à 63 ans en période de 7ans. A noter cette période importante aux alentours de 37 ans, dans laquelle l’individu intègre ou non les valeurs morales qu’il a développé, si il n’en a pas conscience il n’accueillera pas de manière positive la dernière période de sa vie et cherchera constamment à rester jeune.

Un des effets miroirs les plus important se situe également à la mort avec la période ou l’enfant acquière le « je ». En quelques sortens l’enfant de 3 ans dit « je suis » à tous ce que j’ai développé, puis à la mort ce «  je suis » rentre en rapport avec tout mon vécu.

Pour terminer, cette question fondamentale soulevée au cours d’une conférence : « Quel est le but du développement humain ? »

Réponse :«  La profonde aspiration de chacun à devenir profondément humain ». Les signes qui montrent le développement de notre humanité sont notre capacité à se relier avec comme aspect principaux l’honnêteté, l’intérêt pour l’autre, et le respect de la volonté libre de l’autre.