Récemment, Loïs feuilletait un catalogue de jouets et il m'a expliqué qu'il sautait les pages roses parce que c'est marqué "Filles" en haut. Je lui ai dit que, peut-être, il y avait des jouets "de filles" intéressants et il a bien voulu regarder certains jouets uniquement s'il y avait un garçon sur la photo. Par exemple, si une fille joue à la marchande et que le client en face d'elle est un garçon – dans ce cas, il trouve intéressante la caisse enregistreuse. »

Marjorie M., maman de deux enfants

« Depuis que nos enfants sont tout petits, nous faisons en sorte de leur acheter les jouets qui les intéressent sans faire attention au côté sexiste du jouet. Ainsi, cela ne nous a pas gêné d'offrir une cuisine et sa dînette à notre fils pour qu'il puisse jouer au restaurant ou de voir notre fille jouer aux voitures... Nous n'évitons donc pas certains jouets pour leur côté sexiste, mais cela me gênerait de devoir mettre mes enfants dans des chambres différentes et séparer les jouets... En effet, depuis toujours, les jouets se trouvent dans la même pièce afin qu'ils puissent tout les deux jouer avec ce qui leur plaît, quand cela leur plaît. Je pense qu'en séparant les jouets, on leur inculquerait implicitement qu'il y a des jouets pour filles et des jouets pour garçons... Je ne manque pas, d'ailleurs, de les reprendre, lorsqu'en regardant la pub ou les catalogues de jouets, l'un deux interpelle l'autre en lui disant "Oh, ça se serait bien pour toi : c'est pour les filles / les garçons !" Je pense que la société a un grand impact sur eux. D'ailleurs, alors qu'ils jouent indifféremment – chacun à sa façon tout de même – avec les dinosaures, poupées Barbie ou autre, dès qu'ils reçoivent des amis, on voit bien les garçons jouer au jeux dits "de garçons" et les filles jouer aux jeux dits "de filles"... Il est vrai qu'à l'heure où l'on nous rebat les oreilles avec la soi-disant parité, il est bien paradoxal de ne présenter aux enfants que des filles qui jouent à la dînette ou des garçons qui jouent aux voitures... Je pense tout de même que les garçons ont, en général, un penchant particulier pour certains jouets et de même pour les filles, mais la société a tendance à les enfermer dans des extrêmes en les empêchant d'expérimenter tout ce qui peut les intéresser sans limites sexistes... »

Rachida O., maman de trois enfants