Notre aîné Gabriel, 3 ans et 4 mois, est dans un jardin d'enfants Waldorf depuis septembre 2009. Je dois vous dire que nous n'étions pas des férus de la pédagogie Steiner, que nous ne connaissions d'ailleurs pas du tout. Nous avons "croisé" le jardin d'enfants tout à fait par hasard. Une amie, dont les trois enfants sont allés au jardin d'enfants, nous avait proposé, quand Gabriel était petit, de venir aux fêtes que l'école organise et qui sont ouvertes à tout le monde (marché de Noël, fêtes des saisons, etc). Nous regardions cette pédagogie d'un oeil un peu sceptique, mais je dois reconnaître avoir été très agréablement surprise, dès ma première visite, par l'ambiance qui régnait dans ce jardin d'enfants. Et je me souviens surtout d'avoir remarqué combien les grands aidaient les petits (à monter les escaliers, à s'habiller...).Puis le moment du choix d'une école maternelle est arrivé et nous sommes allés discuter avec la jardinière, au cas où... pour finalement inscrire notre fils un mois après.

Le jardin d'enfants Waldorf me paraît un beau cadeau pour un petit enfant. Mon fils y fait du pain, de la peinture sur du papier mouillé, et surtout il joue, il joue librement, aussi bien dans le jardin qu'à l'intérieur. Tout cela sans jamais être jugé (qu'il frappe ou qu'il soit frappé) et sans jamais être stressé. Et, je le vois à la maison, son imagination ne fait que se développer de jour en jour : un bout de pain est un crocodile, un bateau, un oiseau.

Les enfants Waldorf ont une façon particulière de s'adresser aux autres (adultes ou enfants), ils viennent vers vous, vous regardent droit dans les yeux et vous parlent, sans peur, d'égal à égal. Ce sont des enfants qui sont sûrs d'eux et qui ont confiance dans monde qui les entoure. C'est pourquoi nous envisageons de le mettre en primaire Waldorf le moment venu…

Ana Z.

Au début de mes années d'études je suivais le cursus classique des écoles publiques. Vers la fin de l'école primaire, bien qu'étant bonne élève, j'ai révélé un manque de confiance en moi qui paralysait certaines capacités, notamment les relations avec les autres élèves.

Mes parents ont alors décider de m'instruire autrement grâce à la pédagogie Montessori. L'accueil plus chaleureux et familial m'ont mise en confiance: la cuisine était biologique, chaque élève à des jours où il pouvait aider la cuisinière, plusieurs activités étaient proposées, comme la peinture avec la méthode Arnaud Stern, les cours du programme étaient suivis au rythme de chaque élève, certaines leçons étaient commune et les élèves s'entre aidaient beaucoup, plusieurs niveaux étaient mélangés. En école Montessori, les élèves sont plus libres et l'écoute de chacun est constant. L'idée essentiel est là : chaque élève a des besoins différents à des moments différents et respecter cela c'est respecter un cycle naturel, ce qui permet un développement de la personnalité, unicité et confiance en soi et du monde alentour.

Puis, pour l'entrée au collège, j'ai repris les cours dans un collège public qui ouvrait cette année là. J'ai  tout de suite ressenti une autre capacité à communiquer, mes notes ont montré une très bonne adaptation avec une moyenne de 18 (j'ai toujours aimé le travail et l'apprentissage).

En milieu de 5ème, après un déménagement et un nouveau collège, j'ai eu de grosses difficultés, celui ci n'était plus du tout adapté. Cette période m'a beaucoup cassée et j'avais besoin d'air et de liberté.

Alors un changement s'est imposé : je suis allée dans une école Steiner et j'ai intégré la 7ème classe (qui correspond à la 5ème). L'atmosphère y est autre qu'à Montessori : les emplois du temps sont définis,

Certains cours s'organisent par périodes, d'autres sont fixes : les périodes sont au début de la journée avec par exemple 3 à 4 semaines d'histoire, et ainsi de suite avec les autres matières du programme. Dans la journée, il y a des groupes formés et adaptables durant le cours de l'année d'environ : 10 personnes qui se répartissent dans des activités telles que le bois (sculpture, travail de la matière première), l'art, l'eurythmie, qui est une sorte de danse contemporaine : il y a un piano, nous devons être à l'écoute du son, des autres, de l'espace... - ainsi que des travaux manuel qui regroupent la couture, la vannerie et les confections diverses. J'ai beaucoup aimé cette année à l'école Steiner : j'avais le sentiment que le temps glissait calmement. Chaque jour, j'avais un grand plaisir  à me rendre à l'école et jamais je n'ai ressenti de tension, de stress. Dans l'ensemble, cette année m'a apportée du recul sur l'importance ou non des événements, une autre façon de gérer des conflits autant intérieurs qu'avec autrui et je me souviens que les élèves étaient particulièrement généreux et accueillants, à l'écoute des autres, très attentifs entre eux. J'ai appris à me faire confiance, à expérimenter mes choix sans suivre les voies toutes tracées. Je suis très heureuse de ces moments passés et j'en garderai toujours un souvenir ravi.



Et, enfin, l'année suivante j'ai repris le cursus classique et public. Alors remplie d'expériences fabuleuses, j'ai acquis de la maturité et développé un esprit critique face aux embrigadements de la société actuels, en respect avec ce que je suis.   Naomi F.

Je suis rentrée à l’école Steiner de Sarrebruck en primaire, à l’âge de 10 ans. J’y suis rentrée pour des raisons de respect du rythme de l’enfant. Je pense que ces écoles respectent effectivement le rythme de chaque enfant selon son tempérament. J'ai alors obtenu le bac allemand, l’Abitur. J’ai intégrée le cursus de traducteur et d'interprète à Sarrebrueck. L'expérience et la richesse de cette éducation m'ont permis de m'adapter sans aucune difficulté à mon nouvel environnement, y compris à l’esprit de compétition et à l'individualisme qui étaient monnaie courante. Je pense que je le dois en grande partie au système de l'école Steiner, grâce à tous ces professeurs qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour nous permettre, à nous, élèves, de devenir de futurs jeunes adultes équilibrés, en mesure de choisir leur chemin de vie, ceci en terme d'étude mais aussi en terme de valeurs humaines tellement véhiculées au sein de l'école Steiner. En effet, être accueilli individuellement chaque matin par son maître de classe par son prénom et par un sourire marque un enfant... Non seulement à la surface ,mais dans son être tout entier. Il se sent reconnu et accepté pour ce qu'il est et non par ce que l’on attend de lui et par ce qu'il produit. Ayant été scolarisée pendant 3 ans, de 6 à 10 ans au sein d'un établissement traditionnel, avant d'intégrer le système Steiner, j'ai pu en mesurer l’effet de cette différence !

De plus, intégrer un système Steiner multidisciplinaire m'a permis une adaptation professionnelle facile au sein de milieux très différents et d'intégrer avec aisance de nouvelles compétences en terme de savoir et de savoirs-faire… En ce qui me concerne, la pédagogie Steiner m'a permis d'élargir mon champ d'expérience au-delà des apprentissages classiques, dans des domaines comme l’art (musique, sculpture, dessin, peintures, arts plastiques…) les pratiques psycho-corporelles, et d'y trouver là un moyen de révéler ma créativité ; autant d’aptitudes transposables dans tous les domaines de la vie : personnelle, relationnelle, professionnelle…

J., 35 ans.

Je suis rentré à l’école Steiner de Verrières le Buisson (91) en classe de 6ème, à la faveur d’un déménagement qui nous a permis de nous rapprocher de l’école. Pour mes parents, ce choix était une évidence, un choix de vie : ma mère, d’origine allemande, ayant elle-même été scolarisée dans ces écoles. Mes parents sont tous les deux anthroposophes, c'est-à-dire partageant la vision du monde de Rudolf Steiner. Les fondements de la pédagogie de l’école prennent en compte le développement de la personnalité de chaque enfant et, ce, de manière équilibrée entre les pôles que sont la pensée, le sentiment et la volonté. Ayant passé mes premières années dans le circuit Éducation nationale, les différences les plus perceptibles ont été l’absence de compétition entre les élèves, l’importance des enseignements manuels et artistiques, l’organisation des enseignements principaux en « périodes » de trois semaines, l’importance de la vie sociale au sein de l’école par le biais des fêtes régulières.

J’ai suivi l’enseignement à Steiner jusqu’à la fin de la 11ème classe (équivalente à la 2nde), puis je l’ai quitté pour retourner dans la filière classique. C’est avec regret que j’ai quitté cette école, il m’a manqué l’année de 12ème classe qui clôture le cycle d’enseignement de la pédagogie. Si je m’y suis résolu, c’est que la formation que j’envisageais, celle de luthier, dispensée par l’Éducation Nationale à Mirecourt (88), imposait alors une limite d’âge de 17 ans à l’entrée.

J’ai donc réintégré le circuit dit classique pour les classes de 2nde, première et terminale. Je n’ai eu aucune difficulté à me réadapter au système.

La pédagogie Steiner m'a apporté une ouverture aux techniques manuelles et artistiques, enseignées avec sérieux, aussi importantes que les matières dites principales (maths, français, sciences, histoire géo, etc.) : histoire de l’art, histoire de la musique, musique, eurythmie (un art du mouvement), peinture, modelage (argile), tricot, dessin, couture, sculpture, dinanderie, vannerie, filage, tissage. Mais également une attention portée à l’humain, au sens de la vie, de l’évolution. Parmi mes camarades de classe, certains ont choisi de passer un diplôme (bac, études supérieures), d’autre non, mais tous se sont intégrés dans la vie active, à ma connaissance il n’y a pas de chômeurs de longue durée.

Nicolas D., luthier à Grenoble.

Je suis entrée à l'école Steiner au jardin d'enfant. Mon parcours est original. Mes parents font partie des pionniers de la pédagogie Steiner en Espagne. J'ai suivi leur parcours. J'ai fait un an au jardin d'enfant et deux ans de primaire à l'école Steiner de Chatou (région parisienne) pendant que mes parents se formaient à la pédagogie Steiner. Puis, ils ont ouverts l’école Steiner de Las Rozas (Madrid). J'ai donc poursuivi ma scolarité à l'école Steiner de Madrid, de la troisième classe à la dixième classe. Puis, nous avons déménagé en France et j'ai intégré l'école Steiner de Verrières les Buisson (Région parisienne). L'école Steiner m'a permis de passer par l'expérience avant la représentation intellectuelle. Au quotidien, les matières manuelles ont une place aussi importante que celles intellectuelles. J'ai passé des grands moments de bonheur à créer, à chanter, danser, réfléchir, jardiner, voyager... Quand on rentre dans une école Steiner, que se soit en France ou en Espagne, on reconnaît l'ambiance des couleurs aux murs, des repères communs qui font l'unité de toutes les écoles. La différence des pays est peut-être marquée par leur implantation dans le temps, mais cela ne change rien à la nature de l'enseignement, les différences se notent juste en moyens financiers immobiliers... L'énergie de cet enseignement m'a fait découvrir en tant qu'adulte le spirituel dans la vie, l'infini, l’unité des choses. Les limites de cette pédagogie pourraient être de figer l'enseignement comme une doctrine au lieu de rester attentif au vivant, mais cela appartient encore une fois à l'être humain qui transmet, au pédagogue. Je remercie le courage des personnes qui osent rendre vivant cet enseignement.

Alicia A.-M.