Florence M. : "Manger cru m'aide à être plus connectée à mes émotions et aussi à mieux les gérer. Par exemple, je vais pouvoir pleurer plus facilement quand j'en ressentirai le besoin, plutôt que de garder l'émotion toxique en moi sans pouvoir la libérer. Je trouve aussi que c'est une manière de célébrer la beauté de ce que la nature nous offre : on se réjouit de voir les belles couleurs des fruits et légumes, de profiter de leurs saveurs et je n'utilise quasiment que des couverts en bois. Manger, c'est ainsi aussi communier."

Isabelle C., trois enfants de 17 ans à presque deux ans : "J'avais commencé à manger cru quand ma fille aînée était toute petite. J'avais remarqué que j'avais plus d'énergie, que j'étais plus inventive, etc. Mais j'avais arrêté car l'un des inconvénients du cru, c'est l'approvisionnement. Cela nécessite des produits frais ! De plus, ce n'est pas toujours évident en sortie ou quand on est invité. Je m'y suis remise après la naissance d'Achille, en 2006, d'un seul coup. Du coup, cela a été brutal pour mon corps parce que je fumais, buvais du café… J'ai été malade deux ou trois mois et notamment constamment enrhumée. Puis j'ai rencontré une période de fort amaigrissement et j'ai été très maigre. Des professionnels de la santé m'ont rassuré : mon corps se détoxinait dans ses graisses et ses muscles. Par la suite, j'ai tout de même repris du poids, même si je reste mince. Toute la famille est passée au cru depuis deux mois. Quand j'étais en couple, mon conjoint avait introduit la malbouffe. Mon aînée, qui a 17 ans, se rendait compte qu'elle se sentait mieux avec le cru. Par exemple, elle n'avait plus de règles douloureuses. Du coup, elle le vit très bien et s'emmène son bento avec elle tous les midis. Ses amies piquent souvent dans sa boîte ! Ma fille de 21 mois, elle, ne mange quasiment que cru depuis qu'elle est diversifiée. C'est avec Achille que cela est plus difficile. Quand il mangeait cuit, il ne mangeait que du riz et des pâtes. Avec le cru, il reste sur des exclusivités alimentaires : bananes, noix et pommes. J'ai tout de même conservé un repas cuit par semaine, pour faire plaisir. Quand le reste de la famille mangeait cuit, ma seule difficulté était de veiller à m'approvisionner suffisamment. Ce n'est pas évident non plus quand on est invité : des fois, on me dit qu'on me prépare une salade mais il n'y a pas vraiment de quoi me nourrir, alors j'emmène généralement quelque chose. Je crusine tous les jours. Je prépare au moins une salade composée par repas, avec diverses sauces, et on mange des céréales crues une fois par jour. Je commence également à tester des recettes de desserts cru, maintenant que les enfants mangent cru eux aussi. J'essaie aussi de leur faire des choses ludiques avec des formes rigolotes. On mange un peu de viande et de poisson cru, occasionnellement. Je n'ai quasiment aucun matériel. J'ai un vieux mixer dont je ne me sers que pour faire des smoothies, de temps à autre. Je n'ai ni germoir, ni déshydrateur ni extracteur de jus et toutes ces choses qui me semblent compliquées ! On peut sans problème manger cru sans matériel. Maintenant qu'on est quatre à manger cru, on n'a plus les moyens pour manger tout bio alors on n'achète que la moitié en bio. C'est un compromis. Comme j'allaite, je n'ai pas encore eu mon retour de couches, mais avant ma dernière grossesse, je n'avais plus de règles, sauf si écart alimentaire. Il faut dire que je pratique aussi les bains dérivatifs."

Shazzie, créatrice de la marque de produits crus Detox Your World, mère et auteure notamment d'un très beau livre concernant l'alimentation crue et les enfants Evie's Kitchen : "J'ai commencé à manger cru en janvier 2000. Avant cela, je mangeais souvent cru et j'ai été végétarienne toute ma vie d'adulte. Je ne me suis jamais sentie bien lorsque je mangeais de la viande ou même lorsque je suis devenue végétarienne. Je souffrais souvent de dépressions. J'ai toujours été à la recherche de quelque chose qui me fasse me sentir bien. J'ai fait des tests et j'ai découvert que j'étais en carence de plusieurs nutriments. J'ai commencé alors à prendre plein de suppléments alimentaires et je me suis sentie mieux, mais ça ne me paraissait pas être la bonne solution. Il y avait peu d'information sur l'alimentation vivante autour de moi, à l'époque, mais j'ai trouvé deux livres sur le sujet. Ça avait l'air intéressant et ça avait du sens mais je n'étais pas encore convaincue. Et puis, on m'a offert deux livres sur l'alimentation vivante à Noël et l'un des deux m'a beaucoup parlé. Je me suis lancée dans l'alimentation vivante tout de suite après l'avoir lu et je me suis tout de suite débarrassée de toutes les maladies et déprimes. Notre famille étant constituée de ma fille et moi, le passage à l'alimentation crue n'a pas été un problème. Elle n'a mangé que des aliments crus pendant les premières années de sa vie. Elle fréquente maintenant des enfants "normaux" et son alimentation s'est donc beaucoup diversifiée. Elle mange des "super aliments" à tous les repas, un peu de beurre cru et des œufs bio. Ma fille, Evie, est différente des autres enfants en ce qu'elle est rarement malade. Parfois, elle a de la fièvre au moment des équinoxes et elle est malade un jour ou deux. Je lui donne à boire un médicament fait de miel, champignon reishi, minéraux ioniques et autres suppléments. Une fois, elle a eu la varicelle. J'ai appliqué un peu de sa propre urine sur les boutons, ils n'ont pas formé d'ampoule et elle n'a eu aucune démangeaison, ils sont juste partis. Pour être bien dans cette alimentation, il faut savoir s'organiser. Nous avons toujours un sac sur nous, au cas où Evie aurait faim. Il n'y a rien de pire qu'un enfant qui a faim et rien à acheter car tout est rempli de sucre ou de choses dont le nom est imprononçable. Nous sommes très sociables et Evie parfois se fâche parce que je ne veux pas qu'elle mange certaines choses. Mais comme j'ai toujours un sac de nourriture avec moi, il y a toujours quelque chose que je peux lui proposer en échange. Nous allons aussi dans des restaurants d'alimentation vivante où on peut manger des gâteaux et des glaces et passer un peu de temps. J'ai créé Detox your world (hhtp://detoxyourworld.com), la boutique en ligne, après la parution du livre Detox your world que j'ai écrit en 2001, alors que j'habitais en Espagne. Je prenais des bains de soleil pendant des heures et faisais du yoga avec mes amis, puis écrivais le livre pendant deux heures par jour. J'ai adoré ça. Alors que j'écrivais le livre, je me suis rendue compte que je recommandais beaucoup de produits que j'aurais pu vendre. J'en ai parlé à ma mère qui ne se plaisait pas beaucoup à son travail. Elle a été enthousiasmée par ce business novateur, et je l'ai embauchée à mi-temps pour commencer. Nous avons maintenant quinze employés et deux énormes entrepôts. Le business a grandi naturellement et j'emploie maintenant mes parents et ma soeur, c'est vraiment un business familial. Notre activité principale est l'import et la distribution de super-aliments bio et crus comme le chocolat cru (cacao), lucuma, graines de chanvre, mesquite, maïs pourpre, camu, acaï, etc. Nous sommes la plus grosse compagnie européenne de super-aliments. Nous vendons autour de huit cents produits différents, des machines pour faire des jus, jusqu'à des saunas infrarouges. L'entreprise publie aussi et distribue mes cinq livres. Et nous sponsorisons de nombreux événements en Europe. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour promouvoir la culture de l'alimentation vivante. Mes livres sont : Shazzie's detox delight, Detox your world, Naked chocolate, Evie's Kitchen et Ecstatic beings. Le premier est un livret avec cent recettes simples d'alimentation vivante. J'en ai vendu des dizaines de milliers tout au long de ces années. C'est une excellente introduction à l'alimentation vivante, et il est facile à emporter partout. Les premières éditions ont été photocopiées et agrafées à la main ! Detox your world est un condensé de quatre cents pages de renseignements sur comment "décontaminer" tous les aspects de la vie. Il y a cent recettes, des plans pour se "détoxiquer" et toutes les façons qui peuvent aider à avoir une vie plus légère. C'est ma meilleure vente et il est apprécié partout dans le monde par son côté pratique, simple et efficace. Naked chocolate a été publié aux USA, au Royaume-Uni et en Italie (en italien). Je l'ai co-écrit avec David Wolfe, reconnu comme la référence en matière d'alimentation vivante. Il est une légende dans notre monde ! Ce livre, ainsi que nos efforts, à David et moi, ont démarré la révolution du chocolat cru. C'est incroyable de trouver du chocolat cru partout dans le monde comme résultat de notre travail. Je remercie les dieux du cacao de nous avoir choisis pour porter ce message. Cela a été amusant par de nombreux aspects. Evie's Kitchen, c'est mon livre d'amour. Je l'ai écrit pour plusieurs raisons. J'ai croisé beaucoup d'enfants pratiquant l'alimentation vivante avec des dents malades et des problèmes de croissance. Quand je suis tombée enceinte, je ne voulais pas que mon enfant ait à souffrir de ces maux. J'ai fait des recherches pendant quelques années et j'ai consigné le résultat de celles-ci, ainsi que ma propre expérience, dans ce livre. Il contient beaucoup de recettes colorées avec des super-aliments crus. C'est une lecture essentielle pour tous ceux qui veulent élever leurs enfants dans l'alimentation vivante, le végétarisme ou juste en pleine santé. Ecstatic Beings est un livre que j'appelle "la bible des nouveaux enfants". Et je pèse mes mots. C'est un guide de survie sur tout ce qui se passe de bien maintenant mais écrit d'une façon assez terrible. C'est un livre grand format qui éclate de vie, de couleur et d'amour. Je suis en train de travailler sur des produits d'alimentation vivante faciles à utiliser pour les débutants, mais aussi pour ceux qui ont déjà un niveau plus avancé. Je suis contente de pouvoir les mettre sur le marché dès cette année. De plus, j'ai compilé tous mes nouveaux travaux dans "Shazzie's VIP room" (http://shazziesviproom.com). Il y a beaucoup de recettes uniques, de l'aide de la part d'experts du bien-être partout dans le monde, de nouveaux articles, mon blog, des outils de transformation et bien plus. Jetez un coup d'œil sur shazzie.com pour avoir une idée de mes derniers produits."

Yael C., http://mamayaya.org "C'est lors de mes études de naturopathie, il y a sept ou huit ans, que j'ai découvert l'alimentation vivante. J'avais suivi une conférence de Victoria Boutenko et des ateliers de Claudine Richard, toutes deux fort connues dans l'univers crudivore. Le soir même, je me suis dit : "Demain, je commence !" Aujourd'hui, j'ai trois enfants, qui ne sont pas crudivores. Je ne trouve pas que ce soit plus difficile de manger cru quand on doit cuisiner ou voir les autres manger cuit. Toute la famille est végétalienne. De plus, je ne mange pas cru à 100 %, mais plutôt à 80 %. L'hiver, je consomme un repas cuit. L'été, c'est plus facile et je peux facilement manger uniquement du cru. Je ne consomme plus du tout de produits laitiers et de céréales. Je crusine des recettes que j'ai mises au point, mais j'aime aussi tester de nouvelles recettes que je découvre. Tout dépend aussi du temps dont je dispose. Je trouve que le temps et l'organisation sont souvent ce qui me pose souci. Il faut souvent penser à l'avance à ce que l'on va manger car, faire germer des graines, déshydrater des aliments ou recettes, faire tremper des algues, etc., cela prend du temps ! J'utilise beaucoup le dehydrateur et l'extracteur de jus. Pour les enfants, ce dernier me permet de leur préparer des glaces crues ! Le cru m'a apporté une clarté mentale et spirituelle, du calme et, en même temps, de l'énergie. J'aime bien inviter les gens et leur faire découvrir ainsi de nouvelles choses. Si je pars à l'extérieur, j'emmène généralement des fruits secs avec moi. J'ai créé l'association MamaYaya il y a trois ans. Depuis septembre, je propose des ateliers de crusine, une fois par mois. De 3-4 personnes intéressées au départ, il y en a à présent généralement 7 ou 8 par atelier. Dans l'école où sont mes enfants, une maman m'a demandé de faire un groupe chez eux, à domicile. Pour certains, c'est un déclic. D'autres vont s'y mettre petit à petit… A la fin de l'atelier, on mange tous ensemble. Les gens s'aperçoivent que la satiété est plus vite présente et qu'ils se sentent mieux. D'autres peuvent avoir mal à la tête, au ventre, qui sont des preuves que le corps détoxine. Généralement, ça les interpelle… Je propose également des ateliers pour les enfants, mais qui ne sont pas complètement crus. Ils sont végétariens et sans gluten. Les enfants sont moins dans l'échange verbal, ils demandent à participer, ce n'est pas du tout la même dynamique."

Nicolas R. : "J'ai découvert le cru via la maman de ma meilleure amie. Elle m'a dit qu'elle avait découvert une toute nouvelle façon de manger. Je l'ai regardé avec des grands yeux en me disant que c'était insensé. Au début... Mais après, j'ai voulu réduire mon acné et une perlèche récalcitrante (même à la cortisone). Je l'ai donc contactée et elle m'a conseillé de réduire les pâtes (que je mangeais quasiment tous les jours) et d'essayer l'huile essentielle de géranium (pour la perlèche). Et puis, au fil des jours, mon acné s'estompa sérieusement et ma perlèche me faisait moins mal (mais ça n'était pas encore ça). À cette époque, j'avais arrêté la viande car ça plombait mon budget. C'est ces deux maux dont je n'arrivais pas à me débarrasser qui m'ont décidé à tenter le coup. J'ai tout essayé mais rien n'y a fait. Je me souviens, ma meilleure amie qui mangeait comme tout le monde m'appelait pour me dire : "Nico, j'en peux plus de manger de la salade !" Et, un jour, elle m'a appris qu'elle avait commencé le cru et qu'elle se sentait en pleine forme. Elle m'expliquait certains bienfaits et j'ai voulu essayer pour ne pas mourir con, comme on dit. Surtout que, comme je le disais, je n'arrivais pas à me débarrasser de maux gênants et disgracieux. Quand je m'y suis mis, je me sentais en pleine forme, serein, pas ballonné après les repas, c'était fantastique. Ma peau devenait de plus en plus propre et belle. Les gens me disaient que j'avais bonne mine. Et puis, j'ai perdu des bourrelets disgracieux et ça, j'en étais ravi ! L'hiver a passé et je n'ai eu ni rhume, ni grippe, ni sinusite ou maux de l'hiver. Et cela fait trois ans que je ne tombe quasiment jamais malade l'hiver. Au pire, un petit rhume qui dure 4 jours et basta ! Au quotidien, quand on vit seul chez soi, ça n'est pas contraignant. On fait ce qu'on veut à manger, on mange quand on veut, on se sent bien. A partir du moment où on est chez des gens, on est tenté, on est aussi questionné, on a l'impression d'embêter un peu les gens (ils se tourmentent toujours : "Qu'est-ce que je vais pouvoir lui faire à manger ?"), on fait inévitablement des écarts pour faire plaisir, pour manger un peu et pour éviter de se couper du monde. Ce qui est le plus dur, c'est les proches qui ne comprennent pas, qui se demandent quoi faire, alors qu'une salade suffit amplement. Après trois ans, mon corps ne supporte plus les écarts. Moi, j'ai toujours envie d'en faire, mais mon corps ne les supporte plus du tout. Depuis quelques temps, je suis obligé de ruser pour éviter de manger cuit et de me rendre malade. Je mange un peu avant d'aller chez les gens (qui connaissent mon mode d'alimentation et qui font un petit peu de cru pour moi), ou alors j'explique franchement que je ne peux plus faire d'écart ; soit, j'amène ma salade, soit je mange chez moi et je les rejoins ensuite. Je n'ai plus le choix, et ma santé passe avant tout."

Brian Clement, directeur de l'Institut Hippocrate (en Floride), docteur en nutrition, naturopathe et nutritionniste : "Je travaille depuis quarante ans dans le domaine de la nutrition et suis directeur de l'Institut Hippocrate depuis trente et un ans. Je suis venu cent cinquante fois en France, afin d'animer des séminaires ou événements de ce type. J'ai ainsi pu constater un énorme changement en Europe, notamment grâce à notre travail durant toutes ces années. On commence enfin à réaliser que notre système de santé n'est pas adapté et de plus en plus de gens prennent désormais leurs responsabilités. Depuis le démarrage de l'Institut il y a cinquante-cinq ans, nous avons vu des milliers de personnes aller mieux. L'Institut est né en 1956. Sa fondatrice, lituanienne, était atteinte d'un cancer de stade quatre et on lui avait donné six mois à vivre. Elle s'est souvenue de ce que sa grand-mère faisait pour se soigner grâce à la nourriture et aux herbes. Elle a alors ouvert l'Institut, à Boston à l'origine, pour aider les autres. L'Institut a déménagé en Floride il y a vingt-cinq ans. Les gens y viennent désormais du monde entier. Par exemple, un millier de personnes viennent chaque année des pays francophones. On reçoit des personnes malades, enfants comme adultes, des couples stériles, ainsi que, de plus en plus, des gens qui viennent faire de la prévention. L'alimentation n'est qu'une partie du programme. On essaie surtout de changer l'attitude des gens. Avoir une attitude positive donne envie de changer, de bien manger, de bouger, de s'entourer de choses positives dans sa vie. A l'Institut, nous promouvons une nourriture la plus vitalisante possible. Une nourriture "dense", à base de graines germées, de pousses, de noix, de graines et de tout ce qui est vert, notamment les jus verts. Les aliments qui ont reçu le plus d'énergie du soleil sont gorgés de vitamines, de minéraux et de protéines. Il faut savoir que l'alimentation vivante est d'abord venue du Danemark. C'est là-bas que se trouvait, il y a cent ans, le premier institut d'alimentation crue. Au départ, c'était donc un mouvement européen. L'alimentation crue est très développée en scandinavie. Il y a aussi un mouvement important en Angleterre et en Suisse. En France, cela prend de l'ampleur. Mais, dans les années 70, on trouvait déjà en France un petit mouvement ! Aujourd'hui, des éducateurs de santé formés par l'Institut viennent proposer des formations en France, dont Dany Culaud(petit1). Tout ne se passe pas qu'aux États-Unis ! Peut-être que nous portons la torche ici, mais il est temps de vous passer le flambeau…" 1 - http://www.danyculaud.fr , danyculaud@seme-la-vie.fr 06 19 95 65 95 ; 09 61 41 13 22 Dany Culaud est praticienne de santé, formatrice en alimentation saine et vivante, éducatrice sportive, fondatrice du site Sème la vie, qui distribue du matériel de cuisine adapté a cette alimentation. Elle organise également, chaque année, des voyages de groupe ou individuels en Floride au centre Hippocrate, organise des conférences et séminaires en France pour Brian Clement et, depuis douze ans, propose des ateliers de cuisine vivante auprès du grand public ou de professionnels, ainsi que des séjours santé par la cuisine vivante en Normandie.

Colette Pairain, crudivore et fondatrice des blog Vegan Bio et boutique Market Veg avec sa fille, témoigne : "Je fais régulièrement des animations en magasins bio pour faire goûter mes produits et j'ai de nombreux contacts avec les consommateurs. Il faut toutefois souligner qu'il s'agit là d'une population déjà sensibilisée, plus ou moins, à l'aspect "santé" de l'alimentation puisqu'ils ont choisi d'acheter "bio".  Les contacts sont donc facilités, mais je constate que la demande en informations est énorme. Ces animations se transforment souvent en "causerie-conférence" autour des bienfaits de l'alimentation vivante. Les échanges sont formidablement chaleureux et je crois que tous ceux qui s'arrêtent (souvent assez longtemps) à mon stand repartent ravis (en tous cas ils le disent, et semblent sincères). Je constate aussi qu'à part quelques rares personnes assez bien, ou très bien, informées en nutrition, l'ignorance est tout de même encore abyssale et surtout que les informations reçues sont erronées, basées sur ce qui se dit dans les médias, ou en diététique "classique", depuis presque un siècle. Il faut donc faire preuve de tolérance, de respect et de diplomatie pour apporter des informations contradictoires. Il me semble toutefois que la plus grande majorité se sent interpellée par les arguments donnés et repart de toute évidence (je peux le voir et le sentir) avec matière à réflexion !  J'ai d'ailleurs eu des "retours" quand on me dit, lors d'une animation suivante, que les smoothies verts ou plus de cru ont été ajoutés au régime quotidien. Il y a toujours, dans les "visiteurs", un assez fort pourcentage d'entre eux qui demande (presque en suppliant !) si nous n'organiserions pas des ateliers de crusine, alléchés qu'ils sont par notre petit album photo présentant des plats crus, végétaliens. Ces photos sont indispensables pour que la "cuisine crue" prenne un sens dans leur esprit, sinon la majorité en resterait presque exclusivement à penser salades et carottes râpées. Il me semble que si tant de gens "boivent" les informations apportées, c'est que souvent ils ont, ou des proches, des problèmes de santé qui ne se résolvent pas avec la médecine conventionnelle, qu'ils en ont marre des médicaments, ne savent pas vraiment quoi faire pour les éviter, et sont avides de connaître tout ce qui pourrait les aider de manière "saine et naturelle", sans "poudre de perlimpinpin"." Nadège, sa fille, ajoute : "Nous n'avons pas animé d'ateliers de crusine bien qu'il y ait une demande car nos emplois du temps sont déjà très chargés. Entre la boutique pour moi (et toutes les activités qui en découlent), la fabrication des crackers et autres produits déshydratés et les animations/démonstrations pour Colette ainsi que la sortie très prochaine d'un livre aux éditions Jouvence, la tenue du blog et la réponse aux nombreux mails et sollicitations pour nous deux, il serait impossible pour le moment de caser une autre activité. Toutefois, il m'est arrivé d'animer des ateliers "smoothies verts" dans des centres aérés, centres sociaux culturels et résidences pour personnes âgées et le retour a toujours été très positif. Les gens sont surtout très interpellés par le côté santé de l'alimentation vivante et surpris par le plaisir qu'ils trouvent à manger ce que nous leur proposons."

Claudie Botté, inventrice des barres crues Gourmie's : "Avec mon mari, nous tenions un restaurant végétarien, à Paris, puis nous avons passé cinq ans en Californie. L'alimentation étant là-bas pire qu'en France, j'ai entrepris des recherches pour trouver une alimentation plus saine. C'est comme ça que j'ai découvert la "raw foot" (alimentation vivante). La première année, il y avait en Californie un restaurant cru. Cinq ans après, il y en avait dix. La raw food a connu une véritable explosion, avec l'arrivée sur le marché des blenders et déshydrateurs, qui permettent une créativité incroyable. Comme je suis très gourmande, j'ai trouvé que cette offre en nourriture crue manquait en France, à mon retour. Je trouvais ça tellement dommage que j'ai eu l'idée de créer des barres crues ! Je l'ai fait en pensant aux enfants, qui les apprécient beaucoup, c'est un goûter super pour eux. Les barres viennent tout juste d'être commercialisées. Elles se conservent plusieurs mois. Pour l'instant, j'ai reçu un accueil enthousiaste. J'ai mis au point un petit livret avec, qui présente la "raw food" (je préfère ce terme) parce qu'il y un réel besoin de communication au sujet de cette alimentation. J'espère que mes barres gourmandes seront présentes dans de nombreux magasins bio. Pour le moment, elles sont dans six Biocoop autour de Toulouse, et dans la boutique Market Veg."

Amy Webster, qui tient le blog Simplement Cru, en Suisse : "J'ai découvert le cru un peu par hasard, quoi que je cherchais depuis plusieurs années une manière d'augmenter mon énergie. Je me suis rendue à une semaine de Détox basée sur le cru, le yoga et la randonnée au quotidien. Le programme était certes un peu radical, mais il m'a vraiment ouvert les yeux sur le lien indéniable entre alimentation et bien-être. On n'a pas souvent conscience de ce phénomène et ce n'est qu'en faisant l'expérience soi-même que l'on devient vraiment convaincu. Comme le programme le démontre, l'activité physique quotidienne y est aussi pour beaucoup. Mais la prise de conscience la plus phénoménale est sans aucun doute au niveau de l'alimentation. En privilégiant exclusivement (lors d'une cure) des aliments riches en nutriments essentiels et quasi dépourvus de toxines (sans produits laitiers, gluten ou protéines animales, c'est-à-dire seulement fruits, légumes et graines germées bio, non transformés et frais), on permet au corps de se nettoyer en profondeur, donc de se débarrasser des toxines accumulées. Le travail digestif est réduit, voire en partie éliminé, et il en résulte une énergie phénoménale et un état général optimal. Je tiens à préciser que ce programme suivait les principes de l'Institut de Santé Hippocrate en Floride, qui soigne de nombreuses personnes des maladies de la civilisation. Le régime est exempt de toute forme de sucre (ainsi les fruits sont exclus) et est essentiellement basé sur les légumes verts, les jus verts, y compris le puissant jus d'herbe de blé, et de graines germées. Une manière très efficace de relancer les processus métaboliques du corps et de nettoyer le terrain en profondeur. Cette expérience m'a suffi à vouloir apprendre, expérimenter et essayer de pratiquer cette alimentation au quotidien. Je suis revenue conquise et très motivée de poursuivre. J'avais l'impression d'avoir découvert un secret trop bien gardé ! Par la suite, il y a eu des moments où j'ai un peu perdu ma passion et ma conviction du début, ne serait-ce que parce que l'entourage et la société en général ne sont guère tolérants face à des changements alimentaires assez radicaux. Le plus dur était d'accepter que je ne pourrai sans doute pas convaincre mes proches, en tout cas pas par un dogmatisme acharné. Seul l'exemple peut convaincre les autres. Sinon, le chemin a été plutôt facile, car il s'est presque imposé à moi comme une évidence. Le cru m'attire plus que toute autre forme d'alimentation. Il me réussit et m'enchante, alors tout ceci me parait relativement simple. Notez cependant que je n'ai rien exclu de mon alimentation. Je mange encore régulièrement des aliments cuits, ainsi que des protéines animales, mais en faible quantité. Et je suis aussi très exigeante sur la qualité, l'origine, etc. Depuis maintenant un peu plus de quatre ans, je mange donc environ à 75-80 % cru. Pas tout cru pour deux raisons. En premier lieu parce que les contraintes sociales m'en empêchent (sorties au restaurant, chez des amis, voyages, famille ne mangeant pas tout cru). J'ai pris le parti de respecter mes choix le plus possible, mais sans nuire à l'harmonie sociale et au plaisir du partage. Ensuite, et c'est plus important, parce que mon instinct profond n'était pas enclin à tout éliminer. Je suis profondément convaincue que l'occident fait des erreurs alimentaires fondamentales au niveau de la qualité (aliments trop raffinés, trop gras, trop sucrés, trop riches) et de la quantité (beaucoup trop importante). Pour moi, une alimentation essentiellement crue, aussi "propre" possible, est une solution gagnante. Il n'est pas absolument nécessaire d'éliminer tout ce qui n'est pas cru. Je laisse donc la place régulièrement à des petites quantités de viande et de poisson de qualité supérieure (sauvage ou élevage traditionnel, souvent crus), au fromage au lait cru ou fromage de chèvre ou de brebis, ainsi qu'aux meilleures céréales complètes (riz, quinoa) cuites. Cette alimentation m'a permis d'atteindre un niveau d'énergie largement supérieur à la moyenne, un rajeunissement physique et mental, un sommeil plus profond et plus réparateur, une immunité renforcée (plus jamais de rhumes), une meilleure concentration, des humeurs plus régulières, un meilleur équilibre émotionnel, une connexion intérieure et extérieure, un bien-être et un bonheur basés sur une forme optimale et une mission de vie alimentée par une passion que je souhaite partager ! Je vais avoir 50 ans cette année et je me sens plus jeune que jamais ! J'ai encore tant de choses à réaliser dans cette vie, je remercie l'univers de m'avoir fait découvrir le cru. Un seul regret : ne pas l'avoir découvert plus tôt ! Ma famille (je suis mariée, dans une famille recomposée avec trois enfants et deux beaux-enfants) mange beaucoup plus de cru que la moyenne. Des jus, smoothies, salades, graines germées et super-aliments (pollen, maca, algues, chanvre) sont consommés régulièrement et font partie du quotidien. Pour le reste, ils complètent tous avec une alimentation classique mais de qualité supérieure (cuisiner à base de produits frais, légumes à tous les repas, pas de produits sucrés ou raffinés) et j'ai le sentiment que les graines (au figuré !) sont désormais plantées dans l'esprit des jeunes adultes, même si leur alimentation laisse souvent à désirer. Ils feront leur propre chemin avec les informations que je leur ai fournies. Je ne peux pratiquement pas faire plus que leur proposer des choix sains et d'en expliquer les raisons. Nos repas de famille sont donc constitués de plats divers pour répondre aux besoins et aux préférences de chacun. J'ai appris avec le temps qu'il n'est pas obligatoire de manger tous la même chose pour être au diapason ! J'anime des ateliers de crusine qui sont d'une richesse inouïe pour moi. Ils me permettent de transmettre ma passion et mes connaissances, de partager mon expérience et de justifier mes choix. La plupart des participants sortent enrichis, voire même conquis : ils ne regarderont plus leur assiette de la même manière et gagnent en confiance en eux, en la nature et en la capacité du corps humain à corriger les erreurs et guérir en profondeur. Ils sortent parfois l'esprit confus par tout ce qu'ils ont appris de nouveau, mais leur curiosité est à chaque fois aiguisée et une grande prise de conscience en résulte. Ils réalisent enfin qu’ils peuvent vraiment se prendre en charge ! Les retours sont presque unanimes : ils ont adoré les explications détaillées, les dégustations et les nouvelles saveurs, et me remercient pour mon énergie et mon enthousiasme. Je les vois repartir avec des étoiles plein les yeux. J'en suis réellement enchantée : pour moi, c'est un cadeau !"

__ Alimentation Frugivore__

Michel : "Depuis mes débuts sportifs, j'avais de l'intérêt pour les effets de l'alimentation sur mes performances, mais je n'avais jamais pris le temps d'étudier le sujet. En 2008, j'avais atteint une apogée dans mon mode de vie. J'étais parvenu au maximum de mes possibilités, professionnellement, physiquement et dans ma vie familiale. J'en faisais trop mais ne le percevais pas car je baignais dans un "nirvana mental" et stimulais continuellement tous mes sens. Une blessure me força au repos total, et soudainement je bénéficiais de près de 2 heures de temps libre par jour, ce qui me permit de faire des recherches et de découvrir l'alimentation vivante, puis l'ouvrage du Dr Doug Graham, The 80/10/10 Diet. Profitant de l'ouverture créée par le changement forcé de mon mode de vie et d'une période de plusieurs semaines où j'ai vécu seul, et n'aimant pas faire les choses à moitié, je décidais du jour au lendemain de m'alimenter selon les recommandations du Dr Graham, en consommant exclusivement des aliments d'origine végétale crus, complets, frais, mûrs et biologiques. Immédiatement, j'en ressentis des bénéfices conséquents : digestion facile, clarté d'esprit, meilleur sommeil, etc., et décidai de continuer à m'alimenter selon ce mode une fois ma famille revenue. Après bientôt trois ans d'alimentation 100 % crue, je n'ai aucun désir de faire marche arrière car les bénéfices sont bien trop importants : j'ai notamment guéri d'une maladie auto-immune réputée incurable. Je comprends de mieux en mieux le fonctionnement de mon corps, ses besoins caloriques et nutritionnels, et ses réponses aux prises alimentaires. J'évolue vers une vie de plus en plus instinctive. En bref, je m'établis dans ce régime pour le long terme, sans doute pour le reste de ma vie. Ma femme et mes enfants n'ont pas encore atteint le 100% cru, mais je n'ai pas la volonté qu'ils adoptent le même régime que moi. Mon souci principal est qu'ils comprennent les principes généraux de l'alimentation saine… On peut manger cru de manière bien pire que cuit, en commettant des erreurs fatales pour la santé ! Le livre The 80/10/10 Diet m'ayant tant apporté, j'ai commencé à organiser sa traduction. Le texte français devrait être publié début 2012. Je publie des articles à propos de l'alimentation crue et de l'hygiénisme sur mon blog : http://michelnature.com Avec ma famille, j'ai le projet de quitter le mode de vie moderne pour m'établir dans un jardin d'Eden, loin du stress. À suivre…"

Catherine : "L’alimentation crue a totalement changé ma vie ! Après des années de tâtonnements, d’essais et d’erreurs et de frustration, j’ai enfin trouvé l’alimentation qui me fait me sentir vivante et en santé. J’ai découvert l’alimentation crue après être allée consulter une naturopathe spécialisée en alimentation et en intolérances alimentaires. Elle m’a partagé plusieurs de ses succulentes recettes et j’étais partie ! Au fil de mes lectures, principalement sur la toile, j’ai découvert l’alimentation crue faible en gras (aussi appelée 80/10/10) et ce fut une révélation pour moi. Depuis lors, les migraines qui m'empoisonnaient la vie ont pratiquement disparu, j’ai les idées claires, la peau radieuse et je me sens tellement calme et centrée, c’est incroyable ! Quand je suis invitée chez des amis, j’amène un ou deux plats à partager (des recettes de grandes occasions) et je fais ainsi découvrir l’alimentation crue à d’autres. Et comme ça, je n’ai pas de migraine le lendemain. Au début, ça n’a pas été facile avec les enfants, mais peu à peu, je trouve des recettes qui plaisent à tous et qui nous nourrissent sainement. Les smoothies verts, les laits de noix à la caroube crue et aux dattes fraîches, les purées d’avocat, les chips de chou kale, les salade vertes avec une sauce au tahini… C’est si simple et rapide de manger cru, et c’est tellement sensé !"

Carine : "L'alimentation vivante me réjouit. Je me sens plus légère, de meilleure humeur, plus apte à relever des défis ou subir des contrariétés, ma peau est belle, je lave mes cheveux moins souvent, mon transit est plus régulier, je me sens plus tonique et mon corps est raffermi. Je sens que mon énergie circule librement. Je n'ai même quasiment plus de menstruations, je peux les maîtriser de manière à n'avoir presque pas besoin de protection féminine et celles-ci sont complètement calquées sur le cycle lunaire. Ma difficulté, c'est de ne pas me laisser tenter lorsque je suis invitée chez des amis, surtout quand je me sens obligée, si c'est des personnes que je ne connais pas intimement. De plus, j'ai adopté un mode de vie qui complique les relations sociales puisque mon premier repas est autour de 14h et mon second et dernier, à partir de 17h ! Mais après avoir essayé toutes sortes de rythmes, c'est celui qui me convient le mieux : j'ai besoin d'une grosse période de jeûne pour réellement digérer complètement. Et depuis plusieurs semaines, je me couche plus tôt, alors l'horaire de souper est encore plus précoce. Ensuite, je bois un grand jus vert (au moins 60 ml) et je mange des fruits. Suffisamment pour me sentir rassasiée. Comme j'ai encore du mal à m'arrêter avant satiété ou même à satiété, j'essaie de prévoir une quantité moyenne que je sais me convenir, en principe et j'essaie d'ajuster. A partir de 17h - rarement après 17h30 - je remange un tout petit peu de fruits, une salade et souvent je consomme un smoothie de bananes, dattes et caroube agrémenté de quelques noisettes, pour avoir ma dose de calories. Je n'arrive pas à manger de bananes autrement que sous cette forme en fait et ce petit dessert est une vraie addiction, je l'avoue. Ces derniers temps, j'ai souvent passé la salade le midi, après les fruits, et donc mangé un repas plus léger en début de soirée, ce que j'ai ressenti comme meilleur pour la digestion et le sommeil. Tant que je respecte ce rythme, je ne ressens aucune frustration et me sens beaucoup plus zen. Je peux même différer mon premier repas jusque 13 ou 14h, si j'ai des choses plus urgentes à faire. Mais pour le soir, pas moyen de différer ! Idéalement, je suis assez attirée par l'instincto, sur un mode végétalien, mais je sens que je ne pourrais pas abandonner la consommation des jus et smoothies, du moins pour l'instant, car cela contribue à mon équilibre. Absorber beaucoup de légumes à feuilles vertes sous cette forme, à la rupture du jeûne quotidienne, m'apporte beaucoup, par exemple. De plus, je n'aime généralement pas manger les peaux. Par contre, j'essaie de faire autant que possible de ne manger qu'un seul aliment à la fois, avant une courte pause pour le suivant, et j'essaie de faire des repas composés d'un seul aliment, de temps en temps. C'est tellement mieux pour le corps. Cela m'est plus compliqué pour les légumes car j'aime bien faire des mélanges, même si j'évite au maximum les huiles, qui sont un produit transformé en gras concentré. De plus en plus, j'essaie de les manger sans assaisonnement du tout, pour savourer leur vrai goût. Et je garde les recettes de crusine telles que les desserts, pâtés et autres préparations pour les journées festives, les repas partagés ou encore en période de menstruations, où je me sens très attirée par les aliments gras en début de cycle. En fait, j'ai adopté un alimentation plutôt 80/10/10, avec un peu de crusine plus traditionnelle, si on peut dire et je sens que ce compromis me convient parfaitement. Ce qui est amusant, c'est que quand je mangeais cuit, je ne digérais pas les fruits et ne pensais pas pouvoir manger cru avec beaucoup de fruits. Mais, en fait, c'est juste que je ne pouvais pas concilier la digestion du cuit avec celle des fruits car cela fermente si les autres aliments ne sont pas encore digérés. Même en essayant de manger des fruits au goûter, c'était encore trop proche du repas de midi pour mon organisme ralenti par l'alimentation cuite. Pour moi, l'alimentation crue, c'est un cadeau que je me fais à moi-même. Je me sens connectée avec toutes les dimensions de mon être et avec le monde. Du coup, c'est quelque chose que j'ai envie de partager avec les enfants. Les fruits sont en libre accès, et j'essaie de leur proposer des légumes crus à chaque repas. Deux fois, par semaine, je fais un buffet cru où il y a plein de choses différentes à piocher. Ils mangent de plus en plus de cru, et j'espère que ça ira croissant !"

Carine : "Personnellement, je mange cru et j'ai choisi de me passer d'un deshydratateur. Par contre, j'ai investi dans un extracteur parce que j'aime beaucoup les jus verts et que, juste mixé, je trouve que c'est nettement moins agréable. Et parce que l'extracteur ne fait presque pas de déchet, quasi tout est transformé en jus ! Et que si je ne faisais pas ces jus, je mangerais nettement moins de feuilles vertes, ce qui compromettrait mon équilibre alimentaire. Mais je pense sincèrement que, même sans être instincto, manger cru peut s'avérer en fait très simple ! Il n'y a pas besoin de cruiser des "préparations" tous les jours, d'ailleurs (perso, mes seules préparations sont les jus, sinon je crusine seulement quand ça me fait réellement envie). Au contraire, je trouve que les repas composés d'un seul aliment, ou bien alors où les aliments ne sont pas mélangés les uns avec les autres, sont bien plus appréciables pour le corps. Cet investissement dans un extracteur de jus performant est moins cher que d'investir dans un four/cuisinière et autres accessoires dédiés au cuit - machine à pain, pétrin, et autres appareils parfois super chers -, quand on y pense, mais le hic c'est que souvent les gens ont déjà ces appareils, alors rajouter des choses, effectivement, c'est plus difficile. Il y a des extracteurs de jus manuels à partir de 130 euros. Et j'ai fonctionné sans appareil autre qu'un robot et un mixer plongeur performant pendant presque un an (mais du coup avec plus d'écarts vers le cuit !). Par ailleurs, au niveau du coût de l'alimentation, nous n'avons pas beaucoup de frais pour les légumes car nous passons par un système de recup'. Pour les fruits, le budget n'est tout de même pas anodin, surtout maintenant que les enfants sont de plus en plus attirés par le cru (même s'ils mangent de plus en plus de légumes), mais je relativise en me disant que c'est de l'argent tout de même économisé sur les produits de beauté (ma peau est bien hydratée et rayonne avec le cru) et même d'hygiène (par exemple, j'ai besoin de me laver les cheveux moins souvent) et de gagné en terme d'énergie et de santé. Sans compter toutes les choses coûteuses quand on mange cuit, comme les biscuits et le fromage... "

Instinct-nutrition ou alimentation originelle

Nef, mère de deux enfants aujourd'hui adolescents, témoigne : "Je suis instincto depuis plus de vingt ans. C'est sur le salon bio Marjolaine que j'ai entendu parler de cette forme d'alimentation. C'est le mot instinct qui m'a attiré et qui a résonné en moi. Ce n'est pas un régime, une méthode, non, c'est juste une alimentation qui donne la clé pour se reconnecter avec le biologique. Cela permet de mieux ressentir ce qui se passe en soi et qui fait écho. J'ai alors vu qu'il y avait toute une réflexion et une logique dans cette forme d'alimentation. Et qui est en accord avec notre organisme et avec l'avenir de l'humanité. Avec le temps, je me suis rendue compte que ce choix bouleverse toute la vie. Au début, on se dit juste : "Je vais changer mon alimentation", mais ça va plus loin que ça, c'est pourquoi je trouve que c'est un choix personnel qui n'est pas forcément simple, qui doit être fait pleinement sien. Et puis, à ce moment-là, je sortais d'un accident de voiture et c'était ça ou vivre en fauteuil roulant le reste de mes jours… A présent, si j'arrête de manger cru, j'ai aussitôt des douleurs dans la jambe. Nombreux sont les personnes qui mangent cru à être motivées par des douleurs et des maladies : ça aide à avoir la volonté d'assumer son alimentation auprès des autres ! Je sais combien je dois à cette hygiène de vie. J'ai ensuite eu deux enfants pour lesquels j'ai vécu des accouchements orgasmiques. J'ai plusieurs amies qui mangent cru et qui ont également eu des accouchements très agréables et qui sont, de mon point de vue, ce vers quoi la nature nous guide. Mon fils aîné a mangé exclusivement cru durant 7 ans. Mon second a goûté des aliments cuits avant, en voyant son frère, mais également parce que j'étais plus souple ! De ce fait, c'est lui qui mange le plus cru à présent, ayant pu davantage expérimenter… Pour mon aîné, manger cuit est une forme d'opposition. Et puis, c'est aussi plus facile pour être avec leurs amis. Mais tous deux restent convaincus que le cru est ce qui est le mieux pour eux. Nous mangeons donc tous cru à la maison. C'est plus simple ! J'ai d'ailleurs acheté une maison sans cuisine. J'ai juste de quoi faire du thé quand je reçois. Pour autant, cela ne me dérange pas que mes invités amènent du cuit chez nous. Je mange local le plus possible. C'est comme ça que l'aliment est le plus mûr ! Mais mes enfants aiment vraiment les fruits exotiques, pour eux c'est incontournable, ils en ont besoin une fois par mois, ça les aide à rester dans le cru. J'ai planté des arbres fruitiers dans le jardin, cela nous permettra de manger des fruits pleinement à maturité car, même en France, la vente de fruits et légumes est souvent une aberration… Nous mangeons un peu de viande crue. Il est vrai que je ne suis pas tout à fait à l'aise avec ça dans la mesure où je ne me sentirais pas capable de tuer une bête et préférerais que l'on mange des insectes, plutôt. Mais mes enfants aiment vraiment la viande : le jour où ils en ont envie, je ne peux rien leur proposer d'autre. Je sens que ça leur redonne alors le goût pour le reste et que c'est un élément de croissance pour eux. C'est un besoin régulier. J'ai moi-même beaucoup de satisfaction quand je mange de la viande."

Charles, 31 ans, témoigne : "Je suis instincto depuis sept ans. Depuis que j'étais petit, le petit déjeuner me causait des pics de glycémie douloureux, les veines de mes bras me brûlaient, par exemple. J'ai rencontré quelqu'un qui avait énormément lu sur l'alimentation et qui m'a conseillé l'instincto. Cela m'a parlé et fait écho avec une certaine quête de spiritualité et de cosmologie. Manger cru, c'était pour moi mettre en pratique une compréhension de l'histoire de l'humanité. Et être plus cohérent avec mon corps animal. Les premières années, je faisais souvent des écarts. Cela m'était douloureux mais j'avais du mal à ne pas me laisser tenter par les repas entre amis, notamment. Je voulais privilégier la notion de plaisir, aussi, et je ne voulais pas me culpabiliser de mes écarts. Maintenant, je me suis sevré et je me sens mieux dans mon alimentation. Mes seuls écarts peuvent désormais être de manger des fruits séchés à chaud ou, l'autre jour, de la choucroute crue, que j'ai mal digérée. Au début, j'ai traversé un passage difficile. J'ai perdu beaucoup de poids et je me sentais très fragile, comme si mon corps ne me protégeait plus. J'avais perdu mes repères. Ce qui m'a aidé, c'est d'être suivi par un médecin homéopathe auriculothérapeute, qui a fait des réglages concernant mes organes. Cela m'a permis de manger avec beaucoup plus de plaisir. Et de suivre une thérapie. De plus, avec le temps, nos perceptions s'affinent et, personnellement, je redécouvre sans arrêt des aliments. Je sais que je mange cru car je prends un pied total. Manger est devenu pour moi un acte créatif. On sent une maturité se faire avec l'âge. Je trouve que c'est une science de l'émerveillement. On se sent accompagné par la vie, soigné par Dame Nature. Pour autant, j'ai appris à ne plus parler du cru aux gens. Je ne cherche pas à argumenter si on me questionne. Je n'ai pas envie de devenir un technicien de biologie ou autre et je trouve que s'éloigner de la théorie apporte de la gaieté et de la légèreté. Et il y a plein d'effets secondaires de l'alimentation crue : une très belle peau, une meilleure mémoire, une meilleure tolérance au soleil, une bonne haleine, moins d'odeurs corporelles, pas de courbatures, très très peu de maladies… Les piqures de moustiques passent même inaperçues. A un moment donné, j'ai essayé de remanger cuit en me disant que c'était bon. Je ne supportais alors plus mon corps ! La salive change, tous les fluides corporels aussi, etc. Après, j'ai lâché prise et accepté que j'étais condamné à manger cru, qui est somme toute une condamnation légère ! Personnellement, je mange de la viande et du poisson. Je découvre tout un univers de parties du corps que je ne connaissais pas. Je trouve que cela me donne plus de force. L'alimentation crue a aussi des désavantages, tels que le fait qu'il faut surveiller ses dents, que cela change nos relations sociales. Le cru m'a beaucoup fait travailler ma relation à ma mère, par exemple. Parfois je me demande même si on n'arrive pas au cru pour de mauvaises raisons, parce que pour réparer des choses… En fait, le cru n'est pas seulement merveilleux et naturel. Cela questionne profondément. Et je connais aussi des instincto qui ne vont pas très bien. Par exemple, qui n'ont pas une alimentation diversifiée et se gavent de fruits secs. Beaucoup sont très maigres aussi. Pour moi, la santé, c'est avant tout d'être entouré d'amour et de rires. Et avoir des organes qui dialoguent bien ensemble. L'alimentation ne fait pas tout. Néanmoins, le cru permet aussi de se réconcilier avec le corps, et aussi avec tout ce qu'il excrète. Je trouve ça primordial : il n'y a pas de face d'ombre. L'énergie circule mieux aussi. Manger cru permet enfin de régler ses addictions. C'est pourquoi je pense que manger cru est un beau cadeau que l'on offre au monde !" "La cuisson fixe le goût et donne un tempo très clair au niveau des cycles digestion/incorporation. Elle a donc un effet fixateur de la réalité, dans le référentiel cuit, l'homme maitrise donc sa sensibilité et son corps, il maitrise alors la notion qu'il a de lui-même. Chaque pâte à la carbonara a le même goût et vous savez vous aimez les pâtes à la carbonara ou pas. Alors que dans le cru, on ne peut pas juger à l'avance, ensuite le goût change, on est aussi beaucoup plus dans une intercorporalité avec la nature, on  décide donc beaucoup moins et avons moins d'éléments pour nous connaître ; je veux dire par là que le cuit avec ses goûts fixes a probablement permis de fixer les mots, les sensations qu'ils décrivent, leur définition, ce qui entraîne cependant moins d'adéquation avec le milieu naturel... En mangeant cru, on serait tenté de penser que nous perdons quelque chose au niveau de la puissance symbolique des mots et que nous gagnions en adéquation avec le vivant."

Agnès : "Au départ, je n'ai pas vraiment fait le choix de l'alimentation crue : je voulais accoucher à domicile et le médecin m'a demandé, pour réduire les risques à l'accouchement, d'améliorer mon alimentation vers le cru, sans forcément le faire à 100 %, mais de supprimer les toxiques (alcool, tabac, café, vinaigre, moutarde, sel, les produits laitiers, les céréales et farineux cuits, etc.). De fait, il ne restait, en dehors du cru, que les légumes et poissons cuits à l'eau, à l'étouffée ou à la vapeur. Je ne voulais certainement pas en rester à ça, mais j'ai voulu prouver que cela ne marchait pas, alors je l'ai fait ... et ça marche ! 18 ans plus tard, je cherche la faille, mais il n'y en a pas. L'évidence est là : tant que je mange cru, tout va bien ; si je commence à faire des écarts, au début, une fois ou deux, ça va, et si je continue, les problèmes que j'avais avant le cru reviennent rapidement et nettement. La transition s'est faite en plusieurs étapes : au début, j'ai commencé à manger cru sans comprendre ce qui m'arrivait, et je passais 1h30 tous les 15 jours avec le médecin à lui dire ce qui n'allait pas (mais je mangeais cru avec des mélanges tels que les salades assaisonnées, et des écarts) ; puis enfin, au bout de trois mois, j'ai lu le livre sur l'instincto(petit1), et là, j'ai commencé à comprendre comment cela fonctionnait ! Cela s'est alors passé très différemment ; mais je n'acceptais pas du tout de devoir me passer de mes tartines de pain beurré et autres plats de pâtes qui avait prévalu pendant toute ma jeunesse ... J'ai mis à peu près deux ans à me rendre compte que chaque fois que je me faisais un "plaisir" au restaurant (pâtes, ou mon petit déj favori), j'étais ensuite passablement énervée pendant plusieurs jours, puis déprimée pendant une à deux semaines ... ! Quand je me suis rendue compte que, dans ces états-là, je ne supportais plus ma fille de 2 ans, que je devenais irritable, etc., je me suis dit qu'il était grand temps d'arrêter ! J'ai alors suivi l'instincto strictement pendant presque seize ans, à part de temps en temps, des légumes cuits, des salades vertes assaisonnées à l'ail, huile et citron, des fromages de chèvres crus, et un resto bio une ou deux fois par an, en évitant blé et produits laitiers cuits. Je fais un peu plus d'écarts depuis trois ou quatre ans, pour des raisons familiales ; depuis ces écarts, ma santé est tout de même moins parfaite qu'elle ne l'a été pendant les seize ans, j'ai perdu 2/10e de vision de près, pris 4 kg et me sens beaucoup plus fatiguée. J'ai dû être bien malade deux fois depuis ce changement. J'ai donc la ferme intention de revenir au cru et à l'instincto le plus possible. Cela ne me gêne par contre pas de manger des salades assaisonnées (sans vinaigre, sel, moutarde), des légumes cuits à l'eau, des fromages crus, etc. de temps en temps, mais je veux que cela soit le moins souvent possible, et je veux surtout éviter les autres écarts, au restaurant ou en achetant des produits transformés ou industriels. Ma fille, qui a maintenant 18 ans, a mangé cru depuis sa naissance, elle n'a jamais été malade, sauf une fois où nous avions toutes les deux dépassé largement l'arrêt instinctif sur l'ananas(petit2), au point de nous mettre la bouche en sang ; elle, étant allaitée, a reçu en plus, par le lait, mon élimination : elle a eu 40 de fièvre pendant un jour et demi, puis c'est passé. Pour ma part, tant que je mangeais assez bien cru, j'ai eu deux fois la même réaction à un même mélange : du lait de soja (pas du tout cru ... !) et quelques heures après, du poisson cru : j'ai vomi pendant plusieurs heures et ait été malade pendant deux jours ! Sinon, rien pendant seize ans. A présent, je fais encore des écarts, pas toujours raisonnables, et encore trop souvent à mon goût, mais je m'efforce de réduire de plus en plus (manger pour vivre... !). Quand  je suis invitée, les personnes sont prévenues et, selon le cas, les personnes et les possibilités, soit je mange ce qu'il y a (sauf alcool, blé, laits cuits), soit je mange seulement ce qui "passe" (salades, légumes, viandes et /ou poissons cuits), soit je ne mange que ce que je veux bien ; parfois, je préfère apporter mon repas. Chez moi, je demande à la personne qui vit avec moi de manger cru le plus possible (avec tolérance, et surtout par rapport à elle-même ; c'est-à-dire ce qu'elle supporte de manger sans conséquences graves par rapport à sa santé) mais aussi, quand même, pour ne pas me déstabiliser : je ne pourrais pas vivre avec quelqu'un qui mange de manière traditionnelle, je n'y arrive pas, j'ai déjà testé... Ma fille s'est mise à manger cuit depuis sa 2e année de lycée. Elle a alors été malade plusieurs fois depuis (boutons de fièvres, boutons sur le visage, gastro-entérite, angine, problèmes de dents très douloureux, infections diverses, phénomènes allergiques, rhumes à répétition, crises de larmes et crises de nerfs, etc.). Elle continue actuellement de manger cuit, mais pas trop à la maison (aucun équipement pour cuisiner, ni frigo, etc.) ou elle se fait des salades de crudités, des fruits. Cependant, elle mange aussi du pain régulièrement, et cela explique largement ses sautes d'humeur et son caractère devenu coléreux et irritable depuis deux ans, même si la "crise d'adolescence" est passée par là, bien sûr, et avec un entourage qui a largement envenimé les choses aussi ! Elle aussi a donc perdu en santé ce qu'elle a pris en poids au début de son changement de régime ; seul un "régime" draconien lui évite de prendre du poids : elle se contraint à manger très peu... Dans le cru, pendant toute son enfance, elle a été pour moi un guide, une preuve vivante et en action de l'instincto, et j'ai plus appris en la regardant manger que dans tous les livres et les discours !" 1 - Le livre est épuisé. On peut en trouver des copies auprès d'associations ou de particuliers instincto. 2 - L'arrêt instinctif se définit dans certaines conditions : il faut un produit brut (tel qu'on le trouve dans la nature, n'ayant subi aucune transformation) ; une personne sachant écouter son corps (une personne qui a des manques affectifs, des frustrations ou des besoins importants risque d'être moins attentive) ; l'arrêt instinctif est une sensation désagréable, quelle qu'en soit l'origine : amer, acide, trop sucré, trop salé, écoeurant, râclant la gorge, astringent, consistance désagréable, se mordre, sentir son estomac, en avoir assez de mâcher, la bouche sèche, etc.

Passage au cru en Famille Ce texte est paru, sous une version légèrement différente, dans « Instinct-Magazine » d'octobre 1995. France témoigne : "Bien des mamans renoncent à essayer de modifier leurs habitudes alimentaires, pour elles-mêmes ou pour leurs enfants, car elles ont peur que cela ne soit pas bien accepté par leur mari ou par les enfants eux-mêmes. C’est encore plus regrettable quand les enfants sont très jeunes, car ces mamans ne se doutent pas des chances qu’elles font ainsi perdre à leurs enfants, et continuent d’inscrire en eux de mauvaises habitudes alimentaires dont il leur sera très difficile de se défaire. Or, avec une bonne motivation et beaucoup de sincérité et de patience, il est possible, sans les forcer, d’amener ses enfants élevés dans le cuit, à choisir d’eux-mêmes le cru. C’est possible, parce que je l’ai fait, avec mes trois enfants âgés de 6, 8 et 10 ans au moment de ma découverte de l’instincto, en décembre 1991, avec une difficulté supplémentaire : un mari (et père des enfants !) d’abord opposé à ce type d’alimentation, puis juste tolérant, mais non pratiquant (je cuisine encore pour lui). C’est possible, parce que les enfants sont naturellement attirés par la vérité, et qu’ils admettent plus volontiers que les adultes l’évidence des faits. Ils ne cherchent pas toutes sortes de théories pour trouver les justifications qui les arrangent. C’est une voisine et amie, Simone, qui m’avait passé un papier annonçant une conférence de Nicole Burger à Grenoble. Je savais que Simone mangeait cru, car elle nous avait invités à déjeuner chez elle et que ce repas cru avait plu aux enfants. Ils m’avaient même demandé si on pouvait de temps en temps manger comme ça chez nous, mais je trouvais cela un peu trop marginal. Toutefois, la conférence avait lieu un samedi pluvieux de novembre, elle était gratuite, et on ne perd rien à s’informer. J’écoutai donc la conférence, et là ce fut l’éblouissement : la rigueur scientifique était incontournable, cette femme avait objectivement raison contre dix mille ans de civilisation. Impossible, en revenant chez moi, de cuisiner un gratin de pâtes au gruyère comme je l’avais prévu : j’aurais eu l’impression de droguer mes enfants. Quelques jours après, j’achetais à Simone le livre Manger Vrai. En le lisant, je résumais ou je citais certains passages marquants à mes enfants, et je leur montrais les dessins humoristiques auxquels ils furent très sensibles. Ainsi, ils découvrirent avec moi l’essentiel des principes de la méthode. Et comme ils sont plus perméables à la vérité que les adultes, ayant moins de préjugés (bien moins, je le vis par la suite que certains adultes qui, après avoir lu le livre, manifestaient par leurs remarques ou leur comportement qu’ils n’avaient rien compris) ils furent de plus en plus intéressés. Cependant, ils n’étaient pas prêts encore à renoncer à leurs plats préférés !

Dès que je fus consciente des méfaits du lait et du blé, je décidai de les supprimer totalement et autoritairement de l’alimentation de mes enfants, tandis que moi-même je passais au cru intégral. Pour ma fille aînée, ce fut très facile, et ce fut même un soulagement, car elle n’aimait pas les produits laitiers que je la forçais à consommer « pour le calcium ». Elle n’était pas très portée non plus sur les pâtes et le pain. Elle vit très vite la disparition de la sinusite chronique qui lui causait tant de migraines. Pour mon fils de 8 ans, ce fut au contraire une semaine de hurlements au petit déjeuner : « Je veux mon lait ! J’ai faim ! Je veux mes tartines ! » Quant à ma fille cadette, elle suivit le mouvement sans drames ni enthousiasme. Elle avait assez bon appétit, sans excès, et s’adapta assez facilement. La transition fut néanmoins possible car mon mari, partant tôt au travail, n’était présent qu’au repas du soir. Il s’emportait contre moi en entendant son fils hurler comme ça… Au bout d’une semaine, l’attrait du plateau de fruits, l’intérêt d’une liberté de choix nouvelle pour lui, et le goût des noisettes joint à des explications sur les causes de ses otites et angines à répétition, eurent raison de ses colères.

Dans une première phase, seul le petit déjeuner était aux fruits. Les autres repas étaient simplement sans blé ni lait, avec de copieuses entrées crues, et des fruits frais au dessert. Au goûter, je proposai des noisettes, amandes, graines de tournesol et autres oléagineux. Puis, quand l’habitude du petit déjeuner aux fruits fut acquise, je changeai le repas de midi, sans trop de difficultés, car la partie cuite était déjà très réduite. Néanmoins, le repas du soir comprenait toujours un légume cuit et une viande cuite. Mon mari exigeait que les enfants en prennent. Je cuisinais donc de préférence des plats au goût de mon mari, mais qui déplaisaient aux enfants (foie d’agneau, navet, cardons, pot au feu …) L’aînée se mit vite à rêver de manger tout cru et sans assaisonnement, mais son père ne le voulait pas. Alors, je lui dis de patienter, que peut-être après le week-end d’introduction qui aurait lieu à Grenoble en mai prochain, son père la laisserait libre. Elle avait 10 ans, et décida de suivre ce stage avec moi. Je craignais que le cours soit trop ennuyeux pour elle, mais il n’en fut rien : elle le suivit d’un bout à l’autre, n’en perdit pas une miette et assimila avec une étonnante facilité tout le discours de Nicole. Plusieurs années plus tard, je constatai que d’autres enfants, même plus jeunes, comprenaient parfaitement le discours de Guy-Claude.

Mes espoirs se confirmèrent : après ce week-end d’introduction, son père la laissa manger à sa guise. Il y eut encore quelques conversation très dures avec mon mari, lorsque les deux petits hurlaient famine devant un énorme plateau de fruits dans le seul but d’avoir des frites, alors que je prétendais que des pommes de terre cuites à l’eau auraient été moins mauvaises pour eux. Un jour, je craquai : je fis pour midi une grande quantité de pâtes (ils n’avaient mangé ni blé, ni lait, ni sucre depuis plusieurs mois). Sauf ma fille aînée, ils se ruèrent dessus et le lendemain j’en préparai encore, avec des pâtes semi-complètes pour que l’effet soit plus percutant. Et il le fut, mais avec deux jours de retard, et cela tomba le week-end : pleurs et caprices injustifiés en permanence pendant deux jours, insomnies chez mon fils ; agressivité et insultes continuelles chez ma fille cadette. Mon mari ne supportait plus ses enfants, mais triomphait : « tu vois, l’instincto, ça ne marche pas ! » - « Oui , ça ne marche pas quand on ne la fait pas ! » Après ce jour, je me jurai que je ne remettrais plus jamais volontairement mon fils dans un état dépressif pareil. Et lui, tira aussi leçon de l’expérience.

Quelques mois après, mon fils, n’arrivant pas à se sortir d’une infection sous l’ongle d’un doigt qui le faisait souffrir depuis deux semaines malgré les soins que lui prodiguait notre médecin de famille, décida, sur mon conseil, de manger tout cru. Bien qu’il continuât à manger ses légumes assaisonnés d’huile, l’infection disparu en deux jours. La démonstration fut assez concluante pour le motiver à continuer à manger tout cru. Puis, le jour de mon anniversaire, il me fit un cadeau : il mangea tout instincto : sans mélange ni assaisonnement. Je crus que le cadeau n’était que pour le seul jour de mon anniversaire, et lui aussi le croyait ainsi, mais il dure toujours ! Ce qui motiva beaucoup mes enfants pour ce changement d’alimentation, fut de constater, au bout d’un mois, une grande amélioration de leur comportement : les résultats scolaires des trois enfants firent simultanément un bond en avant si évident qu’il étonna leurs professeurs. L’aînée, qui était en CM2, une bonne élève studieuse mais moyenne (environ 10° ou 8° sur 25) passa en tête de classe en quatre semaines, et se maintint jusqu’à la fin de l’année dans les trois premières places, pour finir première au classement général ! La mesure était facilitée par la manie quasi obsessionnelle du classement chez son maître ! Sa timidité disparut et son maître écrivit dans son carnet de liaison « Joëlle sourit enfin ! » Mon fils était en CE1 dans le groupe des mauvais élèves : timide, absent, et bloqué au point de ne pas répondre aux questions de sa maîtresse. Il acquit, lui aussi en un mois, un niveau moyen honorable, et une écriture moins agitée enfin lisible. Non seulement il se mit à répondre aux questions, mais il osait même en poser ! Ces détails m’ont été rapportés par sa maîtresse qui me dit son étonnement de voir la rapidité de ses progrès. Cette dernière m’en parla spontanément, alors que je ne lui avais parlé de rien. Elle me demanda quel traitement avait impulsé de tels progrès, mais fut très sceptique lorsque je lui répondis que c’était suite à un changement d’alimentation excluant le blé et le lait, et à base de beaucoup de crudités. Elle me fit part de sa crainte que cela induise des carences. A la maison, mon fils était auparavant agité et agressif : caprices, colères, disputes avec ses sœurs. Il lui était impossible de mener à bien un jeu quelconque, dessin, jeu de société ou autre. Ses seuls rapports avec ses sœurs étaient conflictuels. Le soir, il s’endormait difficilement et tardivement, après une énorme crise quotidienne, dit « caprice du soir ». Au bout d’un mois après le changement d’alimentation, il put enfin participer jusqu’au bout à des jeux de société, finir ses dessins, s’endormir rapidement. Il ne se disputait plus avec ses sœurs que la moitié de son temps, et il put donc enfin jouer avec elles, ce qui était un immense progrès, et une découverte merveilleuse pour lui. La crise du soir se raréfia puis finit par disparaître. Il était à cette époque, dans sa période « dinosaures » et collectionnait les images et figurines de ces animaux. Le premier dessin qu’il réussit à finir sans crise de nerfs fut justement un dinosaure, sur une feuille de papier format A4 « paysage ». Il fut si émerveillé d’avoir achevé ce dessin, qu’il prit une seconde feuille de papier qu’il plaça à la suite de la première pour faire une suite. Et fort de ce nouveau succès, il aligna, sans s’arrêter, feuilles sur feuilles, puis il les fixa entre elles pour former une fresque de dinosaures. J’ai gardé cette fresque : elle compte douze feuilles ! Quant à ma fille cadette, en CP à cette époque, elle ânonnait péniblement, associant tout au plus deux lettres en fin du premier trimestre, malgré tous mes efforts pour la faire travailler, et l’aide apportée par une vieille religieuse enseignante à la retraite, qui donnait bénévolement des cours de rattrapage aux cinq plus mauvais élèves de la classe, dont ma fille. Un mois après le changement d’alimentation, elle lisait couramment et pour son plaisir ! La vieille religieuse me fit part de son étonnement de ces progrès si rapides : je la remerciai alors pour ses cours de soutien si efficaces ! Mais elle me répondit que les quatre autres élèves, eux, ânonnaient toujours aussi péniblement ! Par la suite, ma fille fut, sans efforts, une très bonne élève. A la maison, son comportement changea aussi : j’eus droit à autant de bisous et de « je t’aime » que j’avais eu d’insultes grossières auparavant. Pendant un an et demi, elle mangea des légumes cuits le soir, mais elle s’abstint assez vite, comme son frère et sa sœur, d’échanger ses noisettes et ses graines de tournesol contre des sucreries ou des biscuits à l’école, quand elle vit dans quel état de nervosité ça la mettait. Ce qui la décida à se mettre pleinement à l’instincto, ce fut le camp auquel elle participa en juillet 1993 avec Christian Burger, le fils de Guy Claude Burger, fondateur de l'instincto-nutrition. L’excellente ambiance du camp, l’exemple des autres, et surtout celui de Christian, son charisme et sa belle constitution physique eurent un effet magique sur elle. La musculature de Christian fut un modèle pour mon fils, et renforça aussi sa motivation.

Certes, le comportement de mes enfants ne devint pas idéal pour autant, mais leurs progrès furent tellement nets ! A mes yeux, cette amélioration de leur comportement est bien plus précieuse que les améliorations de leur santé physique sur lesquelles je ne me suis pas étendue : fin des désordres ORL chroniques (angines, otites, sinusites), disparition des pellicules et des croûtes grasses dites « de lait » sur le cuir chevelu, brillance des cheveux, disparition des odeurs nauséabondes des pieds, etc. Je dois avouer que tout ne fut pas facile durant ces trois premières années : si de grandes améliorations physiques et mentales furent évidentes, il y eut aussi quelques signes inquiétants, mais avec le recul, les explications des mamans instinctos (dont Nicole, bien sûr) et surtout l’aide constante de Simone, je compris mieux ces phénomènes : Les premiers mois, je constatai sur nous tous, des diarrhées fréquentes, des maux de ventre brefs mais intenses, et un important amaigrissement (5 ou 6 kg chez les deux aînés, une stagnation de poids chez la cadette de 6 ans). Mais, par ailleurs, mes enfants allaient bien, ne tombaient plus malades, ne manquaient pas d’entrain ni dans leurs jeux, ni dans le sport, et travaillaient mieux à l’école. La reprise de poids et de muscles fut très lente, sur plusieurs années. Lors du week-end d’introduction, Nicole m’avait avertie : « Vous constaterez un ralentissement dans la croissance de vos enfants, la croissance d’un enfant instincto est plus lente mais plus longue, elle peut durer jusqu’à 20 ans et même un peu plus ! » Mais je ne m’attendais pas à un ralentissement aussi net : pour ma fille aînée, ce fut un quasi-arrêt de croissance pendant deux ans ! Le ralentissement chez les deux plus jeunes fut net aussi, mais moins intense. La cadette ne subit d’amaigrissement qu’après son passage au cru intégral, mais il fut peu important et la reprise fut rapide. Pour l’aînée, l’écart de taille avec ses copines du collège fut d’autant plus important que celles-ci firent entre 11 ans et 14 ans une importante poussée de croissance, et atteignirent toutes la taille adulte et la puberté dans cet intervalle, alors que ma fille resta pleinement dans l’enfance. Même au niveau dentaire, l’évolution semble avoir marqué une pause : les dernières dents de lait mirent très longtemps à tomber et, à 13 ans et demi, le dentiste lui donna un âge dentaire de 11 ans. D’autre part, une radio de la main et du coude faites à 13 ans et demi lui donna un âge osseux de 11 ans, ce qui, pour le médecin, était en parfaite cohérence avec son âge dentaire, sa taille (1m41) et son développement pubertaire. Sur le plan psychique aussi, l’écart avec ses copines se creusa pendant la période collège. Leurs préoccupations de jeunes filles ne furent pas partagées par ma fille qui préférait encore jouer avec sa sœur et son frère et les copains de ceux-ci. Ma fille qui ne souhaitait pas sortir si tôt de l’enfance, regretta que ses copines grandissent si vite, ne veillent plus jouer, et elle trouvait stupides leurs conversations autour des garçons. Ce qui est probablement vrai, car brûler les étapes par un mûrissement forcé artificiellement me semble préjudiciable à une croissance saine même sur le plan psychique. Mes deux autres enfants suivirent une évolution similaire, avec un grand écart au collège. Ils paraissaient 2 ou 3 ans plus jeunes que leurs camarades. Ils ne connurent pas la poussée de croissance caractéristique de l’adolescence, qui fatigue et déstabilise les autres ados, les obligeant à s’adapter à un changement trop rapide de leur corps. Cependant la capacité de réflexion et le développement intellectuel ne furent ni amoindris, ni retardés comme le prouvent leurs bonnes notes (excellentes pour certaines) en toutes matières et en particulier en français. Cet écart ne fut pas facile à gérer pour eux, à un âge où les ados souhaitent ardemment ressembler à leurs copains. Heureusement, nous élevions des poules et des poussins dans notre jardin, et nous voyions bien que leur croissance était très lente : il fallait 9 mois à nos poules instinctos pour atteindre l’âge adulte, et presque un an aux coqs pour atteindre leur taille maximale ! Je leur montrais les poulets industriels dans les rayons du supermarché : ils étaient vendus énormes à 3 mois, alors qu’à cet âge, nos poussins étaient encore bien trop petits pour être mangés, n’avaient pas leur plumage d’adulte, et faisaient cui-cui comme des poussins et pas cot-cot-cot ou cocorico comme des adultes. Mais une fois adultes, ils étaient magnifiques, leur chair ferme et leurs os si solides ! Cette comparaison les aida à comprendre le phénomène de croissance lente et à attendre avec confiance leur tour de grandir. En observant mes enfants, je me suis dis que peut-être, l’alimentation crue et non transformée, naturelle, en assurant une évolution globale (physique et mentale), plus lente et plus harmonieuse, permet aux jeunes de conserver ces vertus d’enfance (dont la capacité de jouer) tout en acquérant en temps opportun, sans précipitation, les capacités et les responsabilités d’adultes. Il serait intéressant de rassembler le plus possible de courbes de croissance sur des enfants instinctos, qu’ils aient commencé dès la naissance ou plusieurs années après, pour tenter d’établir de nouvelles normes, plus conformes à la vraie nature de l’homme."

Comment choisir un aliment ?

Charles explique "Tu peux renifler, vingt minutes avant de manger, tout ce que tu as. Ensuite, tu rerenifles et mange ce qui sent le meilleur. Si tu as des hésitations, tu ressens séparément les quelques meilleurs aliments, il devrait y avoir une sélection. Imprègne-toi bien du meilleur aliment en le reniflant. Normalement, ça te fait plaisir au goût, mais il faut savoir qu'au début de l'instincto, le corps peut nous envoyer sur des aliments pour savourer seulement une bouchée, ou une seule noisette, une seule mûre, etc. Normalement, un aliment bon te détend le visage et peut t'amener à lever les yeux pour contempler quelque chose de beau pour accompagner visuellement ce que tu manges. Dès que tu te demandes pourquoi tu manges, ou que tu as beaucoup de bavardage mental, ou que le goût change ou que tu as une douleur au ventre, il faut arrêter. Tu peux ensuite aller vers un autre aliment ou rester à manger cet aliment non plus avec la bouche, mais avec le ventre, j'appelle cela aussi "considérer la chose" ! Si un aliment te donne envie de danser ou de rire, c'est le bon !"

Eric : "J'ai commencé le cru intégral après avoir lu le bouquin de Guy Claude Burger, La guerre du cru. J'ai découvert ce livre en 1992. J'étais enthousiasmé par cette lecture. Cela offrait pour moi des perspectives totalement inconnues jusqu'alors. Cela représentait une rupture radicale dans ma représentation du monde. J'étais aussi fasciné par la logique scientifique sans faille qui se dégageait de cet ouvrage (j'ai une formation scientifique : bac C, math sup, math spé, école d'ingénieur. Mon père est professeur de mathématique, ma mère médecin gynécologue). C'était fantastique. Du moins intellectuellement parlant ! J'envisageais alors que ma vie pourrait énormément s'améliorer si je pratiquais le cru intégral. En effet, l'abandon de la cuisson signifiait pour moi l'abandon d'une intoxication tri-quotidienne, et la possibilité de vivre dans un corps dépollué, neuf, vivant, joyeux... D'ailleurs, ma rencontre avec quelques instinctos de longue date, notamment un fils de Burger qui avait mangé cru depuis le berceau, me conforta dans cette idée : je voyais un jeune homme spirituel, heureux, physiquement très bien bâti, d'humeur égale, très ouvert, plein d'énergie, psychiquement très sain, aimant blaguer et entretenir des relations amicales et gaies avec autrui, ayant aussi le sens des responsabilités, etc., vraiment quelqu'un pour qui j'eus immédiatement beaucoup de sympathie. Malheureusement, je me heurtais très vite dans ma propre pratique du cru à de sérieux écueils. Le principal étant que, ma sensibilité au cannabis, que je consommais depuis quelques années, devint exponentielle. En fait, grâce au cru, je retrouvais une possibilité que j'avais perdu depuis longtemps : une forte intimité avec mon propre corps qui se traduisait par une "proprioception" décuplée. Autrement dit : j'avais des ressentis de mon corps qui étaient beaucoup plus précis, beaucoup plus fins, et aussi beaucoup plus intenses qu'auparavant. Malheureusement, cela contribua donc à une appréciation des effets du cannabis sur mon système nerveux qui devient exceptionnellement exquise ! Ma dépendance à cette substance atteignit des sommets. Les plaisirs que j'en tirais étaient devenus incroyablement puissants. Bref, c'était la cata. En 2000, je vis un ami partir en hôpital psychiatrique à cause du cannabis. Sa déchéance totale, sa transformation radicale en loque aux pensées obsessionnelles et absurdes, me toucha au plus profond de mon être. Lui qui était un jeune homme dynamique promis à un avenir sportif certain, était devenu un zombie grisâtre et prisonnier des cachetons (que son psychiatre - son nouveau dealer ! - lui fournissait généreusement). Je pris peur. D'autant plus que malgré mon régime crudivore, je sentais bien que je commençais moi aussi à décliner. Ma mémoire me jouait des tours. En août 1999, alors que ma consommation de cannabis était à son maximum, je m'aperçus que je ne me rappelais plus ma propre date anniversaire. De plus, le cannabis consommé à haute dose me provoquait des douleurs inflammatoires dentaires de plus en plus précises. Tout cela me conduisit à un arrêt total du shit. Je n'ai jamais refumé depuis. Entre 1992 et 1998, je mangeais intégralement cru. Entre 1998 et 2006, je faisais environ deux repas cuits par semaine. J'avais une bonne base crue donc. Mon corps était toujours très sensible. Lorsque je me suis sevré du cannabis, en 2000, j'eus alors une expérience que peu de fumeurs de joints n'a dû vivre. Je découvris que, contrairement aux idées reçues, le cannabis est une drogue dont le corps a énormément du mal à se débarrasser. Il faut dire aussi que j'avais fumé pendant près de 10 années. Après sevrage, pendant plus de trois ans, je sentis très nettement la présence du produit dans tout mon corps, alors que je ne fumais plus un seul joint. Quatre ans après le sevrage, il m'arrivait encore parfois de me réveiller le matin en ayant l'impression d'avoir fumé du shit toute la nuit. Je traversais aussi, pendant cette période de désintoxication, des phases de dépression intenses. Encore aujourd'hui, je ressens parfois, au niveau de mon cerveau, la présence du cannabis. Sans avoir refumé un joint, je sens l'ivresse cannabique me reprendre pendant quelques instants (l'ivresse cannabique est une sensation que je connais très très bien, ayant fumé peut-être 10 000 joints dans ma vie). Dix ans après sevrage, j'ai pratiquement recouvré aujourd'hui l'intégralité de mes capacités intellectuelles. Elles vont d'ailleurs en augmentant. Je fais des travaux intellectuels quotidiens en programmation informatique notamment, et mes performances s'améliorent avec le temps. En 2006, j'ai totalement arrêté de consommer des aliments cuits. Je fais aussi attention de ne pas introduire dans mon corps des molécules issues de la cuisson : je veux dire par là que, par exemple, je ne consomme pas d'oeufs provenant de poules qui auraient mangé cuit. En effet, l'expérience montre que ces oeufs sont moléculairement dénaturés : les sensations corporelles après un repas d'oeufs de poule qui ont mangé nature, et d'oeufs de poule qui ont mangé des aliments cuits, sont totalement différentes. Même chose pour la viande. Si je consomme de la viande du commerce dont les animaux ont mangé des ensilages, des déchets industriels, des aliments chauffés, etc., au lieu de simplement paître de l'herbe fraîche ou sèche (fourrage), la différence est flagrante. Alors, je mange de la viande d'élevage, mais qui aura pu paître dans la montagne, par exemple. L'idéal pour moi, ce serait de manger de la viande qui n'ait pas fait l'objet de sélection de la part des éleveurs, tels que le sanglier ou le bouquetin. En ce qui concerne la viande, je ne suis pas sûr que ce soit un aliment indispensable. En manger de façon occasionnelle ne doit pas porter préjudice à notre santé j'imagine. Tout ce que je sais, c'est que nos cousins primates, les chimpanzés, en consomment par période seulement. Ils peuvent se lancer dans des battues et s'organiser entre eux pour chasser et tuer des petits animaux. Mais ils font cela uniquement par période puis après, pendant des mois, ne plus chasser du tout, et ne plus consommer de viande du tout. Personnellement, je consomme de la viande uniquement parce que j'aime beaucoup cet aliment. Je crois qu'il me serait possible de vivre sans. Surtout que je ne fais pas énormément de sport, et je n'ai pas une grosse musculature à entretenir. Je précise au passage que je ne consomme pas de produits laitiers. Sur ce point, je n'ai pas fait ce choix en fonction de mes propres observations, j'ai suivi le principe de l'expérience proposée par Mr Burger. Ce principe est le suivant : il propose de revenir à un type d'alimentation qui a précédé quatre inventions humaines: - l'agriculture - l'élevage - la cuisson - la cuisine

Avant la domestication de la vache et de la chèvre, les hommes ne consommaient probablement pas de produis laitiers. En effet, les animaux sauvages ne se laissent pas approcher. Et encore moins téter la mamelle par une bouche ou main humaine. Donc Burger a proposé d'arrêter les produits laitiers. Personnellement, étant relativement peu attiré par ces produits, je les ai laissé de côté, et je n'en ai jamais remangé depuis 1992. Je ne consomme pas non plus de céréales. D'une part, c'est un aliment qui n'a jamais été disponible avant l'invention de l'agriculture. D'autre part, j'ai un peu la flemme de faire germer des graines.

Pour revenir à mon expérience du cru, je voudrais rajouter que celle-ci a été intégrale depuis 2006 : tous les aliments que je consomme sont crus, non mélangés et sans sauce (aucun assaisonnement, pas de sel, rien ...). Je ne bois ni thé, ni alcool, ni café, ni tisanes. Les seuls liquides que je bois sont : l'eau et, parfois, le jus naturel de noix de coco. Je ne consomme aucun médicament, aucune drogue d'aucune sorte (désormais !).

Les seuls aliments que je mange sont : les fruits (tous les fruits : les avocats aussi, les  noix de coco, les dattes, les baies de gojis...), les légumes, les oléagineux, la viande, les oeufs, le miel, quelques fois des lentilles ou des pois-chiches germés, les produits marins.

Ce dont je peux témoigner depuis que je suis passé à ce type d'alimentation est que : - étant jeune, je souffrais d'insomnies sévères. Je ne le suis quasiment plus. Je fais quelques rechutes de temps en temps, mais souvent je m'endors quelques secondes ou minutes après avoir mis la tête sur l'oreiller. C'est super agréable. - je rumine moins : je ressasse beaucoup moins des pensées "parasites". - ma sensibilité corporelle est décuplée. J'ai notamment une capacité au niveau du toucher (massage) qui est devenu assez unique. - je reste très peu de temps dans des états émotionnels négatifs. Je prends les choses comme elles viennent, j'ai beaucoup plus de facilité à accepter que les choses soient ce qu'elles soient. Néanmoins, j'ai pu constater que, dans certains cas, je ne suis pas encore "zen": cette année, ma copine m'a quitté et ça a été très dur pendant presque deux mois. - mes tendances à la dépression deviennent minimes. Je ne souffre presque plus de cette "maladie", que j'ai découvert en 1986. Bref, la vie devient vivable !

Les problèmes que je rencontre : - J'avais un déchaussement dentaire très jeune. Celui-ci a simplement été freiné par le cru, pas stoppé. - Je mange trop souvent trop. Je ne respecte pas vraiment les signaux que m'envoit mon corps : même si j'ai moins de plaisir à manger un aliment, ou même peu de plaisir, souvent je continue à en manger. Et je me surcharge. Je sens que cette surcharge me permet de ne pas laisser les émotions circuler librement dans mon corps. C'est une façon de mettre à distance ma vie émotionnelle. J'ai toujours eu cette tendance à trop manger, depuis que je suis tout jeune, j'ai toujours été un morfal. - Je peux désormais avoir des problèmes si je mange des aliments cuits : j'ai fait une exception cet été qui s'est soldée par une inflammation géante de la mâchoire inférieure. Je ressemblais à un hamster.

Sur le plan social: - il se trouve que je ne fréquente pratiquement que des gens qui sont "new-age". Mon régime alimentaire est donc totalement accepté. Parfois même copié.

Sur le plan physique : - J'ai des hauts et des bas. Lorsque je mange frugalement, je suis en pleine forme. Sinon, je peux avoir l'impression d'avoir la gueule de bois le matin. - Je fais du tennis. J'ai un petit niveau technique (30/1), mais je fais de la compétition. Je peux arriver sur un court de tennis à 16 heures, sans avoir rien mangé de la journée, ni bu, et me battre âprement pendant trois heures sans boire une goutte d'eau, ni rien manger. Je joue mieux quand je suis à jeun.

Sur le plan psychologique : - La défaite n'a pratiquement pas de prise sur moi. Il me faut entre deux et trois minutes pour oublier un échec. - J'accepte de ne pas avoir raison. - Je reconnais mes erreurs. - J'accepte aussi plus facilement que les autres soient ce qu'ils sont, sans me complaire dans la critique. Et si vraiment leur comportement me pose problème, j'essaie de leur en parler (même si ce n'est pas toujours évident !), plutôt que de médire d'eux sans rien faire d'autre.

Je m'exprime extrêmement peu sur ce que je vis avec le cru, je n'essaie jamais de convaincre les autres de manger cru, même si j'ai vu que c'était bénéfique pour moi. En fait, pour préciser l'étendue de ces bénéfices : il faut comprendre que sans le cru, ma vie est ... invivable. Au tout départ, lorsque j'ai eu envie de commencer le cru, j'étais dans une impasse. Je découvrais la dépression. J'étais jeune et je ne me sentais aucun avenir. Je comprends tout à fait que des gens qui se sentent bien ou assez bien dans leur vie, n'aient aucune raison de vouloir essayer de manger cru. Je ne fais donc pas de prosélytisme. Je suis par contre toujours heureux d'en discuter lorsque je sens que mon interlocuteur éprouve une réelle curiosité."

Claudie, instincto depuis plus 13 ans : "J'étais déjà dans une démarche diététique, quand j'ai vu une annonce dans un magasin bio pour un repas cru. J'y suis allée, j'ai échangé, lu le livre de Burger, ça m'a convaincu. J'avais un rhume des foins chronique qui me pourrissait la vie et m'empêchait de dormir : ça m'a motivé car j'ai guéri de mon rhume des foins ! Maintenant, si je continue, c'est à la fois pour ma santé et parce que c'est plus écologique. C'est important pour moi, cela représente une sacré économie d'énergie. J'avais lu un livre d'un instincto, Bruno Comby, Mangez mieux, vivez mieux, qui avait calculé que si tout le monde mangeait cru, il n'y aurait plus besoin de centrales nucléaires ! Mine de rien, ce sont des milliards d'être humains qui cuisent leurs aliments, trois fois par jour… Même les tribus primitives utilisent du bois pour leur cuisson. Une autre raison : c'est très pratique ! C'est un gain de temps considérable. Le midi, de plus en plus de gens mangent sur le pouce, mais ils ont le réflexe que manger vite, c'est manger un sandwich. Souvent, je mange dans la rue en marchant, mon brocoli, céleri ou ma carotte à la main ! Pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas manger des légumes sur le pouce ? Je mange des fruits et légumes, mais aussi beaucoup de graines germées, de la spiruline, des oléagineux. Mon cru à moi ne revient pas cher. Je mange aussi des fruits de mer, un peu de poisson et, une fois par mois, de la viande. Je n'assaisonne pas ce que je mange. C'est toute une philosophie de vie : vivre simplement. Au début, ça a été difficile car j'étais très sucre. Ma grand-mère était boulangère et on a été élevé dans le culte du gâteau. Mais depuis que je mange sans assaisonnement, j'ai découvert un univers fantastique de raffinement et de subtilité. Quel dommage de noyer le vrai goût des aliments sous l'assaisonnement ! Mais pour accéder à cet univers, il faut passer par une période de transition où tout paraît un peu fade, une période de sevrage. A présent, quand je fais des écarts, souvent par curiosité, je trouve les aliments assaisonnés ou sucrés écœurants. À part ça, j'ai quasiment supprimé tous les fruits exotiques de mon alimentation. Je considère que ces fruits sont mauvais pour les personnes qui ne savent pas les comburer, ce qui est mon cas, étant plutôt maigre et frileuse. Les fruits rafraichissent. Je n'en mange que si j'ai chaud. De plus, les raisons économiques et financières entrent en ligne de compte. Je mange tout de même de fruits, par exemple des pommes, tous les jours. Il ne faut pas croire que manger cru résout tous les problèmes. Personnellement, j'ai encore un souci de santé qui n'est pas encore réglé, par exemple. De plus, on peut mal pratiquer le cru.  Les gens pensent que manger cru, c'est limité. On pense au cliché salade, tomates. Au contraire, il y a toute une infinité de variété, avec le cru. Par exemple, les olives crues, non assaisonnées. Les graines germées ou céréales trempées : je n'en ai pas encore fait le tour ! J'essaie encore plein de choses. Mon mari mange cuit, mais sans assaisonnement. Je lui cuis des légumes et/ou de céréales à la vapeur, à basse température. Des choses très simples. Et j'ai banni le four : pour moi, tout ce qui est mauvais pour l'être humain est mauvais pour la planète, et vice versa. Cuire à 200 degrés, il n'y a plus de vie ! Et c'est une hérésie écologique. Je pense que si, à chaque fois que l'on cuisait les aliments, il fallait ramasser du bois, on cuirait moins… De plus, dans la cuisine traditionnelle, une personne prépare le repas pendant un certain moment et les autres mangent, souvent rapidement. Il y a un transfert du travail sur la cuisinière. Je suis tombée dans la marmite du cru, si on peut dire, et ça me plaît énormément ! Je fais des écarts, parfois, mais je les paie souvent. La dernière raison pour laquelle je mange cru : le plaisir de la mastication. Nous sommes faits pour mastiquer. On mange moins vite, le sentiment de satiété est plus vite présent. Chez les bébés, il est prouvé que ne pas téter et ne pas mastiquer a des répercussions sur la dentition. Et c'est un cercle vicieux : les gens ne savent plus mastiquer. Ils deviennent notamment obèses. D'ailleurs, l'index glycémique des aliments crus et cuit est totalement différent : la carotte crue a un index de 30, alors que cuite, elle passe à 85 ! Je mange les aliments non transformés. Pas râpés ni même coupés. Les couper ou autre oxyde les aliments et désapprend à mastiquer, aussi. L'étape suivante est de manger aussi la peau, qui est pleine de bonnes choses. Personnellement, j'arrive même à manger la peau des patates douces, des petits avocats, par exemple. La nourriture crue contient aussi de la nourriture éthérique : on capte l'énergie de la plante. Cela nous grandit et nous rend plus sensible. Si tout le monde mangeait cru, la société ne serait plus la même, on n'accepterait plus la laideur ambiante, la pollution, l'agressivité, la violence."

Réflexions et astuces d'une maman : "Quand mes enfants étaient petits, j'ai essayé d'être le plus cohérente possible : je leur ai montré que le cuit et les produits laitiers les rendaient malades, ils ont pu le constater en allant chez les copains pour les goûters d'anniversaire, par exemple. Donc, moi, je ne leur ai jamais plus servi de cuit, même pas un gâteau d'anniversaire. Surtout pas lors de repas festifs (anniversaire, Noël ou autre), car ce serait associer le cuit avec l'esprit de fête ! Association mentale à éviter absolument. Les jours d'anniversaire, on plantait des bougies sur un gros ananas (en hiver) ou une pastèque (en été), je servais des choses un peu plus rares et chères : noix de coco fraîches, dattes de Californie, noix de cajou crues, pistaches,etc. Ils se régalaient sans se faire du mal. Ils ont eu des gâteaux d'anniversaire mais seulement lorsqu'ils étaient invités chez les copains. Ils ne recevaient avant de partir aucune consigne de ne pas manger ci ou ça. Ils partaient libres, mais ce n'était pas moi qui leur donnait du cuit. Ils étaient malades le soir même (vomi) ou le lendemain (gros rhume, diarrhée), donc, inutile de les gronder d'avoir mangé du gâteau. La sanction venait naturellement, inutile d'en rajouter. Juste une petite explication les premières fois, pour qu'ils comprennent ce qu'il leur arrive. Quand ils invitaient leurs copains pour leur propre anniversaire, je servais des choses qui plaisent bien aux enfants : noisettes, graines de tournesol, dattes, bananes, vrai jus d'oranges pressées par mes soins (pas en bouteille), fruits de saison, etc. Les copains étaient d'abord surpris, puis ils se régalaient, appréciant finalement ce type de goûter. Ils en parlaient aux parents, et aux anniversaires suivants, les parents qui invitaient mes enfants prenaient soin d'offrir des fruits et des noisettes, en plus des gâteaux, pour que mes enfants puissent manger sans déroger aux principes familiaux. Et ces crudités étaient appréciées de tous les enfants : tout le monde sortait gagnant de ce petit effort. Si on veut que les enfants comprennent et admettent les consignes des parents, je pense que ceux-ci (et surtout la maman) doivent être cohérents : donner un gâteau cuit pour son anniversaire alors qu'on est persuadé que c'est du poison et que ça rendra malade son enfant, c'est brouiller le message éducatif. Autant un gâteau pris à l'extérieur et à l'insu de la maman peut être une bonne leçon, autant, un gâteau préparé par la maman ne peut que décourager l'enfant de continuer le cru en grandissant. Si Maman (qui est la référence) transgresse, alors je peux transgresser moi aussi tant que je veux. On peut aussi confectionner un dessert cru… Je fais d'excellentes salades de fruits avec du miel à la place de sucre, et tous mes invités me font des compliments. On peut aussi farcir des dattes avec des amandes entières ou pillées, ou jouer sur la décoration avec des fruits et légumes crus. Lorsque les yeux sont émerveillés, la partie est gagnée."

François : "Je suis instincto depuis vingt-quatre ans. J'ai lu le livre de Guy-Claude et j'ai eu envie d'expérimenter. Je ne connaissais personne qui mangeait ainsi. Dans l'ouvrage, Guy-Claude conseillait d'essayer une semaine. Au bout d'une semaine, je me sentais léger et vraiment bien, alors j'ai décidé de poursuivre l'expérience une semaine. À l'issue de la semaine, j'ai fait un repas entre amis, classique, et je n'ai pas dormi de la nuit… Je me suis dit que le cuit ne me convenait plus. Je trouve que l'instincto, c'est le contraire de la diététique. Tous les régimes sont une forme de diététique. L'instincto, c'est l'anti-régime ! Par la suite, j'ai ressenti le besoin de contacter des instinctos. Ces derniers m'ont donné de bons conseils, ça m'a évité de faire trop d'erreurs. Tous les instincts font des erreurs, du moins au début. Un très bon conseil est de se dire qu'on ne fait pas ça pour toute sa vie ! Surtout au début. Pour l'inconscient, c'est plus facile ! On peut se dire que l'on mangera plus tard les aliments cuits qui peuvent nous tenter. Et c'est plus facile vis-à-vis des proches, aussi ! La première année fut difficile. J'avais maigri. De plus, je voyageais beaucoup. J'ai repris du poids la seconde année. C'est devenu une routine. J'avais beaucoup de problèmes de santé. Étant jeune, j'étais constamment malade, j'ai raté mes études à cause de ça ! Mon médecin ne m'a jamais demandé ce que je mangeais… Puis, j'ai arrêté les sucres blancs, le gluten, etc., jusque 41 an, et ça allait mieux. J'ai pu travailler, notamment. Cependant, j'avais encore le rhume quatre mois durant l'année… Et, avec l'âge, des fourmillements et problèmes cutanés apparaissaient. J'avais mal au dos aussi, ce qui m'empêchait de travailler. Je pense que ce qu'on mange durant la croissance joue… Avec l'instincto, tous ces problèmes ont cessé. Mais pas immédiatement, cela a simplement régressé au fil du temps. Mais je n'ai plus eu besoin de m'arrêter de travailler. Mon fils n'a jamais mangé cru, il trouve ça bien mais n'a pas le courage de changer d'alimentation. Il a dit qu'il le ferait s'il était malade… Par contre, ma soeur a mangé cru pendant dix ans, à 95 %. Mais elle faisait des écarts, et c'est plus difficile dans ce cas. Quand on fait des exceptions, les proches insistent davantage, par exemple. Mis à part les problèmes de santé qui ont régressé avec l'instincto, j'ai aussi constaté la disparition de l'obsession sexuelle. Je ne pouvais pas m'endormir sans avoir une activité sexuelle, que je sois seul ou non. Cela me gênait. Avec l'instincto, ça a disparu. Le désir n'était plus compulsif. Je pense que cette forme d'alimentation a des répercussions sur la pensée sociologique et psychologique. Ce que l'on prend pour "normal" est basé sur un comportement dégradé par l'alimentation. En mangeant cru, je fais des courses moins souvent. J'ai, chez moi, mon stock de diverses noix, j'ai de la viande au frigo, des pommes et autres fruits à la cave et je m'approvisionne pour le reste seulement une fois par semaine. Tout est plus simple : pas de vaisselle à faire, ni de cuisine (je n'ai d'ailleurs pas de gazinière chez moi)."

Bernard Mercier : "Je suis instincto depuis presque trente ans. J'avais entendu parler de la méthode, puis, par le biais de notre association de consommateurs d'aliments biologiques, nous avons eu une présentation par des amis suisses. L'association a ensuite organisé une conférence et un week-end avec Guy-Claude Burger. Peu après, nous avons fait un séjour chez ce dernier, avec mon épouse et mes deux enfants. Au retour, nous avons fait nos premiers pas, seuls, dans l'instincto en famille avec les moyens du bord. Par la suite, nous avons fait d'autres séjours, jusqu'à ce que l'on décide de rejoindre le centre que Guy-Claude venait d'ouvrir, au château de Montramé. Nous avions une activité de sensibilisation, de formation et d’accompagnement à l'instincto à travers les repas mais aussi des séminaires théoriques. Tout ceci permettait de combler la perte des repères habituels, plus ou moins inévitable avec cette méthode naturelle d‘alimentation. À cela s’est ajoutée une activité commerciale d'approvisionnement en produits de qualité. La dynamique de groupe était très stimulante. J'ai quatre enfants, tous nés à la maison. Nous étions sensibles à un accouchement respectueux. Deux étaient déjà nés quand nous sommes passés à l'instincto. L'aîné avait 2 ans et demi, le second avait 9-10 mois et était encore quasiment intégralement au sein. De ce fait, cet enfant a mangé cru sans problème. Pour le premier, ça a été différent car nous n'étions pas encore aguerris dans notre pratique, qui générait chez nous des tensions internes. Personnellement, je n'arrivais pas à imposer mon alimentation au travail, lors de dîners professionnels. C'était mon point faible. Et ma femme était tentée par les aliments cuits. Dès lors, les six premiers mois, je n'étais pas bien installé dans ma pratique. Et je n'avais pas une attitude complètement juste envers mon aîné, je ne savais pas lui expliquer clairement les choses. À l'époque, l'instincto était quelque chose de totalement nouveau en France. En fait, quand on veut se lancer dans l'instincto, il faut prendre conscience des tensions qu’un tel changement peut générer, en soi-même et envers l'entourage, et en protéger l’enfant. Notre attitude n'étant pas claire, notre enfant mangeait cru avec nous et cuit avec la famille extérieure : il était déchiré entre les deux modes d'alimentation. On ne lui imposait rien, mais il ne savait pas comment se positionner. Au bout de six mois, nous avons trouvé une attitude plus juste. Nous lui avons bien expliqué l’expérience que nous souhaitions vivre, ainsi que les tenants et aboutissants, tout en lui disant que chacun était libre de la faire ou pas. On l'a invité à réfléchir sur ce qu'il avait envie de faire. Après un temps de réflexion, il a demandé à manger cru en famille, et cuit chez sa nounou. Nous avons respecté ça et il n'y a plus eu de tensions du tout. Au fil du temps, ses goûts ont évolué. Je l'ai invité à faire un séjour avec moi au centre, et il a bien voulu. Au bout de trois jours, il m'a dit : "Avant, je ne savais pas comment manger, maintenant je sais !" Et il n'a plus mangé cuit.  Cette attitude juste envers mon aîné nous a aidés à avoir un discours plus posé envers notre entourage. Dès lors, les autres n'avaient plus envie de nous critiquer et ne se sentaient pas non plus agressés. En effet, changer ainsi d'alimentation projette involontairement une culpabilité chez les gens. Il faut apprendre à déjouer ces mécanismes et prévenir les réactions qu'on génère autour de soi. Quoi qu'il en soit, son petit frère a grandi. Il n'est pas allé chez la nounou : notre conscience nouvelle de parents s'était développée et nous nous sommes organisés autrement, de manière à pouvoir le garder. Sinon, pour l'école, le matin, on préparait des goûters de fruits secs à emporter.  Une chose essentielle, pour manger cru en famille, est d'organiser la maison de manière à créer un espace de liberté qui permette à l'enfant d'exprimer et de satisfaire ses besoins. Le meilleur principe éducationnel, c'est de laisser la liberté et de ne pas intervenir pendant le repas. Si l'enfant ne mange pas, on laisse faire. On fait confiance à son ressenti. Le rôle du parent est simplement de faire en sorte que les aliments naturels soient accessibles en permanence pour l'enfant, sans qu'il ait besoin de demander. Qu'il ait une autonomie alimentaire. Ce qui est compliqué, finalement, c'est de devenir simple ! La façon dont l'enfant pratique l'instincto se construit par rapport à la façon dont le parent pratique et s'investit dans sa pratique. Nous nous sommes attachés à bien pratiquer l'instincto, nous autres, adultes. De plus, il faut veiller à un approvisionnement suffisamment varié et abondant. Par exemple, nous avions installé un panier sur une table basse, qui était rempli en permanence. Nous avons fait en sorte de préparer le repas avec les enfants, ne serait-ce qu'en choisissant les aliments dont remplir le panier. Nous nous mettions autour de la table avec un esprit de fête ; pour donner de l’importance aux repas, nous décorions la table et faisions de jolies présentations. Pendant le repas, nous prenions tout le temps nécessaire pour ressentir et expliciter notre ressenti. L'enfant est avide de ça. Nous disions ce que nous évoquaient les parfums. L'enfant étant curieux, il va se prendre au jeu et s'amuser à sentir. C'est une découverte et un partage riches. Cela a été des moments de grands bonheurs. Les repas étaient facteurs de rassemblement et nous ont aidés à trouver l'équilibre instincto qui résulte d’une pratique correcte. Comme les repas étaient pleinement satisfaisants, les enfants ont organisé leur vie autour et mangeaient de moins en moins en dehors des repas. On continuait à remplir le panier, mais ils piochaient de moins en moins dedans entre les repas. Cela a créé une harmonie nouvelle dans la famille, une sorte de succession d’instants magiques. Cela cultivait le goût de la recherche. L'enfant participe avec délice à cette recherche, avec sa sensibilité magique d'enfant. C'est une source d'inspiration pour les adultes. Nous avions déménagé dans une ferme, puis, quand le centre de Montramé a ouvert, on a rejoint le centre. Nous étions au château depuis six mois quand notre troisième enfant y est né. L'accouchement a été rapide et facile. Notre fille est née à minuit moins le quart et s'est simplement endormie. Le matin, comme elle ne cherchait pas à téter, nous lui avons présenté divers aliments. Le bébé ne réagissait pas. Sauf pour le saumon sauvage : sa bouche s'est ouverte, ses yeux se sont arrondis, on a senti un signal de sa part. On a repassé les autres aliments, pour vérifier : seul le saumon demeurait intéressant. Alors, sa maman a prémâché et insalivé la chair orangée et lui a donné la bouillie obtenue à la petite cuillère. Elle a tété plusieurs cuillérées goulument, avec bonheur, jusqu'à ce qu'elle ferme la bouche et esquive la cuillère suivante en tournant la tête. Cela nous a confirmé comment l'instinct agit spontanément et de manière précise. Nous lui avons représenté les autres aliments et elle a mangé un peu de mangue, de la même manière. À la fin de ce repas, elle était très détendue. Puis, dans l'heure, elle a manifesté le désir de téter.  Cela a été sensiblement pareil avec notre dernier fils, trois ans plus tard. Après ce baptême du cru, les bébés expérimentent le plaisir de la tétée, et le lait maternel devient leur aliment principal. Les mamans instinctos vont naturellement donner la tétée à la demande. Or, il se trouve que les tétées ont parfois lieu au moment des repas : on voit alors souvent le bébé lâcher le sein, attiré par une odeur précise. Il manifeste une sorte d’excitation. C'est important de ne pas passer à côté de ça. Il suffit alors de lui faire sentir les aliments qui sont à proximité pour savoir quel est son besoin précis. C'est un peu déroutant, les premières fois.  Mais l'aptitude à l'observation des variations de ses propres sens est le noyau central de la pratique instincto. Quand on a un bébé, on est alors aux aguets de ses moindres réactions, par désir de répondre correctement à ses besoins. Par le fait de la pratique de l'instincto, on est soi-même préparé à cela. La prise alimentaire est alors dynamique, active et apaisante, pour le bébé comme pour l'adulte ! C'est la sensation d'être quotidiennement transporté. Quand on voit un bébé ressentir cela, c'est magique. Néanmoins, le sein reste la source principale d'alimentation. Le goût du lait variant, il est important que la mère veille à une alimentation variée et qu'elle ait accès à un choix d'aliments optimal.  Le contact que le bébé développe alors avec les aliments n'est pas un contact conflictualisé : en effet, les aliments qu’il perçoit comme bons sont bons pour son corps et on ne les lui refuse jamais, de même qu'on ne l'oblige jamais à absorber un aliment dont l'odeur ou le goût lui paraissent repoussants, qui serait effectivement mauvais pour son organisme. Les gestes que le bébé fait sont au service de ses besoins, de quelque chose qui est juste pour son corps. L'accompagnement parental consiste à respecter ses choix, en étant présent, attentif, sans jamais le forcer à quoi que ce soit. Cette attitude des parents est centrale dans la construction du psychisme de l'enfant ! Il faut avoir confiance dans les réactions innées de l'enfant, lui apprendre du même coup à avoir confiance en lui-même. Au fond, l'éducation, c'est l'accompagnement de l’enfant dans l'apprentissage des gestes qu’il doit acquérir pour mener à bonne fin ses attractions et répulsions innées. Cela donne des enfants qui savent ce qu'ils veulent, mais qui ne veulent que ce qu'ils ressentent au fond d'eux-mêmes comme juste. C'est là la base d'une personnalité solide et bien équilibrée. Cela favorise aussi la réactivité et la capacité de communication. Cela amène en même temps les parents à réfléchir sur la nature humaine et l'importance des premières années de l'existence, sur la construction de l'individu et, au-delà, de la société tout entière.  Dans le système en vigueur, on inculque constamment des principes diététiques aux enfants, qui viennent heurter leur propre ressenti. On est obligé de leur dire bien souvent de ne pas manger ce qui leur semble bon, ou de manger ce qui leur semble mauvais ("Finis tes épinards, sinon tu n'auras pas de dessert"). C'est-à-dire que l'on contrecarre systématiquement leurs propres intuitions. Si un enfant a envie de fraises, par exemple, on lui dit qu'il faut les garder pour la tarte aux fraises. S'il a envie de bonbons, on lui dit que c'est mauvais pour les dents. L'enfant ne sait plus ce qui est bon pour lui et entre ainsi en conflit avec l’expression de ses besoins les plus fondamentaux. La construction de son psychisme en ressort conflictualisée, ce qui peut entraîner toutes sortes de troubles de la personnalité. Ainsi, à travers le rapport à l'alimentation se jouent des enjeux primordiaux, dont les psys ne semblent pas encore conscients. Bien sûr, je parle ici d'une alimentation instincto bien conduite. Mon second enfant, qui n'a pratiquement reçu que des aliments naturels après une période d’allaitement intégral de neuf mois, a parfaitement intégré les bases de l’alimentation instinctive ; il a débuté assez jeune pour cela. Comme ses deux jeunes frère et soeur, « crus » de naissance, ces bases saines sont profondément enracinées. Aujourd'hui, trois de mes enfants ne sont plus instinctos, mais ils y reviennent s'ils se sentent malades. Mon second, qui avait arrêté de manger cru à l'âge de 10 ans, y est revenu de lui-même trois ans après, à 13 ans."

Au sujet de l'instincto, il ajoute : "Le contact avec les aliments est d'abord olfactif et visuel. Mais le contact visuel déclenche la pensée, de ce fait, il peut facilement piéger. Pour bien pratiquer l'instincto, il faut « débrancher » le mental. Celui-ci ne doit pas s’immiscer dans le rapport à la nourriture. C'est l'une des plus grosses difficultés de l'instincto. La relaxation peut aider à cela. Il est essentiel d'arriver à table détendu, libéré de l'agitation de la pensée. Ainsi, celle-ci ne vient pas perturber le dialogue avec les sens. Se bander les yeux et demander à quelqu'un de nous passer des aliments sous le nez est un exercice très profitable. De la sorte, les habitudes, les conseils de grands-mères, les croyances diététiques (souvent fausses) n’interfèrent plus. C'est une sorte d'apprentissage qui est nécessaire pour se remettre à l'écoute du corps. En effet, l'instinct a une composante innée et une composante acquise. C'est vrai pour tout comportement instinctif. Il y a une période sensible durant laquelle les manifestations instinctives se conditionnent. Dans un contexte classique, on ne structure pas correctement l'instinct alimentaire pendant la période sensible (dans les premiers mois et les premières années). Une fois adulte, il nous faut donc réapprendre la manière naturelle de manger. On doit apprendre à dépasser toutes sortes d'automatismes qui se sont installés en nous, d’où d'abord un rapport conflictualisé avec la nourriture. Un accompagnement est souvent nécessaire. C'est pourquoi j'organise des stages ou encore des repas/conseils via la webcam et internet. Il s'agit en soi de redécouvrir le monde oublié des réactions naturelles dans un monde naturel. Il faut d'abord rééduquer les sens et leur sensibilité. Il y a des odeurs qui sont fortes, moyennes ou faibles, mais l'important est de déceler dans chaque odeur le côté attirant et agréable. Au départ, c'est difficile, on a tendance à choisir les aliments qui ont une odeur forte. Mais avec un peu d'entraînement et quelques astuces, on arrive même à capter les odeurs de fruits à coquille. L'exploration se fait ainsi sur deux axes complémentaires : capter le "bouquet" c’est-à-dire toutes les composantes de l'odeur de l'aliment, puis observer le dialogue qui s'établit entre ces perceptions et les besoins de l'organisme. Ensuite, quand on met l'aliment en bouche, le goût confirme généralement le choix olfactif. Lorsqu'on a besoin d'un aliment, on le ressent à travers une odeur agréable : on parle d’appel instinctif ou olfactif. Dès qu'on en n’a plus besoin, l'aliment change de saveur, c’est l’arrêt instinctif ou gustatif. En procédant ainsi face à un choix suffisant le corps sait parfaitement reconnaître l'aliment le plus utile à l'instant t. Parfois, l’arrêt gustatif se traduit par des picotements, un éternuement ou une sensation de réplétion : l'aliment est toujours bon pour l'organisme, mais la capacité digestive est atteinte ; il faut respecter cette limite, pour ne pas surcharger la digestion. On appelle parfois cela un arrêt stomacal. À mesure que l'on pratique l'instincto, on gagne en clarté et précision dans le fonctionnement de l'instinct. Les aliments dont on a besoin se détachent plus clairement des autres, on les reconnaît à des odeurs et des saveurs qu'on n'aurait jamais imaginées. On atteint ce que l'on appelle la "phase lumineuse". Chacun connaît un peu cela lorsque les cerises reviennent au printemps par exemple ou quand les oranges ont réapparues après la guerre. Mais ce phénomène est beaucoup plus intense lorsque l'alimentation est 100% naturelle et bien équilibrée. Le goût s’apparente à une véritable explosion de saveurs, le palais devient un lieu royal qui porte fort bien son nom. On peut même ressentir des frissons de plaisir, comme une sorte d'extase... L'idéal, pour commencer, est de pouvoir être accompagné durant trois semaines. Ainsi, la première semaine est consacrée à la phase exploratoire des saveurs naturelles. Durant la seconde, le corps parvient à régulariser les processus de détoxication : sous l’effet des molécules naturelles, le corps commence à se libérer des molécules d’origine culinaire (par exemple des graisses superflues, le cholestérol, etc.). Enfin, la troisième semaine permet d'atteindre un meilleur équilibre et de voir s’installer les phases lumineuses. Avec le temps, les phases lumineuses deviennent le quotidien ! Les erreurs que l'on peut commettre face à l'instinct se traduisent par des sensations digestives et par une perte de plaisir aux repas suivants. Il faut alors chercher à les comprendre, et chercher quelles sont les vieux automatismes qui nous poussent à contrecarrer nos ressentis naturels. Durant les premières années de l’expérience instincto, Guy-Claude pensait que la viande n'était pas nécessaire. Un jour, son fils de 6 ans a réclamé et dévoré un morceau de féra qu'il avait repéré à l'odeur sur le marché. Cela l'a interpelé et il a pensé utile d’introduire le poisson cru dans la plage alimentaire. Plusieurs personnes en ont mangé. Il s'est aperçu que les oléagineux qui commençaient à les lasser redevenaient délicieux. D’autres gammes de protéines ont été introduites de la même manière, les crustacés, les coquillages. La viande a été introduite après qu’ils furent attirés par l'odeur d’un troupeau retournant au pré au printemps. En revanche, les expériences effectuées avec le lait animal sous forme de fromage, de lait caillé ou de lait cru, ont donné lieu à des infections et inflammations persistantes : c'est pourquoi Burger a pensé que le lait animal ne fait pas partie de la plage alimentaire "originelle". Il semble que la diversité des sources de protéines, végétales et animales, maintient l'attrait pour les autres nutriments, et que même l'exclusion d'une seule classe de protéines peut bloquer l'attrait pour les autres. Par contre, il n'est pas toujours facile de trouver de la viande correctement élevée ; en effet, lorsqu'un animal consomme des aliments altérés par des procédés industriels ou autres, il concentre des molécules non naturelles dans son organisme, et l'homme, étant en bout de chaîne, risque de les concentrer encore davantage dans son propre corps (comme cela se passe pour les métaux lourds). La qualité de l'approvisionnement est un des problèmes essentiels dans la pratique instincto. En effet, l'instinct ne sait pas toujours protéger contre un aliment non naturel dans lequel se sont introduites des molécules inconnues de notre génétique, par exemple lorsqu'elles altèrent son goût. En d'autres termes, un aliment "dénaturé" peut déjouer les barrières naturelles du corps. La régulation par le goût ne se fait pas correctement, ou pas du tout, et l'on a tendance à en manger au-delà du besoin réel. Cela met dès lors le corps dans un état de surcharge. Il se ferme à de nombreux aliments puisque son urgence est de compenser l’excès ; il n’y a plus que l’aliment « dénaturé » qui passe : c'est ce que l'on peut appeler le phénomène de "puits sans fond", véritable cercle vicieux. Lorsqu'on mange systématiquement un même aliment à chaque repas, il faut redoubler de vigilance et vérifier s'il n'a pas été dénaturé entre sa production et sa distribution. Il est aussi possible que l'organisme soit dans un état de besoin majeur nécessitant une "cure" avec un type donné d'aliment, pour combler d'anciennes carences. La pratique instincto a de multiples facettes qu’un simple article ne peut traiter entièrement. Par exemple, finir un aliment pour éviter le gaspillage est contre-nature ! Un animal sauvage laisse des aliments au sol sans état d'âme. Nous avons au contraire, de par notre éducation, tendance à finir un fruit même s'il surcharge inutilement notre estomac. Pour éviter qu'un produit ne se perde, mieux vaut mettre le reste au frigo ou le faire sécher à température ambiante. En fait, il est primordial de dissocier l'alimentation de la gestion de l'approvisionnement. Il s'agit de deux domaines distincts, bien que liés. Dans le cadre de la nourriture traditionnelle, on mange ce qu'on a préparé : il s'agit en soi d'une constante négation ou occultation des besoins du corps. Dans le cadre instincto, on ne sait pas à l'avance ce que l'on va ingérer, chaque repas est une merveilleuse et délectable surprise ! Finir un fruit entamé est en définitive faire un double gaspillage : non seulement l'aliment pourrait s'avérer utile à une autre personne de l'entourage ou à un animal, mais en plus cela oblige l'organisme à un effort de digestion supplémentaire, tout en créant des surcharges et des désordres inutiles. Avaler quelque chose de force, tout en desservant notre santé, n'est-ce pas prendre notre corps un peu pour une poubelle et tricher avec les lois naturelles ? Au final, je pense qu'il est important de se garder de tout a priori, d’écouter d’abord les messages du corps et d'apprendre à leur obéir. Il est essentiel de savoir s'observer soi-même, de redécouvrir l'intensité des plaisirs naturels, ainsi que les critères de santé et de bien-être instincto, ce qui n'est possible que lorsqu’on les a expérimentés par soi-même."  Au sujet de la casse, Bernard raconte : "La casse permet la perméabilité cellulaire. Elle ne déclenche pas un processus de digestion comme les autres aliments et peut donc se manger en dehors des repas sans problèmes. On peut en manger autant qu'on en a envie, comme les autres aliments. De préférence le matin à jeun, ou le soir, deux heures après le repas. Au début, on peut se forcer un peu, pour donner au corps l'information au sujet de cet aliment. La casse soutient les processus de détoxication en permettant aux cellules excédantes de passer dans le sang et la lymphe, où elles peuvent alors être éliminées. Elle concentre les toxines d'origine culinaire qui sont étrangères au corps. Les toxines font le chemin inverse pour être évacuées. Des symptômes, liés à la détoxination, peuvent ressurgir, au début. La casse purifie donc. L'instincto sans la casse n'est pas l'instincto !"

Témoignage de Guy-Claude Burger, qui a créé l'instincto-nutrition. Notons qu'il a été condamné par la justice pour différents types d'accusations, mais nous avons recueilli son témoignage sur l'instincto-nutrition et l'intérêt que pouvait avoir ce type d'alimentation : "En 1964, alors que j'étais aux États-Unis et que je ne voulais pas manger n'importe quoi, je m'étais acheté un chou rouge. N'ayant pas de quoi le faire cuire, je l'ai mangé cru et ai constaté que celui-ci semblait changer de goût chaque jour ! On ne pouvait pas penser que c'était du fait de son vieillissement, car, certains jours, il redevenait bon. C'est ainsi que j'ai découvert le concept d'alliesthésie (qui a été défini ainsi plusieurs années après) et je me suis intéressé à ce phénomène. Six mois après, ma femme et moi avons décidé de liquider nos casseroles. On avait même supprimé l'électricité, la radio et tout ce qui nous semblait relever de l'artifice, tant nous voulions repartir de zéro. Avec l'hiver, nous avons vite réintroduit le chauffage ! Personnellement, j'étais très dubitatif sur la possibilité même de supprimer la cuisine. Mais certaines expériences très parlantes m'ont convaincu. Notamment, le cas d'une femme très malade qui était très attirée par les poireaux et pouvait en manger trois par jour m'a conduit à penser que nos sens du goût et de l'odorat sont programmés pour répondre à nos besoins. J'ai aussi vu des gens manger deux à trois grosses pommes de terre par repas, dont certains pendant six mois. Alors que pour la plupart des gens, c'est immangeable. Cela m'a conduit à penser que l'instinct peut pousser à faire des cures thérapeutiques. Pour moi, l'instincto a toujours été vécue comme une expérience et j'ai toujours été en questionnement : est-ce que ça marche, etc. Même après 47 ans, je le considère toujours comme une expérience ! Je pense que juste simplifier les recettes, ou les supprimer une partie du temps, peut déjà aider à mieux découvrir les besoins du corps. La diététique enseigne que la santé est liée à l'équilibre alimentaire. Le problème est qu'il s'agit toujours de moyennes, la diététique ne peut pas prévoir les cas particuliers dans toute leur diversité. Avec l'instincto, on a un moyen de sortir de cette impasse : c'est l'instinct qui donne la réponse. Il faut savoir que les mécanismes de nutrition sont extrêmement complexes. Au contraire, la diététique est obligée de simplifier et va s'appuyer sur certains grands axes : glucides, protéines, lipides, sels minéraux… Elle ne s'occupe pas par exemple des molécules aromatiques qui, j'en suis convaincu, jouent des rôles importants. L'instinct indique donc ce dont on a besoin, à condition de manger des aliments non transformés et non assaisonnés. L'assaisonnement amène à consommer des choses dont on n'a pas besoin, c'est flagrant dans le cas des champignons vénéneux, par exemple. Parce qu'on ne sait pas ce qu'on doit manger du fait de l'assaisonnement, on a donc la diététique. Avec l'instinct, on a la loi du plaisir : ce qui procure du plaisir est ce dont le corps a besoin, et vice versa. C'est une vérité élémentaire. Néanmoins, l'instinct ne protège pas des aliments dénaturés. Je me rappelle d'un de nos chats qui était mort d'avoir ingéré de la peinture ! Certains produits trompent l'instinct. La cuisine, notamment, trompe les sens et nous pouvons être ravis par quelque chose qui nous fait du mal. Je dois dire qu'à l'époque où est née l'instincto, l'alimentation n'était jamais dénoncée comme problème. Quand j'ai eu mon cancer, âgé de 26 ans, on m'a dit que le cancer n'avait aucun rapport avec l'alimentation. Aujourd'hui, il est très clair que la nourriture a à voir avec les épidémies d'obésité, d'infarctus et de cancers. On sait notamment que l'acrylamine (qui résulte de la cuisson) est présente dans le pain, les biscuits et les chips à des doses mille fois plus élevés que celles acceptées par les références sanitaires… Il est donc reconnu aujourd'hui que la préparation altère les aliments. Avec les aliments naturels, originels, c'est différent. D'une part, on ne peut pas en manger trop car leur goût change. Ce virage du goût (ou perception inversée des propriétés organoleptiques) est aujourd'hui reconnu par la science avec un premier travail de recherche sur le sujet publié il y a quatre ans qui démontrait que les mécanismes de changement du goût étaient plus flous quand les aliments étaient assaisonnés. La science a mis quarante ans à nous rattraper… En attendant, avec les épidémies d'obésité, d'infarctus et de cancers, l'alimentation est impliquée dans les deux tiers de la mortalité ! C'est grave et inquiétant ! J'ai toujours trouvé aberrant que la médecine ne s'occupe pas de ça, ce qui était le cas à l'époque... Le corps possède une intelligence qui est généralement méprisée. Par exemple, j'avais lu un ouvrage de Bernier qui disait que les aliments ne se présentent pas toujours en file comme on l'affirme, mais qu'ils peuvent se doubler dans l'intestin. L'intestin peut retenir certains aliments pour permettre à d'autres d'être digérés en premier. Cela explique aussi que certaines personnes aient pu ingérer des épingles sans dommages : l'intestin est capable de se rétracter… Avec nos enfants, nous avons été prudents. Nous avons d'abord essayé de voir ce vers quoi ils étaient attirés. Nous avons notamment fait l'expérience avec les choux de Bruxelles : on leur en avait proposé des crus et des cuits et ils s'étaient jetés sur les crus. C'est alors que ma femme a décidé de cesser de cuisiner. On a dès lors toujours laissé nos enfants libres devant les aliments crus qu'on leur présentait. Tous leurs problèmes se sont résolus, notamment les diverses maladies, et cela nous a montré que l'organisme fonctionnait mieux ainsi. C'est là que j'ai commencé à penser que l'organisme est génétiquement adapté à cette alimentation. Ma démarche a toujours été empirique : j'ai procédé par tâtonnements, sans être guidé par des théories. Je me demandais vraiment s'il était possible de vivre en mangeant cru. Étant physicien, je trouvais probable que la cuisson altère les molécules, mais ce n'était qu'une hypothèse. Je pensais qu'il était possible que nous ayons perdu nos mécanismes instinctifs. Dès lors, j'ai toujours essayé de vérifier empiriquement avant que d'émettre des théories. Encore aujourd'hui, je fais des expériences. Aujourd'hui, j'ai voulu regoûter du roquefort : j'ai dû le recracher, j'ai trouvé que c'était extrêmement salé et que le goût était âcre. Avec l'instincto, on s'habitue à avoir des sensations plus légères et agréables et avoir une digestion "transparente". Dans les premiers temps, l'instincto avait reçu un accueil très positif dans les médias. Notamment à travers le témoignage d'une personne qui avait guéri d'une maladie prétendue incurable. Jusqu'à ce qu'une journaliste me prenne en guerre. Il faut dire que j'avais fait quelque chose de stupide : ayant constaté la réduction des symptômes du sida avec l'instincto, j'ai dit aux journalistes que j'avais l'intention de proposer à des sidéens de faire un séjour à notre centre, qui leur serait remboursé en cas d'absence d'amélioration de leur cas. Et les journalistes l'ont publié. Entre parenthèses, avec Bernard Comby, nous avons publié une Étude préalable sur l'instincto et le sida et, aujourd'hui, M. Montagné est revenu en arrière en disant que l'alimentation avait un rôle dans la maladie du sida. Quoi qu'il en soit, cette journaliste en question en a fait un scoop intitulé "Le gourou qui prétend guérir le sida". Toute la presse nationale s'est alors emballée. Une enquête judiciaire a été ouverte. J'ai été inculpé d'exercice illégal de la médecine, escroquerie, etc. Il m'était interdit de parler d'instincto-thérapie. Je suis quand même allé en parler dans l'émission de Dechavanne, parce que c'était le seul qui m'offrait un droit de réponse. J'ai alors été mis en prison. Comme De Chavanne a fait savoir qu'il allait en parler lors de sa prochaine émission, j'ai précisément été relâché la veille de ladite émission. Mais j'étais toujours inculpé et l'enquête a duré deux ans, à la suite de quoi le jugement a été un non-lieu. Le parquet a alors fait appel et il y a eu huit ans d'enquêtes. Des appels à témoins ont été passés et, sur environ cinq mille personnes qui étaient passées par notre centre, il n'y a eu aucune plainte. Pour moi, cela a été une belle confirmation de l'instincto ! J'ai tout de même été condamné à trois mois avec sursis pour exercice illégal de la médecine, parce qu'il est interdit de collaborer avec des médecins sans avoir soi-même un diplôme médical. Mais il ne m'était plus interdit de parler d'instincto. Néanmoins, beaucoup de choses ont circulé dans les médias : on a même parlé de morts… Quand ma femme est décédée, des personnes ont contacté la journaliste dont j'ai parlé en lui parlant de ma théorie de la méta-psychanalyse et celle-ci a sauté sur l'occasion. Dans cette théorie, je dis notamment qu'on ne sait pas s'il est juste ou faux que l'Oedipe soit refoulé… C'était facile de m'attaquer sous ce prétexte : avec la suspicion de pédophilie, on démolit quelqu'un… Une jeune fille avait témoigné contre moi, pour viol, sous la pression de son fiancé et de la police… Puis, elle s'était rétractée, mais le tribunal n'en a pas tenu compte."

Alimentation paléolitique

Sandrine : "J'ai commencé à changer assez radicalement mon alimentation suivant les conseils d'une gynéco, en janvier 2009. J'ai mangé des fruits toute la journée et un repas simple le soir (crudités, protéine animale et légumes vapeur). J'avais de très gros problèmes de santé à l'époque (hormonaux mais aussi osseux, nerveux, de sommeil, de digestion). Ma forme s'est grandement améliorée mais je digérais très mal les crudités. J'ai fait des recherches sur le net et suis tombée sur le fruitarisme puis après, sur l'alimentation selon Doug Graham (80/10/10) et j'ai décidé de me lancer. Au bout d'un an, en février 2010, j'ai eu vaguement connaissance de l'instincto et je m'y suis un peu testée. En fait, j'ai simplement mangé du poisson cru pendant deux semaines, ce qui m'a fait beaucoup de bien mais je ne savais pas comment gérer cela sur le plan matériel (comment manger des animaux qui ont grandis dans des conditions naturelles, etc), et éthique. Je suis alors revenue au frugivorisme. Puis un jour, fin octobre 2010, j'ai demandé conseil à un ami car j'avais des problèmes avec les fruits pourtant d'excellente qualité et bien mûrs (dents, digestion, sommeil, peau pas optimale). Il m'a dit que sûrement ça n'allait pas me plaire mais qu'il pensait qu'il me serait bénéfique de remanger des graisses animales. Je l'ai écouté et j'ai mangé des œufs, du poisson et me suis sentie mieux. À partir de ce moment, ma quête vers une alimentation crue naturelle avec des fruits, des légumes, et des produits animaux était lancée. Je me suis d'abord intéressée à la Wai diet, puis la diète Paléo. Mes observations étaient qu'en ajoutant des produits animaux, je me sentais tout à coup nettement plus calme, plus détendue, ma digestion avait fait un bond en avant, mon sommeil était bien meilleur, ma peau s'améliorait rapidement, mon visage et mon corps se galbaient et aussi je parlais et souriais plus, j'avais des élans plein de joie et dynamisme pour réaliser des projets et, globalement, j'avais plus confiance en moi. Tout cela m'encouragea à continuer. Il y a aussi mes muscles qui étaient beaucoup plus fermes sans plus d'entraînement, et ma glycémie autrement plus stable, ce qui est très apaisant car les pics d'excitation/fatigue avec les fruits m'épuisaient. Ce qui m'a paru cohérent, aussi, c'est un aspect physique, à savoir que lorsqu'on se nourrit principalement de fruits, le ventre est souvent proéminent, à moins de faire des jus ou de manger des bananes à profusion, et encore. Cela ne m'a jamais semblé logique pour l'humain qui a une stature debout et dont toute la posture se désaxe si le ventre est trop bombé. Cette question qui peut paraître stupide me turlipinait, et le fait de manger des animaux résolvait le problème. Depuis, je constate que d'autres se sont penchés sur cet aspect avec des conclusions intéressantes et qui rejoignent mon expérience. Par ailleurs, après m'être intéressée au frugivorisme, fruitarisme, liquidarisme, respirianisme, et n'avoir finalement pas été convaincue que la santé de l'humain se trouve réellement en ces directions, j'ai cherché une autre option dans l'évolution de l'homme, une autre logique. Après dix ans de végétalisme non pas strict mais comme une base de nourriture, l'hypothèse de se trouver en fin de chaîne alimentaire, comme un élément participatif de la régulation de l'éco-système m'a convaincue. On pourrait dire que c'est égoïste et horrible d'ôter la vie à des animaux pour se nourrir, mais c'est d'une part une réflexion très humaine (non-animale) et, d'autre part, on peut l'aborder sous l'angle de l'humilité : j'ai besoin de ces animaux pour vivre en bonne santé et je les remercie. Bien des peuples gros mangeurs de viandes sont aussi reconnus pour leur haute simplicité et spiritualité. Les travaux de Weston Price (dentiste parti étudier les populations primitives) m'ont aussi beaucoup ouvert les yeux au sujet d'une alimentation comprenant une bonne part animale. Ce dentiste est parti étudier la dentition des peuplades primitives et a observé que ceux qui continuaient de manger une diète traditionnelle avaient des dents superbes, hyper alignés tandis que ceux ayant adopté une alimentation occidentale voyaient des problèmes de dents commencer et, à la génération suivante, les dents se décalaient, se chevauchaient, se cariaient, etc. Il espérait trouver une population végétarienne mais il n'en n'a rencontré aucune. Il a aussi observé la forme des visages et des corps qui se modifient selon l'alimentation. Son bouquin avec plein d'illustrations, on peut le consulter en ligne : http://journeytoforever.org/farm_library/price/pricetoc.html J'ai pu, à partir de ce moment là, mieux appréhender à quoi peut ressembler un corps vraiment en forme et déceler les signes de dégénérescence chez moi ou d'autres. Dans cette alimentation Paléo, il y a beaucoup de variantes. L'idée de base est de manger des aliments naturels, fruits, légumes, produits animaux (certains mangent un peu de graines germées) et boire de l'eau. Certains cuisent leurs aliments, perso, je mange tout cru et fais très très attention à la provenance de mes aliments. Je mange les aliments sans les mélanger ni les préparer. Par ailleurs, je consomme aussi de la viande séchée, qui a un très bon goût (et qui paraît moins repoussante pour les gens peu habitués). Par rapport à ma période frugivore, je mange beaucoup moins de fruits, plus de légumes et pas mal de viande. Bon nombre de ces "paléos crus" viennent des milieux végétariens, vegans, fruitariens et ont une riche expérience à partager. L'idée est qu'à l'époque paléolithique, les hommes n'avaient pas encore domestiqué les bêtes, ni pratiqué l'agriculture et qu'ils avaient une bonne santé, tandis qu'à partir du néolithique, les problèmes osseux et autres ont commencé à se répandre. Bon nombre de personnes se sont aperçues qu'en adoptant une alimentation de type "paléolithique", énormément de choses s'amélioraient (au niveau physique mais aussi psychique...). C'est un peu comme si, à vouloir posséder les choses, se les approprier, l'humain perdait en force, douceur, subtilité et dignité. Et qu'en se reconnectant avec un certain côté sauvage, il regagnait ces vertus auparavant affaiblies. L'instinctothérapie m'intéresse mais je ne peux pas me désigner comme une instincto, n'ayant pas assez de pratique et de connaissances en la matière. Puis j'avoue qu'après avoir enquêté pas mal, je m'aperçois qu'il y a aussi des "normes" qui ne me correspondent pas (manger deux repas par jour, des protéines le soir, beaucoup de fruits, etc). Aussi mon tempérament se plaît à ne suivre personne à la lettre ni aucun mouvement en particulier. Le paléo est celui dans lequel je me reconnais le plus car il est très large. Je m'intéresse notamment aussi à la naturopathie, et j'aime utiliser les connaissances des ancêtres pour m'aider à orienter mon alimentation et mon mode de vie. Ce régime me procure une vision plus large et plus nette. Plu généralement, cette alimentation m'apporte beaucoup de plaisir et de joie à manger. Le plaisir est plutôt au moment où je mange, et se prolonge en satisfaction quand je constate et sens tous les bénéfices d'une telle alimentation. J'apprend à ne pas trop privilégier le plaisir immédiat. Si je focalise trop sur le plaisir, je vais avoir tendance par exemple à manger trop de fruits et me sentir mal après. Peu à peu, le fait de ne pas focaliser uniquement sur le plaisir immédiat mais sur celui plus global de mon être me permet de l'expérimenter de façon de plus en plus profonde, là où finalement il se déploie et se transforme en Joie."