En juin 2012, lors de son assemblée générale, l'association Grandir Autrement a décidé de revoir la maquette du magazine en place depuis les débuts. Neuf mois plus tard, le résultat est en kiosque à la grande fierté de l'équipe. Victorine Meyers a piloté ce projet de A à Z en concertation avec de nombreux membres de l'équipe. Le graphiste Julien Bouquet était aux manettes coté technique.

Julien, comment as-tu compris la demande de Grandir Autrement et conçu ta proposition ?

Blaise, mon associé, et moi avons assez rapidement cerné la demande formulée par la rédaction : il s'agissait, d'une part, de moderniser et aérer la maquette et, d'autre part, de renforcer l'image de Grandir Autrement en établissant une charte graphique qui reflète ses valeurs. Nous avions envie de proposer quelque chose d'actuel et dynamique, ce à quoi se prêtent tout à fait les sujets abordés dans le magazine. Bien entendu, tout cela s'est fait progressivement : à partir de nos premières propositions, les membres de l'équipe nous ont soumis de nombreuses idées et remarques grâce auxquelles nous avons abouti à l'objet que vous tenez aujourd'hui entre vos mains. Ce fut un véritable travail de collaboration, habilement orchestré par Victorine !

Victorine, comment s'est passé la sélection du projet de Julien ?

Sur recommandations, nous avons sollicité trois personnes pour nous faire une proposition ainsi que le graphiste qui s'occupait alors de la maquette. Mais ce dernier a décliné. Après avoir réceptionné les trois propositions, deux ont spécialement retenu notre attention, celle de Julien nous a plu à la fois pour sa sobriété, son élégance et le maintien du côté 'nature' de Grandir Autrement.

Julien, peux-tu nous en dire plus sur ta structure professionnelle ?

Je suis concepteur graphiste au sein d'une maison d'édition. Etant salarié, tout comme mon collaborateur, cette maquette a été conçue en free-lance, occupant mes soirs de semaine et quelques week-ends !

Julien, et sur toi ? Est-ce que les sujets traités dans GA t'intéressent à titre personnel ?

Oui, j'ai une sensibilité particulière envers certains des thèmes abordés dans les articles de Grandir Autrement. J'y retrouve de nombreuses valeurs que mes parents m'ont transmises. Bien entendu, n'ayant pas encore d'enfant, certains sujets m'ont semblé quelque peu abstraits ! Blaise était quant à lui très concerné puisqu'il est père depuis quelques mois !

Victorine, veux-tu te présenter et nous en dire plus sur ton rôle au sein de GA ? V : La quarantaine, j'ai deux enfants de bientôt 14 et 10 ans. Elevée dans une ferme qui vivait en autosuffisance, j'ai toujours été proche de la nature. La naissance de mon premier enfant a été tel un raz-de-marée, ses besoins de contact exprimés vivement m'ont menée vers le maternage proximal. J'ai appris et je continue d'apprendre 'sur le tas' mon métier de maman. J'emploie volontairement le terme métier, parce que je considère que c'est la tâche à la fois la plus importante et la plus ardue que l'on puisse mener à bien dans une vie. J'ai suivi de près le démarrage du magazine, abonnée très tôt, j'étais vraiment ravie qu'un magazine puisse enfin proposer des informations claires et pertinentes sur tous les aspects du maternage proximal. Je suis arrivée dans l'équipe en 2012, en tant que prestataire et bénévole pour différentes tâches et je suis aujourd'hui membre du Conseil d'Administration. Mon objectif est clair : doter le magazine des moyens de continuer d'exister, de grandir et se développer pour que les parents bénéficiaires de ces informations soient toujours plus nombreux.

Comment s'est passé le travail d'élaboration de la nouvelle maquette et du premier numéro sous ce format ?

V : Nous avons fait part de nos commentaires sur son projet à Julien. Ensuite il a reformulé sa proposition à partir de ces éléments et peu à peu, au fil des échanges, nous sommes parvenus au résultat final. Julien a bien su s’adapter à notre façon de travailler. Nous cherchions toujours à aller vers le consensus et ce n'est pas toujours facile d'avancer ainsi. Il a su aussi nous guider lors de choix cornéliens ou qui risquaient de s'éloigner du modèle graphique général. Nous avons apprécié la liberté donnée dans les choix à faire autant que les conseils éclairés de Julien pour des choix incorrects graphiquement parlant.

Avez-vous des retours ? J : Quelques uns, oui. Principalement des proches à qui j'ai pu montrer le fruit de ce travail. J'attends impatiemment de connaître l'avis des lecteurs ! V : Oui, nous commençons à avoir suffisamment de retours pour dire que beaucoup aiment ce nouveau design du magazine. Quelques uns ont du mal à s'y faire. Il leur faudra sûrement du temps pour retrouver leurs marques. Et un petit nombre n'aime pas. Certains déplorent la 'perte' du logo de l'enfant embrassant la planète. Nous étions également très attachés à ce logo, mais honnêtement il commençait à vieillir et si le symbole est fort, celui du nouveau logo - la petite feuille (en référence à la nature) ou la petite goutte (en référence à la goutte de lait) selon ce que l'on y voit - a également une forte symbolique avec l'avantage de pouvoir se vêtir de multiples couleurs. En matière de goûts et de couleurs, il est impossible de contenter tout le monde. Une chose est certaine, le fond du magazine reste le même. Il va même en s'améliorant selon les nombreux retours. Et n'oublions pas que 'l'habit ne fait pas le moine' !

Propos recueillis par Marie-Florence Astoin